Retour sur la pénurie de devs 133


Rien qu’autour de moi, on cherche pas loin de 50 devs joomla

Un de mes amis m’a rapporté cette discussion qu’il a eue avec un de ses contacts sur Nantes. Nantes n’est pas une grande ville. Et joomla est un CMS parmi d’autres. Par ailleurs, les CMS ce sont qu’une techno Web parmi d’autre. Et la prog Web n’est qu’une sorte de prog parmi d’autres.

Or je vous rappelle ce qu’on m’avait déjà sorti:

Quand on trouve un profil qui maitrise toutes les technos de notre stack, on lui sort le tapis rouge. C’est juste improbable.

Un collègue à moi, qui me disait il y a 2 ans autour d’un verre que son process de recrutement le minait.

Si tu viens ici je te trouve un poste à 220k.

Un client américain de longue date qui me recrute en remote parce que « c’est moins cher » et qui me confiait les tarifs pour mon profil étaient aberrant chez lui.

Le fait est qu’on a déjà du mal à trouver de la main-d’œuvre bien qualifiée maintenant.

Il y a plusieurs raisons à cela.

D’abord, il y a un nombre limité de devs, et une explosion du nombre de technos. Ces technos se sont, dans la dernière décennie, organisées en stacks complexes. Elles sont accumulées des process et des couches d’abstraction, qui évoluent rapidement pour répondre à la mutation des usages : mobile, streaming, temps réel, offline-mode, synchronisation….

La virtualisation, le cloud, les pré-processeurs, la variété des plateformes, le big data, etc. C’est à n’en plus finir.

Une personne ne peut pas tout savoir, et il peut être productif uniquement dans un nombre limité de domaines, nombre dont la taille — en proportion au reste du monde — se réduit année après année.

Les attentes des gens ayant évolué, faire un service web compétitif aujourd’hui demande des compétences côté client et serveur, du design et la compréhension du mobile, ne serait-ce que pour un proto tout pourri. Et ça c’est que pour le Web. N’oubliez pas l’embarqué, le sysadmin, l’analyse de données, l’exploration scientifique, le jeu vidéo, les systèmes d’information internes, les systèmes métier et tout le bordel.

Bref, il faut du monde. Du monde compétent. Ce monde est limité, et la demande augmente de par la complexification de nos outils et contraintes, comme on vient de le voir. Mais aussi par la demande technologique qui grimpe.

Car aujourd’hui nous avons des ordinateurs partout. Un dans la poche, un dans la voiture, un dans la télé et certains essayent d’en foutre dans les chaussures et le frigo. La fiche de paie, l’ordonnance du médecin, la facture de carrefour et l’avis d’imposition sont tous traités par informatique.

Ceci ne va pas ralentir. Même si on ne se rajoutait pas de nouveaux usages, et on va le faire, on a 3 milliards d’asiastiques qui sont en plein boom technologique.

Et là vous allez me dire que c’est justement l’occasion de faire du offshore pour répondre à la demande.

Mais ça ne marche pas.

J’ai suivi l’expérimentation de la sous-traitance à l’étranger des années post-bulle. A l’époque, j’ai entendu un décideur dire :

on peut très bien prendre un Indien pour pisser du code

.

J’ai aussi observé tous ces projets se planter. Une fois, j’ai vu un simple proto Web couter 140 000 euros pour au final n’avoir AUCUNE fonctionnalité. Véridique. 140 boulasses.

Ce n’est pas qu’on ne trouve pas les compétences adéquates hors de nos contrées. Au contraire. Mais il y a des tas de facteurs propres à notre industrie qui rendent l’exercice de la délégation délicate, et ça ferait un excellent article, mais je ne vais pas les exposer ici.

L’important c’est de noter qu’on en revient. Les devs indiens vont participer à l’essor de l’informatique de l’Inde. Les devs chinois à celui de la Chine. Et ils auront les mêmes problématiques que nous à différentes échelles et sous d’autres visages. Mais le croisement des effluves sera limité.

En revanche la globalisation va faire que leur expansion va, par effet de bord, augmenter notre activité informatique en plus de nos propres causes de croissance. On va avoir besoin de plus de devs.

Toujours plus, encore plus.

Des devs de plus en plus spécialisés pour des archis de plus en plus complexes.

Je ris quand les gens disent que les nouveaux venus ne sont pas « des vrais programmeurs ».

Moi je devais faire attention au nombre de cycle CPU

aujourd’hui les gens rachètent des serveurs plutôt que d’économiser de la mémoire

etc.

Ouai, ouai, pépé, tu faisais de l’assembleur, c’est viril.

Mais le gamin de 20 ans qui arrive sur le marché, on lui colle entre les pates une app react native en JSX qui une fois transpilée par babel + gulp va se faire valider dans un market pour s’installer dans une sandbox sur des terminaux hétérogènes où elle va taper à travers un réseau wifi/4G intermittent dans une API REST sur des serveurs distants organisés en microservices Django + dockers déployés sur du cloud AWS.

Le seul point commun avec les deux époques, c’est qu’il n’y a toujours pas de doc.

Donc non, l’informatique n’est pas plus facile aujourd’hui. Il y a plus à savoir. Ça change plus vite. Chacun est plus cloisonné dans sa bulle de connaissance spécialisée. Et ça s’accélère.

Les challenges sont là, juste différents, mais la demande est immensément plus forte.

Et puis vous imaginez la gueule de l’offre d’emploi pour recruter ce profil ? Doit parler anglais, 7 ans d’expérience en mécanique quantique, taper en Bépo est un plus. On paie le SMIC mais on offre le café illimité comme chez Google.

A cela se rajoute le problème que les formations ne suivent pas.

Elles ne produisent pas assez d’informaticiens.

Elles produisent des profils sur des technos qui ne sont pas à jour, qui ne correspondent pas à la demande du marché.

Et surtout, elles produisent des nazes.

Pardonnez-moi, jeunes gens, ce n’est pas personnel.

Mais 90% des gens qui sortent de l’école, je ne souhaite jamais bosser avec. Jamais.

Attention, je ne dis pas qu’ils n’ont pas experience. Ca c’est normal. Je dis qu’ils ne sont pas capable de résoudre un fizzbuzz après tout ce temps d’étude.

Ils sont mauvais, au point de ne pas savoir coder un script simple. Certains ne savent pas exprimer une idée clairement, et encore moins définir un problème. Même pas poser les bonnes questions.

Alors oui, ça peut s’améliorer une fois en entreprise, mais qui a le temps ? Qui a l’envie ? Qui a l’argent ? Investir pour former à sa stack ok, mais pas pour apprendre à faire faire un hello world.

Vous vous imaginez en train d’embaucher un cuisinier qui ne sait pas faire cuir un œuf ?

C’est exactement ce qui se passe en informatique.

D’un côté on a des demandes du marché pour des profils qui font plus.

De l’autre on a des filières qui mettent sur le marché des gens qui ne font rien.

En même temps, on n’est pas près à payer ceux qui ont les compétences au juste prix, et les grosses boîtes comme Google, Facebook, Microsoft, Yahoo, Instragram, Twitter, etc. raflent tout.

Il ne reste plus rien.

Je résume :

  • Une demande qui augmente.
  • Un marché fragmenté qui se complexifie.
  • Des entreprises qui méprisent la valeur des profiles qu’ils demandent.
  • Une formation au plus bas.
  • Des industries de pointe qui ne laissent que des miettes.

Voilà la situation aujourd’hui.

Et j’entends encore des devs qui me disent qu’ils ne trouvent pas du boulot.

Et ça m’énerve !

Il y a d’abord le mec, qui ne veut pas bouger, pas changer de technos, pas se mettre à jour, et cherche une fois par mois de la même façon que le faisait sa grand-mère.

Il y a la meuf qui est dans le fond de la creuse sur un modem 56k et qui ne comprend pas que les starts up ne frappent pas à sa porte.

Ceux qui ont 3 enfants et qui ne peuvent pas. Peuvent pas quoi, je ne sais pas, mais ils peuvent pas. Ceux qui envoient des CV et n’appellent jamais. Ceux qui arrivent à l’entretien d’embauche avec des miettes dans la barbe. Ceux qui attendent chez eux qu’un miracle arrive alors qu’ils ont 15 évènements de réseautage dans leur inbox…

Bref, non seulement le marché est déséquilibré, mais une partie du vivier s’assure activement de rester inaccessible à l’embauche.

En plus — merde ! — le dev c’est quand même un des métiers les plus permissifs du monde.

Tu es en chaise roulante ? Cool des aides.

Tu as des piercings ? Ranafout.

Tu as la capacité sociale d’une moule ? On s’arrange.

Tu veux bosser chez toi ? Ça se négocie.

Alors je ne dis pas que tout le monde embauche. Je ne prétends pas qu’il suffit de se balader avec une pancarte dans la rue avec marqué « échange COBOL contre soussous » pour faire fortune.

Mais tout de même, on est sur le marché le plus florissant du monde. Faites péter le champagne !

Et si vous êtes recruteurs, préparez-vous à devenir attractif. Car vous risquez fort de vous retrouver uniquement avec le fond du panier, et à remercier le ciel qu’on vous en ait laissé.

Or la compétitivité d’une boite dépend aujourd’hui tout autant de sa vitrine IRL que de celle en ligne. Et le prix du ticket d’entrée du service minimum a pris une sacrée inflation. J’ai vu cette semaine une meuf s’enerver qu’un site ne marchait pas parce que la barre de recherche n’avait pas de résultat live : il fallait appuyer sur le bouton pour avoir les résultats.

Tirez-en la conclusion que vous voulez, mais tirez-la vite.

133 thoughts on “Retour sur la pénurie de devs

  • Raito Bezarius

    Bordel, tant de raison. C’est totalement ça, et ça devient de pire en pire.

    Y’a des devs quand tu leur dis que t’as pas fait d’école, ils te répondent : “Ah c’est la meilleure des écoles celle-là!”

    De manière plus focalisé, parce que ce problème touche quand même plus le web, le mobile et le DevOps que le reste à mon impression (mais c’est p’tête parce que j’ai fait trop de JS ces derniers temps aussi…).

    Y’a eu cet article qui est une continuation sur ce que tu disais à propos de React et Babel: https://medium.com/@ericclemmons/javascript-fatigue-48d4011b6fc4

    Mais oui clairement, nos stacks sont devenu horriblement compliqués, mais je trouve que ça reste extrêmement attirant, le développement reste un truc plaisant:

    Tu attrapes une API pour faire de la recherche
    Tu attrapes une lib pour faire du CLI
    Tu ponds un outil !

    On a des fullstack engineers, des backend engineers, des frontend engineers, mais les écoles forment toujours des “informaticiens”. Merde quoi.

    Je me demande à la fin si l’école d’ingénieur c’est une blague ou un camp pour apprendre à faire genre qu’on sait coder?

    Par exemple, un poste demande souvent un CV et une lettre de motivation pour postuler, mais en réalité, c’est inefficace, la différence entre un bon dev et un mauvais dev, elle se voit dans sa culture, sa veille techno, ses idées.

    C’est naturel que maintenant, y’a des gens qui se font recruter avec leur GitHub.

    Maintenant, les employeurs, ils font quoi ? Allez, je vais parcourir tous les NPM packages taggé React et chercher un gars qui a pondu une lib sur un problème que je résous dans ma boîte.

    Il y a un nouveau use-case à GitHub, NPM Registry, PyPI qu’on a peut-être pas vu venir: servir comme CV + lettre de motivation.

    Je pense que quand tu es passionné par la prog, passionné par ce que tu fais, la motivation, on sait qu’elle existe, tu faisais ça gratos. Ton expérience est dans ton git log.

    Enfin, je suis content du coup de gueule, ça fait plaisir de voir des gens réalistes sur le sujet.

    (putain j’ai écrit un gros fouilli mais j’espère avoir communiqué un peu de sens)

  • Alexandre Duros

    100% Agreed. Perso, j’ai atterris sur le tard dans le monde de la programmation. Je ne me considère moi-même pas vraiment comment un bon développeur, mais pourtant, je fais des choses qui tournent, qui tournent plutôt bien d’ailleurs (bon, pas à 220k, mais j’ai encore le temps de voir venir). Et, le problème que je vois aujourd’hui n’est pas le problème de la multiplication des technos, ou du fait qu’elles changent tout le temps parce qu’un nouveau “dev-marketeux” (nom que je donne aux personnes qui s’intéressent surtout au petit badge vert ou aux étoiles qu’il y sur leur repo git mais pas trop au contenu -_-). Pour moi, le problème, c’est qu’avant de faire des informaticiens, il faut faire des ingénieurs, des scientifiques. Pas des informaticiens. Parce que tu peux avoir les meilleurs outils du monde, si tu n’as pas de “démarche d’ingénieur”, en gros, poser un problème, le découper en plusieurs sous-problèmes, pour en trouver des solutions, ça ne fonctionne pas. Et pour ça, il n’y a pas vraiment de secret, mais je pense qu’on ne peut pas faire une interface web propre, sans avoir fait un peu de maths, ou tout autre matière qui t’apprenne la rigueur scientifique qu’il faut pour résoudre un problème…

  • n_Arno

    Un excellet article, qui reflete tellement notre situation au quotidien. Je ne dév pas vraiment, implémentant un logiciel editeur d’automatisation/cloud chez des clients, mais je pisse du scripting et de l’integration ws à longueur de journée. Et voir les jeunes collegues tout juste sortis d’école, abandonnés à leur sort seuls chez un client, sans savoir ce qu’est un wsdl (ouais ouais, du soap/xml), un ldap, comment un certificat x509/ssl se génère, comment install vite fait et attaquer une bdd, comment configurer ne serait-ce qu’un jboss standalone (et on parle pas d’angular/node là!) ou meme fait un reverse-proxy avec apache ou nginx… sans parler de l’absence minimum de culture d’une prod d’entreprise (la sup? le monitoring app? un scheduler? un outil de deploiement de package?)… Et quand je les entends me reposer une question à laquelle j’ai répondu 3 mois après les avoir formés… pan

    Après, ils sont payés au lance-pierre et vendus chez le client avec un profil “expert”… où partent les soussous hein. Secret de polichinel.

    Bref, y’a un truc à faire pour que tout ça finisse pas en eau de boudin, mais franchement, je vois pas mon management qui ne recompense que les sales et se torchent avec le delivery qui ramassent les pots casser parti pour sauver la donne. >_<

  • Pixocode

    Excellent article…

    Ca explique bien le fait que dans ce métier, si t’aimes pas ce que tu fais au point de t’y investir à fond, t’iras pas loin…

    Et malheureusement dans notre éducation nationale, cette passion si tu ne l’acquis pas seul, c’est pas eux qui vont t’aider…

    Dans le monde de l’entreprise, ce qui m’a toujours énervé, c’est que toutes les boites où j’ai bossé me traité comme un exécutant bon à pisser du code, et c’est ce qui fait que je ne suis très rarement resté plus d’un an dans une boite… pour finir après 5 ans et autant de boites, bien plus heureux en freelance…

    En constat de cette pénurie elle ne se donnent aucun moyen pour garder leurs devs…

  • Paradox

    Du coup, je pense que je vois un peu le pourquoi/comment de la chose mais je serais curieux de voir vos avis Sam/Max sur le fait que tout le boulot (ou presque) parte en SSII alors qu’il serait bien souvent plus simple et moins cher de développer en interne.

    Parce que c’est affolant le “biais” que ça fout au marché, tant de l’emploi, que de ce qui est “livré”…

  • VaultBoy

    D’un autre côté, il y a aussi, de plus en plus, ce que j’appellerai le “Syndrome de l’encyclopédie”

    Je prends un exemple (vécu dans ma boite à deux reprises…)

    One upon a time, se pointe un mec avec une réputation quasi-légendaire (Comprenez : full-stack-dev-of-the-death-god-like-ultra-blindé)

    Autour de moi, on croirait une critique Télérama :

    “C’est un killer”, “Incroyable de connaitre autant de trucs”, “Un furieux génial”. Le boss (qui l’a engagé) en réunion balance même un

    “Il va vous montrer ce que c’est un VRAI programmeur” (véridique)

    Résultat des courses après 3 mois :

    90% de son code et le projet qui va avec => goto poubelle.

    Le mec, entre temps, est parti en claquant la porte en disant qu’on était tous des cons rétrogrades.

    Alors oui, le mec connait par coeur les lib. du C++, le framework Laravel, les tips autour de Symfony2, mais reste

    complètement inefficace quand il faut appliquer un algo.. Il ne fait qu’appliquer mécaniquement ce qu’il connait… souvent là il ne faut pas.

    En résumé : T’as toujours un très bon cuisinier, mais quand tu lui demandes des pâtes, il te fait des frites et te dit que c’est mieux comme ça.

    WTF !?

  • Cécé

    Ca m’épuise.

    Je bosse depuis 15 ans dans des applis web Intranets en Java en région parisienne.

    Je suis actuellement dans une grosse boite ou les développeurs ne veulent pas changer de leur technos pourries :

    java 6 / flash-flex / oracle / svn et j’en passe. L’accès au web est limité par un proxy. L’échange d’info est nul, la communication

    d’entreprise zéro.

    Là je suis en train d’apprendre le bépo. Je passe pour un excentrique. Impossible de leur faire essayer git parce qu’ils ont vu de la ligne de commande.

    Je suis payé correctement (pas faramineux), mais est-ce que ça vaut risquer sa vie sur le périph, ne pas pouvoir acheter un bien immobilier, ne pas pouvoir voir ses parents et cousins restés en province ?

    J’ai fait le pari de lancer ma carrière à Paris. Tout ça pour payer moi-même les conférences auxquelles assister. Pas de formations, des managers qui t’arnaquent sur le budget formation…

    Franchement tant mieux si tu rencontres du succès et voit du profit en abondance, moi je ne vois rien de tout ça. J’ai bien fait 5 ans

    d’infos à la fac, mais je ne vois pas de succès, ni rien qui me rende fier. Je ne dois pas avoir le bon réseau.

    Je perds mon temps.

    Vous voulez rire ? J’ai 41 ans mais embauché récemment : Ma fiche de paye indique développeur junior ! Dans une boite ou le moindre troufion se donne le titre de «responsable», c’est vous dire le respect qu’on accorde aux «ingénieur-informaticiens»

    Ca m’épuise.

  • Sam Post author

    @Paradox : je n’ai jamais vu que tout le boulot partait en SSII.

    @VaultBoy : ouai maitriser les technos ne suffit pas à faire un bon dev, et être un bon dev ne suffit pas à faire un bon employé, et être un bon employé ne suffit pas à faire un bon collègue.

  • Jean-François

    Non seulement je suis dev depuis plus de 15 ans, mais en plus je me suis fais du “bonheur en entreprise” une spécialité.

    Mon petits doigt me dit que je suis sur la bonne piste…

  • boblinux

    sniff sniff, nous les jeunes on en a pris un coup !

    Heureusement que j’fais pas d’école, et suis a la fac donc j’pue pas trop en démarche scientifique / génie log / algo / complexité …

    Mais on essaye de se démerder un peu pour se tenir éveiller des news techno et faire de la veille quand on peut, ça compense un peu le déficit de l’éducation nationale qui sont souvent à la ramasse de ce côté là.

    Mais sinon, dans le fond, j’trve que c’est pas trop con ce que vous dîtes, même si j’ai jamais taf, ça doit se tenir, hâte de voir ça de mes propres yeux une fois dans le monde de l’entreprise =s

  • Mathieu Acthernoene

    @VaultBoy C’est drôle, j’ai quitté une entreprise il y a peu, et justement j’y avais ce rôle là (connaissance de beaucoup de libs, j’ai essayé d’apporter Slim / Laravel / un tas de packages Composer pour remplacer le framework PHP développé en interne, pas MàJ depuis 1 an.

    On m’a demandé de faire une liste des pratiques qui pourrait être changées dans la boite, j’ai pondu une bonne grosse liste.

    Au final, un projet ou deux sont partis en sucette, ça a commencé à me saouler puisqu’on cherchait à tout nous mettre sur le dos (nous, les devs), alors que je réclamais de 1) versionner via Git 2) faire des codes reviews 3) écrire des tests! (les mecs balancent en prod via FTP juste après avoir lancé le script et “constater que ça fonctionne”, tu m’étonnes que bien souvent les clients rencontraient des merdes). Je leur ai juste répondu que ce sont des pratiques indignes, qui plus est en 2015.

    Au final je suis sûr qu’ils en sont resté au même point, avec une dette technique monstrueuse. Quand tu sais qu’ils font des projets d’une semaine ou deux MAX, c’est qu’ils veulent bien l’accumuler.

    Tant pis, il y a beaucoup d’offres ailleurs!

  • Alex Rock Ancelet

    @Raito Bezarius : Ton propos corrobore totalement avec l’article, et j’adore !!

    @VaultBoy : C’est autant un problème d’employeurs que de candidats : tout le monde vend du rêve, et une fois sur place, tout est chié…

    @Cécé : C’est aussi un énorme problème, les devs/admins fermés qui refusent de changer de stack au motif que “ça marche donc on touche pas”. J’ai ça au taff, on a une appli en Symfony1 qui tourne sur PHP5.2 (plus maintenu depuis 2011), et aucun moyen “commercial” de vendre une refonte ou à défaut une mise à jour du serveur, parce que déjà en PHP5.3 la moitié des trucs est instable, mais alors si je le passe sur PHP7 j’explose littéralement le site.

    Et des comme ça, y’en a à la pelle dans toutes les SSII ou chez les clients finaux…

    Je suis vraiment super content de voir cet article “coup de gueule” et de voir les commentaires, parce que je suis moi-même développeur, passionné, je suis sur un léger stack (php5&7/symfony1&2&3/js, et autres) mais surtout je fais un max de veille (1h par jour minimum), je suis le plus actif possible dans les communautés Open-Source, et j’ADORE mon taff. J’adore aussi apprendre des nouvelles choses (j’ai récemment appris à utiliser Ruby, mais je ne bosse pas dessus parce que je n’ai pas l’XP, mais plus tard ;) ).

    Et je vois aujourd’hui des devs qui pataugent, qui arrêtent parce que c’est trop compliqué, ou alors d’autres qui prétendent tout savoir et qui mettent des varchar(255) enum "oui" ou "non" dans des bases de données, c’est affligeant…

    C’est pour ça que je rêve d’être formateur, de pouvoir partager ce désir de faire du bon travail, cette ambition d’avoir 100% de coverage sur une appli et d’ajouter des tests à chaque régression possible, de refactorer un vieux code pourri pour en faire quelque chose d’ultra performant et optimisé, de mettre à jour les composants tous les mois (oui, sur mon mac au taff je fais un “brew update && brew upgrade” chaque mois, et je m’adapte si y’a des BC breaks, c’est comme ça, ça aide à savoir quels sont les breaks pour y être préparés en prod), et autres.

    Vivement le jour où les écoles “nationales” comprendront que le dev c’est bien plus qu’un job, c’est un état d’esprit :)

  • JackObson

    Autant l’article est globalement intéressant, autant les passages “oué les jeunes qui sortent de l’école ils sont nuls tout ça” sont vraiment pas très pertinents. Je vois pas bien en quoi c’est spécifique à l’informatique le fait que les jeunes qui sortent de l’école manque d’expérience, tant au niveau social-pro, qu’au niveau de l’approche des problématiques techniques, des process d’entreprises, etc…

    Pas spécifique à l’informatique d’ailleurs, mais pas non plus à la France, ni à l’époque actuelle.

    Je vois pas bien comment une formation qui, partant d’un niveau bac, et durant de 2 à 5 ans max, on peut inculquer des connaissances techniques, fonctionnelles, sociales, mathématiques, algorithmiques, etc… équivalente à quelqu’un qui en plus de son diplome a 5 ou 10 ans d’expérience diverses dans les pattes.

    Enfin, n’hésitez pas à me corriger si je me trompe, mais cette partie me semble plus inspirée par queqlues frustrations de votre parcours pro que par un réel constat objectif non ?

  • m0numentum

    Actuellement je suis en école d’ingé et normalement j’en sors cette année… Et ben je me sens pas l’âme d’un guerrier, j’ai l’impression de ne rien savoir faire dans le détail. Je pense depuis un bon moment que les écoles d’info devraient enseigner les bases (algo, prog, sys) et qu’ensuite, les étudiants s’ orientent vers des spécialités (plutôt web, plutôt embarqué…) un peu comme en médecine en gros. Je ne sais pas si ça règlerai le problème (surtout au niveau de l’ouverture d’esprit de certains) mais je pense que ça permettrait de former de meilleurs techniciens et ingénieurs sur des domaines.

    D’ailleurs si vous avez des petits tips pour se former en solo je suis plutôt preneur. Je sais bien que faut se donner un coup de pied au cul et beaucoup lire mais j’ai l’impression que ce n’est pas suffisant. Au final, je me retrouve à ne pas savoir les technos utilisées dans le web par exemple (mise à part tout ce qui est angular, nodejs toussa).

    Haut les coeurs !

  • le hollandais volant

    Je ne sais pas si ça a changé, mais il y a quelques années encore j’avais l’impression que les boîtes IT qui recrutaient faisaient faire les offres d’emploie par une DRH qui n’y connaissaient rien et faisaient ce qu’ils feraient dans n’importe quel autre entreprise et domaine d’activité : t’avais beau maîtriser 15 langages de prog sur les 3 demandés, mais s’il manquait le petit langage mis dans les “petits plus souhaités”, ton CV était jeté à la poubelle.

    Je ne sais pas comment sont recrutés les boulangers, mais je ne pense pas que ce soit fait en disant « j’ai fait du pain à la maison, goûtez-moi ça ! ». En IT, si : on exhibe le Github, etc.

    Le dév, comme dit plus haut, c’est quand même un des seuls domaines où tu peux produire quelque chose tout seul, chez toi, et le montrer à ton employeur au moment du recruteur, ou au moins montrer ce que tu sais faire en vrai.

    Le recrutement devrait être différent des autres domaines (en fait il devrait être unique pour chaque domaine, mais alors les écoles de DRH généralistes vont fermer).

  • Mathieu ROBIN

    Et le top, ça reste quand tu proposes de faire venir des copains dev de l’étranger, on te sort la réponse la plus badasse de tous les temps : “ils ne parlent pas français donc non.”. Véridique, j’ai essayé dans plusieurs boites de faire entrer des copains non-francophones mais bel et bien anglophones. Pas moyen.

    Pour ceux que ça intéresserait, un tuyau : en Corée du Sud, les écoles fournissent beaucoup trop d’ingénieurs (faute à l’éducation qui pousse à aller toujours plus loin, je crois rêver en écrivant ça). La situation est telle que seul un ingé sur 3 en sortie d’école trouve un taf la première année. Et sont donc prêts à bouger à l’étranger. Parce que aider à tenir la boutique alimentaire des parents quand t’as fait 6 ans d’études et que tu parles 3 langues, bah ça fait pas rêver (bizarrement)

  • Julien

    Excellent article !

    La question de la formation est cruciale et les écoles / fac accusent une inertie folle lorsqu’il s’agit d’actualiser les programmes. Pour avoir recruter plusieurs stagiaires [ndr: je l’étais encore il n’y a pas si longtemps] de profils et d’écoles différents, je suis également désolé de voir les mêmes stacks technos et surtout leur inadéquations avec les missions proposées dans les CV. Perso je passe souvent mon temps à discuter de ce que représente le développement et son écosystème avec les candidats : la technique est bonne, j’élimine 9 prétendants sur 10 qui ne voient pas plus loin que la ligne de code (qui ne compile sans doute pas).

    Elles produisent des profils sur des technos qui ne sont pas à jour, qui ne correspondent pas à la demande du marché.

    Quand bien mêmes les langages/technos enseignés se rapprocheraient de la demande du marché, la logique “ingénieur”, le “savoir poser un problème”, “l’évaluation des standards” et tout ce qui fait qu’on est pas seulement la pour aligner des caractères dans le bon ordre; c’est un boulot d’ingénieur avant d’être un boulot d’informaticien.

    Alors oui, ça peut s’améliorer une fois en entreprise, mais qui a le temps ? Qui a l’envie ? Qui a l’argent ?

    Certaines boites jouent le jeu. Il faut savoir déceler des potentiels, percevoir les passions à travers des missions parfois ingrates. Les décideurs RH essaient de suivre, de changer leurs méthodes, ou du moins les adapter. Citation random à ce propos :

    What happens if we invest in developing people & they leave us?

    What happens if we don’t & they stay ?

    Bref, article à mettre en toutes les mains.

    ++

  • Sam Post author

    @JackObson : non, non. Il ne s’agit pas de manque d’XP, ça je peux l’accepter. Il s’agit clairement de ne pas savoir faire cuir un oeuf. Voir : http://sametmax.com/fizzbuzz-en-python/. J’ai formé en 6 mois des maliens qui ne savaient pas écrire le français à la programmation Web en partant de zéro. On les a embauché ensuite. Ils étaient productifs. Si en 5 ans tu sais pas faire une fonctions sans side effect, il y a un problème.

    @Mathieu ROBIN: lol. Et pendant ce temps, en Angleterre, ils embauches tous les pythonistes européens pour travailler dans les banques.

  • deza

    il y a aussi cela https://www.facebook.com/IAmDeveloperIThinkSomeSpecial/photos/t.606079692/422722837822128/?type=3&theater

    Et quand je lis ce genre d’article , je me demande , vous aussi, (qui lisez ce commentaire) vous avez développé 6 mois en début de carrière , et vous vous dites “je l’ai fait une fois , je sais le faire plusieurs fois , mais c’est pas interressant” , et puis “chef de” , “manager de” , c’est tellement mieux et surtout mieux payé , j’ai juste à me former sur les termes des nouvelles technos , et je vais ensuite me plaindre , par le manque de ressources compétentes… :-)

    Ben oui, c’est plus facile de devenir RH , que de rester développeur et à évoluer avec les techniques …

  • oh_meeen

    JE SUIS d’ACCORD AVEC CETTE ARTICLE !! GG à l’auteur.

    Tu veux pexer ? discuter avec des gens passionnés ou du moins interessés bah t’as tellement de solutions (des hackatons, gamejam, meetup gratuit ou payant, apéro dev, etc…)! Si tu arrive pas à choper un job de nos jours c’est que t’es un feignant sinon c’est que ta pas compris !

    parler anglais et avoir de la logique… c’est la base si t’as pas ca tu vas pleurer… sinon t’es le rois du monde ( si tu pense que non c’est que t’as toujours pas compris).

    ( petit link d’une vidéo instructive ).

    je rajouterais que ton github et tes projets perso c’est ta lettre de motiv, et que sur ce site tu va trouver ton bonheur -> http://www.meetup.com/fr/find/

    On a tous été mauvais à un moment mais que tant que c’est une passion le dev cela ce voit et tu arrive à convaincre ton futur employeur.

  • hiramash

    Bonjour,

    La dernière phrase de votre article pourrait être lue hors contexte, et donc changer l’article de catégorie !

    Cordialement.

  • Augier

    Elles ne produisent pas assez d’informaticiens.

    Elles produisent des profils sur des technos qui ne sont pas à jour, qui ne correspondent pas à la demande du marché.

    Et surtout, elles produisent des nazes.

    Pardonnez-moi, jeunes gens, ce n’est pas personnel.

    Mais 90% des gens qui sortent de l’école, je ne souhaite jamais bosser avec. Jamais.

    Je te comprends. Et je te comprends d’autant mieux que j’y suis toujours, à l’école, moi. Et je dois bien t’avouer que j’en suis déçu, au plus au point.

    Mais je peux donner une raison à ça. Plus que le fait de nous faire bosser sur des technos qui sont obselettes, c’est bien le fait de nous faire perdre du temps avec des cours de management ou de gestion d’entreprise qui plombe notre formation. Par exemple, lors d’un cours de communication, l’intervenant avait essayer de nous faire apprendre ça. Une espèce de théorie pseudo-scientifique miracle qui permet de classifier les gens et les faire bosser en bonne entente. Déjà, à ce moment là, j’avais émis des réserves sur ce qu’on nous faisait apprendre. Puis, il y a quelques temps, j’avais refait un bilan sur mes années en école d’ingénieur. Et il était pas glorieux. J’ai vraiment, sincèrement, l’impression d’avoir perdu mon temps pendant une bonne partie de mes cours. Au final, mis de côté les cours de gestion, managment et autres bullshits, les cours se sont limités à des introductions à Linux, C#, Android, un peu de théorie des design patterns, un peu d’algo. Rien qui ne nous permette de nous intégrer dans un flux de travail en entreprise.

    Je trouve assez incroyable qu’on ne nous fasse toujours pas bosser avec Git ou qu’on ne nous donne pas des bases d’intégration continue avec des outils comme Jenkins ou Maven. Qu’après 3 ans en école d’ingénieur, nous n’ayons toujours pas appris à écrire des tests unitaires.

    Au final, ce n’est que cette année qu’on a commencé à prendre des cours en rapport avec notre spécialisation (le traitement d’images) et à utiliser des biblios en C/C++ et ce malgré que nous n’avons toujours pas eu de cours de C++. Alors même que je ne suis pas encore sorti de l’école, je sais que les trois-quart de ce que j’y ai appris est à jeter, soit parce que c’est de la merde, soit parce que c’est inutile.

    Mais au final, ce n’est pas l’école qui est responsable. L’école délivre des titres d’ingénieur. Elle se voit donc imposer un quota de cours par la CTI. Pour le reste, elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a. Et moi, tout ce que j’ai appris d’utile, je l’ai appris de mes contributions à l’open-source et de mes périodes en entreprise (je suis en alternance).

    Je sais que 90% de mes camarades seront minables lorsqu’ils arriveront en entreprise parce que tout ça (la gestion de version, les TU, l’intégration continue, etc.) ils devront encore l’apprendre. Mais pire que ça : la plupart s’en fout. Parce que de toutes façons, tous, ou presque, veulent faire chef de projet.

    Je n’ai rien contre les chefs de projet, vraiment. Mais qu’ils ne viennent pas pourrir les école d’ingénieur en informatique. Qu’ils se contentent de faire des écoles de managment pour que nos écoles d’informatiques puissent à nouveau donner des cours d’informatique.

  • Kristen Garnier

    Wow, je me retrouve tellement dans cet article, c’est fou.

    Actuellement Étudiant en licence pro Métier du multimédia et de l’internet option dev ( Mais qui n’as rien de pro ), je vois ce qu’on nous enseigne à l’IUT et les diverses tendances du web… ben ça colle pas du tout.

    On est encore à apprendre du PHP procédural directement dans les vues, pas de structuration du code, pas de pattern MVC, et strictement aucune approche du code en Orienté Objet. On ne nous enseignes même pas le DRY et les autres grand principes de la prog.

    Et je ne vous parle pas de Javascript, la seule once de JS que l’on fait, c’est du jQuery, sans connaitre le Vanilla.

    Quand je parle de déploiement, de tests unitaires & fonctionnels, de configuration pour faire du loadbalancing ou du reverse proxy, tout le monde me regarde comme si j’étais un OVNI.

    Certe on sait prendre un abonnement à un server ovh, se connecter à une base de donnée, prendre et écrire des informations dedans, et balancer nos scripts sur le FTP mais es ce que ça fait de nous développeurs à part entière ? Non.

    La seule chose qu’on sache vraiment faire, c’est faire des thèmes WordPress et Joomla, wow, paye ton statut de développeur.

    Vous voulez que je vous dise le plus drôle ? les 8/10 des aspirant développeurs n’ont jamais entendu parler de Git ou de versionning en général. Autre fait rigolo, c’est la même chose pour la gestion de dépendances, tout le monde télécharge son archive et incluent le fichier dans leur projet. La dernière fois un camarade m’as même dit que composer c’était fait pour coder, oui oui, vous avez bien entendu, coder en composer. Personnellement ça ne me fais même plus rire.

    Pourtant ce sont des choses qui ne sont pas compliqué et qui s’apprennent rapidement !

    Je le répète souvent et pourtant personne n’y porte attention, NOUS SOMMES DES TOCARDS. On ne connais (presque) pas Javascript, alors que c’est le language qui fair le plus gros BOUM des dernières années, la programmation fonctionnelle, l’orienté objet, tout ça passe à la trappe.

    Et après on vient me dire que beaucoup ne trouvent de stage.. mais c’est normal vu le niveau qu’on a, on ferait mieux de faire le café.

    Ça va faire 3 ans que je suis dans le Cursus MMI ( DUT + Licence ), et on me vends depuis le départ que je serai compétent dans le domaine du web. Pour l’instant je n’ai pas vu l’ombre d’une compétence, dumoins pas celles attendues à la sortie de 3 ans dans le web.

    Fort heureuseument pour moi j’apprends en dehors des cours, pour développer des compétences en phase avec le marché. Et j’essaye d’orienter mes camarades dans la même direction en donnant du soutient, mais personne ne semble comprendre l’enjeu de tout ça, puisque qu’un seul 1 élève vient.

    Mais je me sent faible, si vous saviez, de ce fait je n’ai pas réellement de confiance en moi dans le domaine où je suis censé être professionnel.

    Enfin bon, tout ça pour dire que les diplomes dans le web c’est comme pisser dans un bol, c’est rigolo mais ça sert à rien. Et en plus on doit le laver derrière. ‘Chier quoi.

    En plus, MMI a été créer il y a deux ans, avec des programmes tout neufs ( dans lequels on retrouve encore du flash ), on devrait donc avoir un certain retard, mais pas tomber en 2009.

    Je ne veux offenser personne dans mon message, mais j’ai juste envie d’avoir des formations qui donnent du travail, pas à créer des personnes inemployable.

  • JackObson

    @Sam : Pour ton exemple, les malien étaient-ils des jeunes qui sortaient de l’école ? parce que si ces maliens ne savaient pas programmer en web, mais avaient 20 ans d’XP d’entreprise, ça parait cohérent qu’ils soient productif plus vite, même en partant de zéro en WEB.

    Et effectivement, productif en 6 mois sur les technos dont tu parlent, c’est fort, parce que même avec une bonne base en web, il m’a bien fallu 6 mois de formation et de projet rien que pour coder correctement un projet en synfony2.

    Mais si vraiment tu es capable de prendre des jeunes qui sortent du bac et de les rendres productif dans une boite web en 6 mois, créé ta boite de formation, tu seras riche rapidement =)

    Et niveau des école d’ingé, je ne sais pas quelle école d’ingé peut diplomer un mec qui sais pas écrire une fonction simple correctement, personnellement je suis pas sur que ça existe en france, je veux bien un exemple. Et c’est sans parler de tous les cours qui vont à coté autres que programmation pur (math, anglais, projet divers, BDD, Analyse, UML, etc…)

  • Sam Post author

    Ils avaient entre 20 et 24 ans. Et encore, j’étais beaucoup moins bon à l’époque. Et j’étais seul. Avec du matos pourri. Par 40° à l’ombre.

    Alors j’ai pas créé les prochains kevin mitnik hein. Mais franchement c’était pas dégueu.

    Et oui, il y a des tas d’écoles d’ingé qui donnent des diplomes à des gens qui savent pas écrire une fonction. Parce qu’ils forment les gens à passer des exams, pas à résoudre des probèmes. Si tu leur demande une fonction qu’ils ont vu, ils vont s’en sortir. Si tu leur demande un truc qui répond à une problématique réelle, tu tombes sur un regard vide.

    Bien entendu qu’il existe encore de bonnes formations. Evidement que ce n’est pas partout comme ça. Mais ça devrait être NUL PART comme ça.

  • Blurgg

    Personnellement , je sors d’une année de formation intensive en Html5, Adobe Suite et de quoi commencer sereinement avec quelques framework comme Joomla et Prestashop.

    Ce qui est exposé au dessus est complètement vrai et je m’estime être un gros branque en programmation et même la pire buse incapable de pondre un minuteur en JS sans regarder sur ToTu.com … après une formation qui m’a couté 12K€ .

    Algorithmiquement votre ! …

    Le seul avantage que j’ai acquis après cette année de bastons intellectuels est que c’est vraiment le manque de communication et surtout la transmition d’informations ( La bonne ) qui ne se fait pas. Des formateurs qui te bassinent avec du maché de 5 ans d’age et du style ne présentant quasiment aucun intérêt , si ce n’est celui de te dire et simplement TE Dire que certaines techno web vont bientôt mettre au chômage la moitié de la planète et que tu n’aura que tes seul yeux à bouffer si tu ne passe pas ta vie devant ton écran a manger du code ou vider ton compte numérique avec des scripts préfabriqué ( fait par des devs moins entubé que toi ).

    La vérité est la , aucun effort ni aucune prise en compte de la problématique de la concurrence des devises internationale et plus que tout de l’auto CENSURE Économique de l’offre de formation qui permet à n’importe quel client chef d’entreprise d’exercer une pression même sans rien connaitre à la schématique web et obtenir des prix asiatiques pour une qualité de vie Européenne.

    Pour en finir… j’ai plus appris en code et dev en 3 semaines avec mon pote dev avec qui j’ai squatter les locaux et les chaises pourries et inconfortables de l’école que avec un formateur payer grassement qui se foutait de notre gueule a longueur de journée et nous apprenait quasiment 0 voir même le contraire de la bonne procédure .

    L’informatique ca peux rapporter gros, mais il faut en plus savoir s’entourer de clients généreux et ca je doute que ca existe encore de nous jours .

  • Old_dog_new_tricks

    “Ouai, ouai, pépé, tu faisais de l’assembleur, c’est viril.”

    Je connais encore des jeunes dev qui font de l’assembleur (qui raisonnent dessus plus qu’ils ne codent) :p

    Reste que dans beaucoup d’entreprises on rechigne à former les nouveaux arrivants aux outils/stack internes, puis on se plaint que ces derniers ne soient pas efficaces. Mon ancien chef de projet estimait a 6 mois le temps nécessaire pour se familiariser avec un projet professionnel existant.

  • VaultBoy

    @Julien. Complètement d’accord avec toi sur le recrutement.

    Quand je fais passer des tests je me moque (pour rester poli) d’avoir un dev. qui me sort par coeur le 3eme parametre

    de la fonction z4vxy(). J’ai Google pour ça.

    Je préfère plutôt avoir son avis sur la techno. et les outils à utiliser dans tel ou tel cas, pourquoi, etc.

  • mrLove

    moi je ris quand tu dis qu’un dev reac est un vrai programmeur…. Dans le flow que tu décris sur 3 lignes il ne contrôle rien du tout il travaille avec son Framework et rale sur stackoverflow quand ca marche pas.

    tu veux de la doc pour de la prog bas niveau, regarde ici

    http://www.intel.com/content/dam/www/public/us/en/documents/manuals/64-ia-32-architectures-software-developer-manual-325462.pdf

    c’est autre chose que de faire mumuse avec un langage de script en environnement managé

  • Jerome Dalbert

    Bon article qui résume bien la situation. Je ne sais pas pourquoi mais en France, la culture du développeur c’est pas encore ça.

    Pour ce que ça vaut, voici ce que j’ai du faire pour m’en sortir.

    Fin 2011: diplômé d’une bonne école d’ingé publique, naïf, n’ayant aucun contact/mentor et ayant une faible capacité d’analyse. Je m’engage donc dans “la voie classique après l’école d’ingé” et je rejoins une 3 plus grosses SSII française pour faire du JEE (étant bon en Java à l’école).

    2011-2012: les SSII ça pue vraiment, soit c’est beaucoup de management/écriture de specs/tests, soit tu écris du code mais c’est de la maintenance compliquée sur des vieux projets gigantesque. Aussi, il y a pas mal de réseautage politique. Je parviens à m’extraire sur 2 projets différents mais je me rends compte que les SSII c’est juste pas mon truc et pas l’idée que je me fais du développement.

    2012-2013: je me casses chez un éditeur, dans une boîte du même acabit que @Cécé, faisant du Java / Spring 3 / Svn / Windows en région parisienne. Le projet est vieux de 12 ans, est gigantesque et inmodifiable avec beaucoup de mauvais devs. Je prends conscience qu’il y a statistiquement plus de mauvais dévs dans le monde Java car c’est ce qu’on t’apprend dans beaucoup d’écoles et les mauvais ne changent pas de technos, ils restent sur leurs “acquis”. Je prends aussi conscience que le monde de la “grosse entreprise” n’est pas pour moi. Je prends aussi conscience que la France ça commence à puer: pour moins d’efforts, il y a beaucoup mieux à l’étranger.

    2013-2014: ayant la chance d’être bon en anglais je me casses direct à Londres pour un poste de dév dans une startup de 3 dévs. Je fais du Ruby, qui comme Python est un language prisé par les startups. C’est le pied: pendant les 8 premiers mois je m’éclate, ensuite je me lasses un peu et je quitte après le 17ème mois. Mais c’est ma première “vraie” expérience satisfaisante.

    2015: par la chance et le réseautage, je suis dév à San Francisco aux US, et je suis payé facilement au moins 2 fois plus cher (3 fois plus si j’arrive à y rester) qu’un bon dév sénior en Europe. Je suis premier dév de ma startup, je m’y éclate on est que 2 dév pour l’instant et on fait tout de zéro.

    2016 (aujourdh’hui): ayant maintenant 4 ans d’expérience post études, il m’aura fallu du temps pour trouver ma voie et “réussir” mais j’y suis arrivé. Je ne suis pas très malin à la base, je ne me suis pas réorienté pour faire du coaching ou des formations ou être “évangéliste” agile ou autre job bullshit, j’aime juste faire du dév, juste du dév sans prise de tête, et c’est ce que je fais.

    Si je retournes un jour en France, ce sera soit en tant que premier ingé ou CTO dans une startup, soit freelance, soit du travail à distance pour une boîte américaine ou Londonienne. Tout ça c’est une très très faible proportion du travail informatique disponible sur le marché français. Espérons que ça s’améliore un jour.

  • Sam Post author

    @mrLove : c’est là que tu te gourres, car le mec doit dev la partie client, serveur, code une app réseau performante, faire du sysadmin avec des technos de virtualisation… C’est beaucoup de taff, beaucoup de connaissances, et pas plus ou moins du que de coder il y a 20 ans. Mais les gens ne sont pas formés pour ça.

  • Jerome Dalbert

    PS: je penses que la clé dans notre métier c’est d’avoir les deux neurones nécessaires pour coder un petit algo, se faire un réseau (pas indispensable mais facilite grandement), et avoir une envie constante de se sortir les doigts du c** pour améliorer les choses.

  • Arnaud Marchais

    Dans la pénurie des dev, il faut voir ce qui ceux déjà en place et qui ne risque pas de bouger de si tôt.

    Un développeur landa émerge dans la même fourchette de salaire qu’il travaille pour la SSII X ou SSII Y.

    Pour déloger un développeur, il faut l’attirer en proposant au moins 2k/3k de plus par an, sinon quel est l’intérêt. Au bout d’un moment un dev atteint sa limite max niveau salaire.

    Une fois qu’un dév est confortablement installé en CDI sur son fauteuil et qu’il a de quoi s’amuser avec 1 ou 2 techno attirantes de temps en temps, il est difficile de le faire bouger.

    D’autant plus que passer les entretiens avec des SSII qui vont essayer de te revendre à leur client, sortir le costard du placard,

    vérifier que la barbe est bien rasée et se taper les RH avec leur question “Pourquoi-voulez vous partir?” et sortir le même discours à chaque fois, ça ne laisse pas les dev vouloir aller sur le marché…

  • Rififi

    Très bon article, et très bons commentaires aussi.

    Cela dit, beaucoup de remarques, mais peu de solutions proposées, en particulier sur la formation des jeunes. Mais je ne veux pas rentrer dans le troll :p

    Juste une question cependant: quel avenir dans le dev pour un scientifique qui développe en python ? Par développer j’entends des programmes utilisables en recherche, et qui a des bases dans 2-3 autres langages et en sysadmin ?

  • Pixocode

    @ArnaudMarchais si faut un salaire plus élevé pour le faire bouger et si un CDI suffit à le satisfaire, ça peut aussi expliquer la situation actuelle…

    Perso les CDI m’ont plus poser problème qu’autre chose, démissionner parce que tu te fait chier… C’est pesant… :/

  • aesteve

    Félicitations et merci pour cet article qui pose de très bonnes bases de discussions et dresse un état des lieux intéressant de la situation.

    Je ne suis pas complètement d’accord quant à la formation dans les écoles. Je ne m’attend(ai)s pas à ce qu’on m’y apprenne Java EE ou Django ou Ruby on Rails très honnêtement. Ou React plutôt que Météor ou Ember.

    D’abord parce que ces technos sont trop volatiles (surtout dans le monde JS en fait, côté serveur c’est un brin moins vrai, mais la tendance se tourne plus vers les microservices), j’attends à ce qu’ils me forment à deux trucs :

    à bien comprendre les choses, les problèmes rencontrés (depuis quasiment les débuts de l’informatique), quelles ont été les solutions pour y remédier et quelles sont les solutions employées aujourd’hui (snapshot à l’instant t)
    cultiver ma curiosité à travers un maximum de TP, de projets concrets, me pousser un peu au fion (parce que j’étais une feignasse) à découvrir le gestionnaire de version du moment, par exemple (ce fût SVN en l’occurrence)

    Je trouve un peu simple de dire “il faudrait former les gens à React ou leur dire d’utiliser GitHub”. A vrai dire, si tu leur donnes un assignment sur Meteor avec CVS ça me va. Si tu leur fais coder un protocole RPC quelconque bidon, y’a des chances qu’ils pigent REST le moment venu.

    Là où je rejoins par contre l’auteur de l’article c’est que la plupart des formations ne cultive pas la curiosité et reste trop scolaire (par chance j’ai l’impression que ce n’était pas le cas de la mienne). Quand aujourd’hui je vois ce vers quoi tend Redux, j’ai des souvenirs de programmation fonctionnelles qui reviennent, l’air de rien. De même quand on me parle microservices, reactor pattern et tutti quanti, je revois un prof nous parler d’Erlang et nous filer un bouquin à lire “pour la curiosité”.

    J’ai sans doute de la chance (tant mieux pour moi) mais je ne voudrais pas que les écoles deviennent des formations accélérées (mais très spécialisées) comme l’exemple que tu as pu donner. J’espère qu’elles s’orienteront plus sur les problèmes (c’est vraiment le mot, presque au sens mathématique du terme) qui existent aujourd’hui mais qui existaient déjà hier (Akka résout les soucis qu’Erlang essayaient d’adresser, les Reactive-Extensions à la mode en ce moment ça ressemble fort à des Observables++ etc. etc.). Et c’est vraiment cette culture qui est importante dans le métier, je serais presque tenté de dire que la techno n’est qu’un prétexte. (Node et son event-loop pourra rappeler à certains l’Event-Dispatcher-Thread de Java Swing, etc.).

    Un point que j’aime particulièrement dans l’article, c’est l’idée de balayer un peu tous les “acteurs” du domaine pour mieux appréhender le soucis, merci pour cela, c’est bien écrit. Il manque peut-être (un peu ?) les SSII, qui, il me semble, jouent un rôle majeur dans cette pénurie.

    Certains en ont parlé en commentaires, “ils veulent tous faire chef de projet”. La question c’est pourquoi ? (et y’a de très bonnes réponses dans l’article je vais pas revenir là-dessus). Entre autres, donc, y’a la vision (et la trouille, faut pas se leurrer) de la première embauche en tant que dev en SSII. La trouille d’être sur-vendu par un mec qui n’y connaît rien, la trouille de débarquer en tant qu’expert (c’est dit dans l’article) alors qu’on débarque. Tout n’est pas de la faute de la SSII (m’enfin quand même…) y’a aussi les clients qui ne jouent pas le jeu. M’enfin… Y’a quand même un soucis… Dev c’est un métier formidable où on a l’occasion de résoudre des problèmes, et de voir la solutionner fonctionner (et de la tester, …) et de produire quelque chose de (presque parce que ça reste numérique) concret : une interface web, un soft, … A un moment va falloir effectivement se poser la question des jeunes diplômés et de leurs perspectives, effectivement, parce que je peux comprendre un mec qui fait l’amalgame dev junior => manger son pain noir pendant 2 ans au moins en SSII.

    Bref, y’a encore plein de choses sur lesquelles rebondir (le problème du fizzbuzz qui révèle un vrai soucis, etc.) mais je ne vais pas me fendre d’un article à part entière.

    Merci en tout cas pour cet article. Très intéressant.

  • Jerome Dalbert

    @Arnaud Marchais Je suis un peu mal à l’aise quand on parle de RH pour l’embauche, on pourrait penser que le premier motif de l’embauche en France est “entretien RH réussi”. Si c’est (probablement) le cas, c’est assez navrant pour la France.

    “Lire offre. Aller à un job interview. Être accepté” devrait être l’exception pour trouver un job, et non la règle. Une plus grosse exception encore est le fait de devoir passer par un RH comme premier contact: si RH il y a, il devrait être en dernier, et avant ce moment là —si ils sont potables— les techos devraient déjà savoir si ils te veulent ou pas de toute façon.

    En tous cas je dis ça du point de vue anglo-saxon.

    Source:

    http://www.kalzumeus.com/2011/10/28/dont-call-yourself-a-programmer

    http://www.joelonsoftware.com/articles/FindingGreatDevelopers.html

  • matthieu

    Je suis en partie d’accord pour la formation.

    D’accord pour dire que le niveau de sortie n’est franchement pas terrible.

    Par contre, plus mitigé pour les technos pas à jour. Du haut de mes quelques années d’expérience, je trouve qu’il vaut largement mieux avoir un candidat qui « a la tête bien faite » même s’il ne connaît pas les technos qu’il utilisera, plutôt qu’un candidat qui aligne les bonnes technos sur son CV mais qui sera incapable de faire un code correct ou pondre un algo un peu plus compliqué.

    Pour évaluer rapidement un candidat, on lui demandait ses points forts (Java, C, admin sys, Python, …) et on le questionnait dessus, même s’il n’allait pas bosser avec en cas de recrutement.

    C’est d’ailleurs comme ça que j’ai été recruté, pour faire du dév bien appliqué (ah, la mode du big data) alors que je n’avais fait que de la théorie pendant mes (longues) études et quasiment pas codé.

    Bref, tout ça pour dire que l’important n’est pas d’étudier les dernières technos du moment.

  • Mazenko

    Yo !

    Jeune ingénieur informatique de cette année, 23 ans.

    Embauché à la sortie de l’école, sans aucune recherche. Comme tout le monde d’ailleurs. Suffisait de répondre aux mails et d’être inscrit sur Linkedin. Je confirme ce que tu dis sur ceux qui trouvent pas de taf ; c’est soit des déchets, soit des gens trop fermés qui deviendront des déchets.

    Bon on touche pas le smic, mais c’est pas non plus folichon. Entre 2000€ et 2400€ net par mois en SSII sur Sophia Antipolis. Pas de quoi envisager sereinement l’acquisition d’un bien immobilier dans le 06… Mais ouais, on le café gratuit. Les SSII ESN qui payent plus sont ici réputées pour se débarrasser des gens plus rapidement que les autres. Perso j’ai choisi d’être moins payé pour faire un truc que j’aimais particulièrement. Mais dans le cul lulu. Au final je fais autre chose, car les gens qui recrutent sont des commerciaux ou RH déconnectés de la réalité et qui sont juste là pour recruter quiconque est en mesure de coder. Même des ingénieurs diplômés en électronique.

    Cela dit je ne suis pas trop d’accord avec le fait qu’il soit bon de juger les gens à leur Github. Je sors d’école et j’ai plein d’idées pour améliorer le monde. Je suis en mesure de mettre en oeuvre chacune d’elle. Sauf que j’ai pas le temps. Après maths sup maths spé, une école d’ingé, un brin de vie sociale, et un brin de loisir, ben y’a plus le temps. Donc ceux qui ont un super Github, soit c’est des monstres (je parierais jamais là dessus…), soit ils sacrifient un truc important. J’ai pas un super Github, et pourtant mon arrogance me fait dire que je suis dans les 10% de jeunes diplômés avec lesquels tu aimerais travailler.

    Je pense que c’est une erreur de croire que les écoles n’apprennent pas les bonnes technos. Les technos ça change tout le temps. Il reste que les fondamentaux. Et quand on ne s’éparpille pas sur plein de projets, qu’on se concentre sur les fondamentaux qu’on nous apprend à l’école et qu’on a une vie équilibrée, on peut être capable d’aborder n’importe quelle techno avec succès par la suite. Alors bien sur, il faut s’investir et aimer ce qu’on fait. Il faut pas être venu juste parce que “l’informatique c’est porteur” ou que “j’aimais bien aller sur 9GAG” ou encore car “j’aime les jeux vidéos”.

    Ceci dit, commencer l’informatique en BAC+3 comme c’est mon cas, c’est objectivement trop juste. J’ai du faire des sacrifices pour être “au niveau” (du moins à mon sens).

    Pourquoi pour taffer dans l’info il faudrait absolument en chier plus que les autres ? Par exemple avec du recul, faire du WEB, c’est faire des Legos avec des pièces qui change de couleur tous les 5 ans. Je m’amuse pas à observer les pièces au microscope, je veux juste savoir comment ça s’emboite. Et ça prend déjà un max de temps ! Bien plus que des potes ingénieurs dans d’autres domaines ne passeront jamais à taffer en dehors de leur job.

    Nan vraiment, désolé, mais j’ai soit pas assez d’argent, soit pas assez de temps pour remplir le Github. Et pourtant ça me démange.

    Enfin pour ceux qui disent que la meilleure école, c’est pas d’école du tout, juste lol. Il faudrait arrêter d’essayer de vous convaincre que vous avez fait le bon choix de quitter l’école en terminale parce que les profs c’est nuls et que les raids sur WOW c’est trop bien. En 2015 lorsqu’on est un tant soit peu malin, on est capable d’être à la fois rebelle et bon à l’école. C’est en partie à cause de gens comme vous que les diplômés d’écoles sont sous-estimés ; certaines brêles du même acabit se sont fait acheter un diplôme d’ingénieur par papa maman dans une école privée. Alors ok, quand on va pas à l’école, on a le temps de passer ses journées à coder. Et on apprend des trucs. Mais je pense pas que ça tienne la distance quand ça se corse vraiment. Car pour résoudre des vrais problèmes inédits, faut du mental et des connaissances autres que celles superficiellement acquises sur le tas.

    C’est déjà trop long, je m’arrête ici ;).

    Merci pour cet article.

  • Nicolas

    Il faudrait recommencer à penser l’embauche un peu différemment.

    Qu’un étudiant ne puisse apprendre la programmation (par exemple) en 3 ans d’école d’ingénieur est bien normal.

    La programmation est par beaucoup de côtés un travail d’artisan, avec un apprentissage technique qui nécessite des dizaines d’années pour devenir tout à fait efficace. La programmation néanmoins repose et s’enrichit d’une approche mathématique (c’est là qu’il faut trouver les bases les plus solides pour résoudre efficacement les problèmes)

    La prolifération actuelle de technologies ne se justifie pas forcement. Côté offre, beaucoup de ceux qui militent pour telle ou telle sont parfois juste en train de segmenter le marché pour y trouver une place où ils pourront vivre en éliminant des concurrents. Côté demande les entreprises y trouvent leur compte quand une nouvelle technologie leur permet de recruter parmi un segment de la population d’ingénieur moins couteuse, comme les plus jeunes.

    Donc revenons à mon point de départ. Repenser comment l’embauche se passe. Il fut un temps où il était normal d’apprendre sur le lieu du travail. Bref on formait ses collègues.

    Et on était pas dans une lutte continuelle pour se comparer sur la quantité et le prestige des “technologies” qu’on maitrise.

    Au final l’informatique c’est la résolution efficace d’un problème avec une solution qui met en oeuvre un système informatique. Cela inclut des choix humains et techniques. Cela implique de comprendre le problème à résoudre avant de choisir une technique appropriée. Cela implique de comprendre les outils (la plateforme: hardware/software/êtres humains) qui nous permettent d’appliquer cette technique. Cela, c’est de l’ingénierie.

    Il ne s’agit pas d’apprendre un jargon ou une API. Et surtout pas d’encourager la création de plus de jargons et interfaces redondantes qui ne profitent qu’à un petit nombre de prêtres en robe pourpre qui se font ronfler dans les conférences où créent des divisions artificielles.

    Il ne s’agit pas de se comparer au détriment de l’apprentissage.

  • Nicolas

    Un point que j’ai oublié de mentionner. Nombreuses sont les conditions de travails qui soit n’enseignent pas les compétences nécessaires soit par manque de feedback, soit carrément induisent en erreur en donnant l’impression d’un succès qui n’en est pas un. Ex classique, l'”Architecte” qui part d’un projet avant d’avoir pu (ou par peur de) tirer les enseignements des choix imposés.

  • Maxouv327

    Salut,

    super article super blog.

    Je suis inge aero sur Toulouse dix ans d’xp.

    J’analyse en python les données d’essais en vol.

    J’adhere complètement à cet article.une vision particulièrement pertinente est la rapidité d’évolution des technos et leur multiplicité qui expliquent la difficulté a trouver un bon dev.

    Je suis tjs surpris d’entendre les boites se plaindrent de ne pas trouver de dev. Mais faut payer!!! Sur Toulouse un dev 5 ans d’xp c 35-40ke en tant que salarié.Pas étonnant qu’ils aillent voir ailleurs.

    Par ailleurs, le fond du PB selon moi est le modèle d’externalisation a outrance qui est une machine a démotivation. Forcément la ssii va survendre un profil pour gagner un contrat et forcément le client va être déçu. La seule solution que j’entrevois est l’essor des ingés freelance. Le PB c’est que ce modèle ne permet pas d’absorber en masse le travail externalisé et les responsabilite qui vont avec, ce que fait une SSII. Mais le travail serait tellement mieux fait…

    Bonne continuation

  • boblinux

    C’est sûr, quand on a plus d’un brin dans le cerveau, on joue la sécurité d’avoir au diplôme qui en vaille la peine, tout en se formant à côté et être au niveau.

    En 2015, chercher un taf de dev avec uniquement le bac c’est suicidaire !

  • lolo

    Alors oui c’est sûr les formations sont souvent à côté de la plaque. Il y a 12 ans j’apprenais le lisp et turbo pascal pour devenir dev web. LOL. Ouais enfin bon, les technos ça va ça vient, souvent des modes éphémères pour la plupart. Le plus important amha n’est pas là non, un dev doit être capable d’apprendre rapidement, faire de la veille toutes les semaines, et surtout, poser et résoudre des problèmes. La formation doit surtout apprendre à apprendre (oui c’est possible). La techno c’est juste une variable de l’équation. Ah et une dernière, un bon dev est un dev feignant.

  • Carl Chenet

    Salut,

    Excellent article, qui a le mérite de mettre le doigt là où ça fait mal.

    À mon avis tu ne rates qu’un seul point important : le besoin urgent de changement culturel de l’entreprise vis-à-vis du télétravail. On voit que le mouvement est déjà bien amorcé aux US et que les entreprises, confrontées à la pénurie dont tu parles depuis bien plus longtemps que la France, sont très agressives dans leur recherche de profils et ont compris qu’un décalage de créneaux horaires ne posait que peu de problème quand tu as un mec sérieux et efficace qui travaille pour toi depuis chez lui.

    Sinon très bon article.

  • mortimer

    Le problème n’est pas seulement pour les dev.

    J’ai fais une formation Afpa en support informatique, et là c’est le drame. 1h de cours par jour, des profs et des étudiants qui s’en tapent complètement, 9 mois pour apprendre à installer un windows et un active directory. Quelques notions de linux, pas de virtu ( même pas de virtualbox vu le matériel merdique ), un pauvre apache sans configuration, pas de base de données … Minable.

    J’ai trouvé un boulôt dans un service informatique car j’ai appris des notions php / css pendant mon chômage. j’ai été le seul à me pointer à l’entretien d’embauche avec une démo de site web , alors que c’était la demande principale.

    Les formations sont nulles, mais y a pas non plus grand monde pour sortir de sa zone de confort et ses doigts de son cul.

  • Thomas F

    Il faudrait aussi voir ce que l’on entend par développeur et ce que l’on met derrière ce métier….

    Il y a deux visions de ce métier :

    Vision 1 : c’est de la traduction vers un langage / framework

    => La MOA fournit un cahier des charges hyper détaillé, le dév recoit ca et traduit “Si alors sinon” en “if then else” ou ” ? : ” bref c’est à la portée de beaucoup de personnes.

    Par contre quand le projet va foirer, on va se dire les devs sont nuls ou l’équipe projet. L’appli ne fonctionnera pas, etc.

    Vision 2 : le développeur est un créateur. dans ce cas connaitre un langage ou un framework c’est le minimum, mais ce qu’on attend de sa part c’est des propositions, d’être capable d’analyser le besoin, de se mettre à la place de l’utilisateur, etc. Problème c’est sensé être le rôle de la MOA (omnisciente mais qui ne s’est jamais servi de l’appli)… Ca remet en cause des zones de pouvoir et de confort et l’équipe de dev est le cul entre deux chaises.

    Les projets où ca se passe le mieux sont ceux où il n’y a pas de MOA à proprement parler mais des super users. J’ai vu ca sur du SAP d’un coté des gens qui venait de l’usine (à différents niveaux) avec la connaissance métier et process et de beaucoup de curiosité. De l’autre des experts (devs et fonctionnels) qui connaissaient SAP. Des dicussions autour des process et du fonctionnement de l’outil pour faire matcher les deux. Des devs en offshore mais avec les développeurs qui vvenaient très régulièrement sur place. Bilan des courses déploiement réussi dans la douleur, mais réussi. Ce sont mêmes les super users qui étaient en capacité de reconfigurés certains processus, etc. Ils sont donc devenus les référents sur l’outil !!!

    Par contre c’est un changement complet de la manière de voir la création de logiciels et le métier de développeur.

    Maintenant coté devs, il y a 3 profils à mon sens :

    La bille : la personne à peine capable de traduire de l’algorithmie dans un langage de programmation

    Le nourricier : la personne qui fait ça pour avoir un salaire à la fin du mois

    Le passionné : la personne qui quand elle a un problème au taff le vendredi soir revient avec la solution le lundi matin….

    Dans la pluaprt des professions c’est exactement les même profils que ce soit boulanger, garagiste, etc (et on voit très bien la différence dans la qualité du produit fini). On recherche tous le passionné mais comme l’informatique recrute à our de bras, ce type de profil est moins fréquent. Dans le nourricier il y a des bons et des moins bons le “problème” c’est qu’ils doivent représenter 80% de la profession :/

    Donc quand on parle pénurie de devs, on parle surtout de la pénurie de devs pasionnés et ça malheureusement ça ne s’apprend pas….

  • sayoun

    @Sam Très bon article, mais je voulais savoir ce que tu penses des jeunes qui sortent de l’école 42 ? Pour en avoir croisé certains en entretien, ils ont un bon gros melon et sont assez arrogants, mais ont l’air d’être assez compétents et sur des technos assez modernes.

  • foxmask

    @Sam pour la case “ceux qui ont 3 enfants et qui ne peuvent pas. Peuvent pas quoi, je ne sais pas”.

    il y a plein de raisons pour lesquelles on voudrait bien …

    Genre j’aimerai me barrer d’ile de france pour la Bretagne (mais pas n’importe où, quand on prend de la bouteille on est plus regardant) donc pret à faire 500 bornes pour changer de situation mais ya “des” mais :

    0) mais je te passerai les raisons perso du genre hopitaux/ecoles

    1) mais pas les SSII – devoir faire des tests d’aptitude à chaque mission c’est nase quand t’as 20 piges d’XP derrière toi. Je pense pas qu’on demande à un cuisto s’il sait faire cuire un oeuf apres tout ce temps.

    Cette façon de faire de ces entreprises, à mon sens, montre une incapacité à savoir vendre un profil et un total manque confiance en toi. Ou plus simplement, te recrute pour te “vendre” au client sans chercher à te connaitre.

    Et du coté du client qui joue ce jeu, faudrait aussi qu’il se pose des questions, sur ces SSII.

    D’ailleurs l’un d’eux lors d’un test me demande de lui dire ce que fait sa regexp, si elle retourne tel ou tel resultat, je lui ai dit qu’elle ne retournait rien … parce qu’elle etait fausse

    2) mais si après avoir fait 500 bornes, la boite qui recrute ne te garde pas pour X ou Y raison, avec nos revenus, la famille finie sous les ponts dans les 3mois…

    Partir loin c’est déjà en soi un gros risque si t’as pas “une attache” dans le coin vers qui te tourner quand ca se passe pas bien.

    Ensuite j’ai beau baigné dans l’opensource depuis 15ans, c’est pas mon compte github qui m’a servi de vitrine pour décrocher un job, mais bien du “réseautage” (sur IRC m’sieurs ‘dames!).

    Les rézal social peuvent aller se rhabiller, à part générer du bruit tout le temps que je m’y trouvais, ca n’a strictement servit … que ces rezal social à se faire des sous sur nos profils.

    Par contre là où le bas blesse, c’est que mon quotidien pro n’est plus le dev, donc pour retourner dans ce milieux, je ponds des projets libres / articles, me rends à des conf/meetup etc, mais à la longue ça pompe énormément d’énergie au point ou je fini pas plus avoir de jus, alors qu’il suffirait de trouver un acolyte pour un projet libre pour se remotiver.

    Les meetup sont sympa pour se rebooster mais le soufflé retombe vite quand les feedbacks attendus ne sont pas au rendez vous.

    Donc au final je perds beaucoup de temps à trouver la boite qu’il me faut.

    Voilà le pourquoi de l’un de “ceux qui ont 3 enfants et ne peuvent pas”.

  • Sam Post author

    Je n’en ai pas rencontré donc je ne sais pas.

    Je suis par contre mitigé sur le principe de l’école 42. “marche ou crève” fonctionne pour extraire (et non produire) des profiles productifs d’une masse de matière première, mais :

    • on gache beaucoup de potentiel au passage
    • on rend des gens malheureux
    • on écrème tout un tas de profiles importants dans une équipe qui ne sont pas d’excellents dev, mais qu’on pourrait rendre suffisament bons : motivateurs, lisseurs, connecteurs, etc.
    • c’est une forme de monoculture. Efficace sur le court terme, répond à un problème local, mais on a besoin de plus pour équilibrer l’écosystème
  • Augier

    Je suis par contre mitigé sur le principe de l’école 42. “marche ou crève” fonctionne pour extraire (et non produire) des profiles productifs d’une masse de matière première

    C’est aussi le principe de l’ÉPITA. Le problème, c’est que ce n’est pas ça, le rôle d’une école. Le rôle d’une école, c’est de former, d’apprendre, pa de filtrer ceux qui, au préalable ont déjà le profil…

  • Wulfy

    Salut à tous,

    très intéressant comme article et beaucoup de vérités.

    Je vais essayer aussi d’apporter ma pierre aux témoignages déjà bien complets.

    Ancien dev je suis passé chef de projet du coup je peux vous donner la vision des 2 mondes (dev et produit).

    En tant que DEV

    Tout d’abord je suis d’accord que beaucoup de formations (5ans aussi pour ma part) ne nous forment pas directement aux technos et quelque part je trouve ça normal.

    Vu la vitesse à laquelle ces technos naissent, évoluent et pour certaines meurent, cela devient compliqué de former des enseignants et monter des programmes de formation.

    Pour ma part j’ai pu me faire les dents sur les langages classiques d’apprentissage (ADA,C,PHP,JAVA, LISP, etc.).

    Ils m’ont permis de comprendre les rouages car l’informatique n’est pas que du code. Oui je suis un “papy” qui soutient que savoir que telle ou telle action a un impact mémoire/processeur/réseau etc. est important.

    C’est cette sensibilité que l’on apprend et qui permet à un dev d’avoir le recule nécessaire pour comprendre les problèmes et chercher des solutions. C’est comme si on vous faisait travailler sur un bateau sans savoir nager. Quand tout va bien pas de soucis mais si le bateau a un problème savoir nager vous permettra de vous en sortir plus facilement que d’autres.

    Là où je rejoins la plupart des commentaires c’est qu’il est quand même important d’aborder les technos récentes à un moment dans la formation histoire d’élargir le champ de vision des étudiants , mais surtout leur apprendre à utiliser les outils de veille (ca parait con mais ce n’est pas une évidence pour tout le monde).

    En tant que CDP

    Là je change de casquette pour vous parler un peu des problèmes d’inertie dans une boîte et pourquoi “on est réfractaire au changement”, “les développeurs sont mal valorisés”, etc.

    Alors déjà je sens que tout le monde se pose la question: Je suis passé CDP car je trouve que j’ai + de liberté et j’ai décidé d’oeuvrer pour changer ce qui me faisait ch…. quand j’étais dev (bon et aussi parce que quand on devient papa on a moins le temps de se maintenir au niveau des petits jeunes qui dorment 5h/nuit) . Je reste cependant passionné par la tech et continue d’en faire mais comme il me plait :)

    Et non CDP ne dirige pas des équipes de développement mais il fait partie de l’équipe (comme ça on évitera les commentaires troll :) )

    Alors pour la partie témoignage, pour ma part, j’entends souvent dans les équipes des demandes de changer de techno pour pleins de bonnes raisons.

    Problème : souvent la demande n’est pas décisive vs notre besoin et elle s’appuie sur des technos récentes et pas toujours bien éprouvées.

    Par exemple on a eu droit à Angular c’est génial, puis 2mois après non React c’est mieux.

    Le gros problème à mon niveau et aussi niveau direction est de pouvoir continuer à innover sans tomber dans un effet “girouette” et multiplier les stacks sur les projets (déjà nous en avons 2 gros sur react mais un avec FLUX et l’autre avec REDUX. Ca peut paraitre bénin comme différence mais l’approche est différente. Quand on ajoute toutes les libs associées, ca devient vite compliqué).

    Il faut bien voir que passer à une nouvelle version ou une nouvelle techno c’est prendre le risque d’essuyer les plâtres, former ses équipes, ne pas répondre complètement au besoin (car , à moins de se faire aider d’un expert on ne maitrise pas l’outil et les impératifs techniques) et peut etre au final se rendre compte que pendant ce temps une nouvelle version est sortie qui change tout ou la solution a disparu.

    Cette vitesse est compliquée à suivre pour la plupart des structures (peut etre est ce un pb francais). Mais le temps de monter en compétence, la valoriser (he oui faut que ça rapporte quelque chose) et le mettre en place, souvent cela représente une prise de risque.

    D’ailleurs comment reprocher à quelqu’un qui mets de l’argent dans des développements de se contenter de ce qui marche bien est est éprouvé? Sur lequel on maitrise nos temps de développements et nos coûts de maintenance?

    C’est ce qui m’amène au dernier point, la valorisation des devs.

    Beaucoup de sociétés ont un fonctionnement pyramidale où les dirigeants ont été formés à diriger n’importe quel type de profil. Pour eux un maçon ou un développeur au final ca ce gère de la même manière.

    Etant donné que les technos avancent rapidement, ils préfèrent passer par des SSII qui leur fourniront les personnes adéquates lorsqu’ils en ont besoin et ils pourront s’en séparer quand le travail sera terminé (pas besoin d’autant de personnes pour maintenir un site que le développer). En plus ça permet à ses équipes de se former “gratos”.

    Vu que c’est un prestataire on cherche à le payer le moins possible, du coup les SSII tirent les salaires vers le bas.

    Oui il y a un problème de valorisation des devs , mais c’est notre mode de fonctionnement qui veut ça.

    Nos dirigeants ont du mal à s’engager sur le digital, du coup peu de SSII se spécialisent dans un domaine pour éviter les risques, là où aux US ils se focalisent sur un truc mais ils le font bien.

    Je pense que la tendance est en train de s’inverser mais il faut continuer à prêcher la bonne parole :)

    J’ai la chance de travailler pour un employeur qui est sensible à ces problématiques et a su garder une ambiance “startup” mais je comprends la frustration de ceux qui sont encore bloqués dans ces anciens modes de fonctionnement

  • Steve

    Bon article.

    La formation des écoles est une chose, mais souvent la formation dans les entreprises ne suit pas non plus.

    De plus, trop souvent, les recruteurs recherchent le profil idéal, mais ne s’ouvrent pas aux profils capables d’apprendre à faire le boulot voir à former. Les recruteurs – voir les managers – ne connaissent souvent pas notre métier et devrait également se former et se mettre à jour. D’où les trop nombreuses annonces farfelues qui sévissent encore… Et je ne parle pas des nouveautés dont souvent les notions sont très vagues.

    Trouver un bon développeur est difficile certes, mais l’apprécier l’est également.

  • fin1

    Bon resumē, je ne pense pas qu’il soit necessaire de connaître c++ pour faire du web même si bien utilisé aussi. @sam quand aux etudes, elles permettent de s’en sortir avec ces nouveaux stacks (api rest, webservices, micro-services, front-end, secu server··)

  • Homer

    heu ok…

    et du coup, un jeune qui commence, a part abandonner, tu lui conseillerait quoi? surtout si il n’est plus très jeune :)

  • Pierre

    @Homer: l’important est de faire ce qui te plait. Je n’ai pas fait d’études, j’ai 21 ans et j’ai déjà deux ans d’expérience sur le dos dans le web dev. J’ai commencé avec PHP, et je bouge petit à petit sur du full-stack Javascript, car c’est ce qui me plait, je fais des projets à côté qui sont sur Github etc…

    J’ai toujours travaillé dans des petites structures, qui restent flexibles, et où j’avais un gros impact dans les décision malgré ma jeunesse. Là j’ai commencé un travail dans une grosse SSII, et je me rends compte que je préférais les petites structures (<10 personnes). C’est là que je m’éclate.

    Donc non, tous les devs ne sont pas pourris, mais il faut montrer qu’on en veut, qu’on est passionné par ce qu’ont fait, et surtout, SURTOUT: FAITES DE LA VEILLE. C’est le plus important. Je ne dis pas qu’il faut apprendre le dernier bundler JS dernier cri qui sera obsolète dans 6 mois, mais juste se tenir au courant de ce qui se passe dans cet écosystème. Je n’en ai jamais fait, mais je m’informe sur ce qui se passe dans le monde de Python, Ruby on Rails, etc… je compare les avantages et inconvénients avec les techs que j’utilise et ainsi de suite. Participez aux meetups de votre région, parlez avec d’autres devs de votre région et du monde, intéressez vous…

    Un ami me disait qu’il s’était fait engueuler par sa copine un soir, car il lisait des articles quelconques, et il testait des bouts de code dans sa console à côté: “Arrête le travail un peu !”. Lui a essayé de se justifier: “ce n’est pas pour le boulot, c’est juste que ça m’intéresse et je fais ça pour le plaisir”. Et au final il est bon. Car il sait remettre en question son stack si nécessaire.

  • thomas

    C’est marrant, d’après tous les commentaires, tout le monde est dans cette situation injuste… Enfaite je pense qu’il y a un second problème dans l’informatique : l’égo.

    Comme tu le dis, “le dev c’est quand même un des métiers les plus permissifs du monde”. Il y a presque une part “personnel” dans le développement : on peu arriver au même résultats avec plusieurs méthodes. On prend des habitudes et souvent on développe un style personnel, comme les artisans.

    On peu parler aussi des dév fraichement recrutés arrivent dans les boites les points en avant (moi le premier) persuadé qu’ils vont révolutionner le projet, qu’ils ont la science infuse, qu’il faut claquer toutes les dernières technos, que les autres collaborateurs sont des has been et que le travail qui a été fait avant “c’est bordélique et mal codé” ?

  • Killbill

    Si je comprends bien, faute d’avoir un modèle économique viable, les SSII et autres start-ups s’en attendent de leurs devs qu’ils leur sauvent la mise. Ça ne s’est pas arrangé depuis que j’ai quitté ce merveilleux petit monde.

    Je ne suis pas mécontent d’avoir débuté au milieu des années 90 (époque où on ne recherchait pas encore des moutons à 5 pattes ultra-compétents et prêts à bosser pour des cacahuètes), de m’être spécialité dans l’informatique industrielle où les technos ne changent pas tous les 6 mois et de m’être fait une clientèle pérenne même si la crise m’a obligé à aller bosser en Allemagne dernièrement.

  • Bibo

    “Ceux qui ont 3 enfants et qui ne peuvent pas. Peuvent pas quoi, je ne sais pas, mais ils peuvent pas.”

    Peut être que tout simplement que beaucoup de gens ne sont pas prêt à sacrifier la stabilité familiale et/ou leur vie de couple?

    Pourquoi se lancer dans une aventure éphémère où la prise de risque n’est souvent pas récompensée? Tout le monde n’aspire pas à cette vie là, ça n’en fait pas des incompétents et ce sont souvent des gens plus loyaux que beaucoup de freelance…

    Moi je suis jeune, sans crédit et sans enfant donc je m’en fous… mais je ne comprend pas qu’on reproche à ces gens de rechercher un peu de stabilité dans ce monde de brute!

  • Fougere

    “Alors je ne dis pas que tout le monde embauche. Je ne prétends pas qu’il suffit de se balader avec une pancarte dans la rue avec marqué « échange COBOL contre soussous » pour faire fortune.”

    ==> J’ai 26 piges, J’ai fait un DUT Infos en 2 ans ou j’ai étudié le COBOL. Depuis que je suis sortit (5 ans maintenant), j’ai jamais eu besoin de cherché du Taff plus de 2 semaines pour en trouver, et plutôt bien payé.

    Le COBOL, ca rend fous mais ca rend riche !

  • JimmyKerrigan

    Bonjour,

    Très bon article, très intéressant. Je trouve qu’il prend à contrepied l’avis de MUNCI au sujet de la “Pénurie” d’informaticiens, et c’est intéressant d’avoir des avis contradictoires.

    Genre : https://munci.org/Penurie-d-informaticiens-un-mythe-planetaire

    Bon, on est d’accord, le dev informatique moderne est très exigeant, et très peu de gens sont au niveau – moi le premier – et d’un autre côté les boîtes vont tout faire pour tirer les prix vers le bas. Forcément ça ne va pas bien marcher …

    Ma boîte a embauché un freelance pour faire CDP SW sur un projet, un très bon, très expérimenté, un vrai bonheur de travailler avec lui. En claquant son téléphone à l’issue d’une conversation de 20 minutes avec un des prestas du client qui ne savait pas comment calculer un CRC sur une trame CAN, il me dit: “Franchement, si vous avez de la concurrence à craindre, elle ne viendra pas des SSII, c’est moi qui te le dit”.

    Bon, je travaille dans l’électronique automobile, c’est très très différent du dev web. C’est un milieu terriblement conservateur, aussi bien du fait des contraintes techniques, de coût, et de l’histoire. Les clients dans ce milieu me donnent l’impression de marcher par traumatismes: on a eu un problème ultra-grave à un moment, donc maintenant on met systématiquement des moyens pour éviter que ce problème particulier ne se reproduise sur TOUS les autres produits que l’on fait. Exemple typique : on a réussi que très récemment à faire comprendre à nos chefs, et à nos clients, que faire un auto-test RAM sur un microcontrôleur qui intègre sa propre RAM, ça n’avait pas d’intérêt, à part ajouter des sources de bugs. C’est d’ailleurs un running-gag dans ma boîte maintenant. “Dédé, ya un bug sur une mise à l’échelle sur une mesure analogique dans ta dernière livraison. A tous les coups c’est à cause de l’auto-test RAM qu’on a pas mis. Tu pourrais le remettre qu’on voit si ça résout le problème ? (RIRES)” [/HS]

    Je ne peux pas m’empêcher de sombrer dans la généralité, mais quand-même je suis surpris de ne rien avoir vu apparaître sous cet angle dans le débat (articles + commentaires) : quid de la motivation des jeunes aujourd’hui ? Je suis arrivé sur le “marché du travail” en 2008, en pleine “crise”. Sorti d’école d’ingé, bien conscient de mon incompétence, et que mon diplôme valait peu plus qu’une médaillle en chocolat. (Mais bon, on est en France, et en France ce qui compte à l’embauche c’est le diplôme) Entre la poutre et la corde et la galère en SSI – comme tant d’autres autour de moi – j’ai sorti la tête de l’eau à un moment, qui a coïncidé avec le moment où je me suis rendu compte que je pouvais utiliser ce que j’avais appris pour faire des trucs pour moi. Pour MOI, pas pour gagner de l’argent, pas pour un job ou quoi, juste GRATUITEMENT ! Et donc ça m’a intéressé plus, et j’ai bossé plus sérieusement, et mon taff s’est amélioré, et mon taff a été apprécié, et j’ai décroché un CDI pour un taff intéressant. Pour moi c’est assez proche du fait de contribuer à l’open-source, c’est de la mise en oeuvre de ses compétences, qui vont mécaniquement être utiles pour se “vendre”. Mais qu’est-ce qui compte vraiment là-dedans ? Le fait de travailler gratuitement et de le montrer (utiliser son Github comme CV) en jouant le jeu de la “passion du dev” ? (c’est bien connu, la passion ça remplace la bouffe qu’on a pas dans l’assiette, donc pas besoin de payer pour les gens passionnés) Ou bien le simple fait qu’on est mieux quand on ne bosse pas que pour produire le fric qui nous sert à vivre ? (même si on est bien content d’en gagner pas mal, rapport au confort) Et que donc, mécaniquement, on est un meilleur dev pro quand on est aime le dev en-dehors du monde pro ?

    Ca me surprend beaucoup que personne n’ait relevé ce point. Tout le monde a l’air à l’unisson sur la “nécessité” de répondre aux “exigences du marché”, et donc que “les formations ne sont pas adaptées” (ça je veux bien le croire) et qu’il faut “montrer que l’on est passionné”. Bon, ok, on parle de la “pénurie” sur le “marché du travail”, donc mon point de vue est hors-sujet. Désolé … Je vais arrêter avant d’atteindre le point Friot.

    Pour revenir sur le sujet, je plussoie sur un point : effectivement le dev web est un des rares domaines techniques où on peu bosser chez soi, avec peu de moyens (un ordi et une connexion internet quand-même), donc il n’y a pas d’excuse pour ne pas se former, surtout quand on a du temps-libre – étudiant / chômeur. Grâce à des innitiatives comme Arduino, Mbed et cie cette facilité d’accès est en train de se développer sur l’emarqué aussi, ce que je trouve bien.

  • Sam Post author

    @Homer: faire une veille quotidienne, se rapprocher d’une asso de passionnés types hackerspace. Et puis pratiquer, pratiquer, pratiquer. C’est plus facile si on aime ça, parce qu’il faut beaucoup coder, beaucoup merder pour prendre de l’xp.

  • Etienne Z

    Merci pour cet article. Etant de l’autre côté (employeur), je confirme qu’il est très difficile de trouver des passionnés, ou à défaut des développeurs compétents et qui font de la veille, ayant accepté que tous les 6 mois une révolution technique nous attend.

    Je pense que ces profils cherchent des postes “cools” où l’on fait beaucoup de R&D. Et c’est là qu’il est difficile de suivre quand on est prestataire. Nous par exemple faisons beaucoup de Magento. C’est clairement ce qui nous fait vivre, et c’est clair que c’est pas ultra-fun, mais plutôt toujours un peu pareil et avec un gros bousin à gérer. Mais c’est ce qui permet de financer des petites phases de R&D ça et là.

    Nous cherchons aussi à partager au maximum la réussite et la croissance de la société : augmentation progressive et régulière des salaires, PEE, mutuelle prise en charge à 100%, formations, conférences, certifications, restaurants.

    Mais comme tu le dis, les plus gros qui ont compris le truc ont des offres bien plus attirantes….mais c’est des gros.

    Alors, je fais l’opportuniste, si un développeur web toulousain cherche un poste dans une TPE (6 personnes) pour faire du React, du Falcor et d’autres trucs sympas, et aussi du Magento, en agilité, avec des tests (TDD même !) en étant bien traité avec un CTO super cool (c’est pas moi je précise), on recrute sur http://www.occitech.fr.

    Bonne continuation à tous.

  • bobo

    Nous sommes les nouveaux ouvriers spécialisés, nous sommes les bras armés du capitalisme dans le sens où notre job est de rationaliser les processus de production. Quand le capitalisme aura terminé sa revolution numerique, nous finirons comme les ouvriers de l’industrie : au chômage.

  • bobo

    Dans l’analyse, il est bon de séparer Paris de la Province. Si à Paris c’est plutôt simple de trouver un poste, ce n’est pas le cas de la province.

  • bobo

    J’adore les coms des gars de 20 ans qui font des analyses sur le marché du taff, avoir encore du lait au bout du nez et avoir tant d’assurance, ça me la coupe. Ces jeunes vont connaitre de fortes déconvenues.

  • foxmask

    @etienne tu paaseras le bonjour de ma part à pierre, le Baker cakephp ;)

  • Paul

    Je trouve qu’il y a un peu trop d’extrapolations et d’exagérations dans ce billet…

    Il existe des données fiables et exhaustives qui montrent bien que la pénurie de développeurs, et plus généralement d’informaticiens, est une idée totalement fausse en France comme dans d’autres pays.

    Quelques exemples : .

    . il y a actuellement 16 000 développeurs au chômage en France inscrits à Pole Emploi en cat. A (c’est à dire sans aucune activité prof. et immédiatement disponibles) et 22 000 toutes catégories confondues (c’est à dire ayant au mieux une activité prof. à temps partiel ou suivant un stage professionnel) (sources : Pole Emploi)

    . le nombre de développeurs et plus généralement d’informaticiens au chômage augmente plus vite que le chômage moyen en France : +81% depuis 6 ans !!! Contre +56% pour l’ensemble des métiers (sources : Pole Emploi, cf. https://twitter.com/RGranarolo/status/670193570561789952)

    . il y a en moyenne 24 candidatures pour une offre d’emploi de cadre informaticien sur le site de l’Apec (sources : Apec)

    Qui sont ces développeurs au chômage ?

    Évidemment pas de jeunes bac+5 ayant 1 à 5 ans d’expérience qui constituent… 73% des recrutements d’informaticiens en France !!! A comparer aux 50% pour le reste du marché du travail… (sources : Apec)

    Ceux sont pour la plupart :

    – des plus de 35 ans

    – des bac+2/+3 (14% de taux de demandeurs d’emploi chez les informaticiens ETAM… contre 6% chez les IC)

    – des demandeurs d’emploi qui ont plus de 6 mois d’inscription au chômage (rappelons que nos SSII et même DSI préfèrent débaucher des candidats déjà en poste…)*

    – des étrangers maitrisant bien mal le français

    – et bien entendu des développeurs qui n’ont pas (eu) la possibilité de se former à des technos récentes avec au minimum une certification reconnue à la clé (désormais obligatoire, l’autoformation n’ayant aucune valeur comme chacun sait…)

    Et tous ceux-là sont beaucoup plus nombreux que vous le pensez…

    A lire sur le sujet : https://munci.org/emploi-informatique.pdf

    Ou encore : http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/02/numerique-detruit-lemploi-sein-numerique-256332

    Voir aussi : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/xls/2015-091_les_tensions_sur_le_marche_du_travail_au_3e_trimestre_2015_donnees_a_telecharger.xls

  • Guus

    Bonjour à tous,

    Je ne saurais dire s’il s’agit d’un très bon article mais en tout cas, il est très intéressant !

    Il y a énormément de choses qui ont déjà été dites dans les commentaire, cependant il me tenait à cœur d’apporter mon avis!

    Tout d’abord, voici mon background : fraichement diplômé d’une formation universitaire MIAGE , j’ai fais 5 ans d’alternance au sein d’une grosse ESN pour la DSI. J’ai d’abord commencé par du support user, puis j’ai évolué vers des tâches de cartographie applicative et autres études de transformation du SI. J’ai adoré mes 5 années d’alternance, car rapidement, j’étais pris au sérieux et mon avis devenait important auprès de mes collègues et de ma hiérarchie : on m’a vraiment donné ma chance. Toutefois, je pense que je n’aurais pas du me retrouver dans cette situation puisqu’à la sortie du diplôme, direction une nouvelle entreprise (une autre grosse ESN, dont les initiales donnent le terme SS… mais c’est surtout pour la blague) et là, et bien retour au statut de “newbi” et ça a été dur pour l’égo.

    après je me dois d’être honnête avec moi-même, j’arrive sur un mission de dev et la totalité de mon alternance s’est fait sans développement (hors projets universitaire).

    Admettons.

    Mis de côté ma frustration personnelle, je sais que grâce à mes années d’alternance, le monde de l’entreprise ne me réservait aucune surprise particulière et j’ai rapidement réussi a ne plus être pris pour un con… Toujours sans responsabilité, mais on ne me prend plus pour un con.

    fin du background.

    Je tiens à réagir sur la qualité des devs sortis de l’école.

    Tout d’abord, il est très compliqué de généralisé ! Mon avis n’engagera donc que moi.

    Lorsque j’ai fais ma première année “sérieuse” à la fac, en math/physique/info, j’ai “découvert” les joies du C. C’était marrant soit, mais il manquait quelque chose d’essentiel pour faire de bons informaticiens : les notions algorithmique.

    J’ai donc réalisé, au bout de 3 ans d’informatique, que tous mes codes étaient moisie (comme ma réflexion) par ce qu’on ne m’a jamais apprit les notions de complexité, de pseudo-code pour préparer le dev etc… J’ai eu ce cours en BAC+3 !!!

    De plus, dans mon premier BAC+3 (licence PRO) on a attaqué le JAVA. J’ai eu l’occasion de reprendre les notions d’objets lors de mon second BAC+3 (ça devient compliqué : j’ai fais 2 licences). Et bien, lors de ma licence PRO, on m’a fait faire du JAVA comme du C. Sans objet ou sans nous l’expliquer, pas d’héritage etc… a peine quelques notions d’UML !

    Pour résumé : lors de ma première “branche” universitaire, j’ai fais du dev sans notion d’algo (ou ci-peu, l’exemple du loup, du mouton et de la salade qu’il faut faire traversé au mieux…), j’ai appris le JAVA de travers, et je n’avais aucune notion correcte de modélisation. Laissez-moi vous dire que ça m’a fait tout drôle lorsque je suis arrivé en MIAGE…

    Par contre à partir de là, j’ai été gâté !

    Cours dédié pour les principes objet, cours dédié UML, cours de génie logiciel basé sur les designs pattern du GOF, multiple projet avec choix (ou non) du langage etc… Bref, j’ai eu la chance de pouvoir sérieusement rectifier le tire concernant le développement !

    Au final, je pense être un dev très souple sur les technos, curieux et qui sait s’en sortir dans beaucoup de situation!

    Par contre, je sais que certain de mes camarades de promotion ont continué leurs études dans des “écoles d’ingénieurs” et là, je pense que le résultat à la sortie n’est pas le même. Ceux auxquels je pense ont fait 2 ans de pissage de code et de projet sans aucun enseignement (bon d’accord, c’est l’informatique, y’a internet ! on trouve tous les cours! …parait-il). Ce qui m’inquiète avec ce genre de parcours, c’est qu’on arrive en entreprise sans aucune notion de besoins fonctionnels de l’entreprise (ou du client). On est bon pour être un codeur fou qui ne se pose pas trop de question!

    Attention, je ne veux vexer personne par mes propos, c’est mon point de vue!

    Voilà donc en ce qui concerne le côté étude (pour résumé : on peut mal apprendre dès le début, ne pas avoir de notion d’algo c’est une aberration, avoir des enseignants passionnés c’est une réelle chance).

    J’espère que ce bloque de texte n’est pas trop indigeste… pour mon premier commentaire chez S&M!

    Bonne continuation à tous et courage à tous ceux qui sont au boulot (ou en recherche de boulot) !

  • Jean-Philippe Encausse

    Effectivement je constate plusieurs phénomènes:

    Les gens techniques en France ne sont pas bien considérés et les salaires ne suivent pas vraiment. Alors que c’est un métiers ou il faut absolument s’auto former tout le temps… mais c’est comme cela depuis 10ans. D’ou le nombre croissant de Freelance, mais il faut savoir faire le commercial…
    Oui il y a du boulot, de la demande pour Joomla mais bon … qui veut faire du Joomla ? C’est un peu vieillot non ? J’ai remarqué qu’il y avait souvent 2ans de retard entre les boites (grands comptes) Françaises et US. Et pour bien travailler faut aimer ce qu’on fait !
    Actuellement avec SARAH (http://sarah.encausse.net) je fais le grand écart entre Web, IoT, Computer Vision, Native UI et Cloud car de nos jours si l’on souhaite réaliser un truc il faut maîtriser toute la stack. Malgré tout j’ai du mal à trouver / rejoindre une boite Française qui utilise ces nouvelles technos (qui ont + de 3ans) pour révolutionner un marché.
    Il y a l’effet SSII, aux US ce sont souvent les éditeurs qui ont des “Professional Services” ou des “Tech Evangelist” en France nous avons beaucoup de SSII qui prennent des gens pour une techno “rentable”. C’est louable en terme de business model mais elles demandent à un mec (qui doit tout le temps se former) de bosser sur une techno N-2. D’où aussi l’effet startup ou la même personne est sur des technos N et se fait racheté par un grand compte qui ne sait pas innover…

    Une solution ?

    – Les boites françaises doivent être plus agiles, arrêter le management pyramidal, et cultiver l’innovation pour choisir des technos “à jour” et limiter la dette technique

    – L’IT est trop rigide, crispé par le cloud et se fait court-circuité par le Marketing qui externalise… il faut réconcilier ces métiers, avoir des équipes projets innovantes en interne.

    – Les développeurs doivent plus communiquer sur leurs métiers, trop peu de gens font des articles de blog, vont aux meetup, … et surtout ça doit faire partie du job !

  • buffalo974

    Est-ce que c’est recrutable quelqu’un qui a marqué sur son CV :

    ” j’ai appris python sur openclassroom et sametmax et je ne fais que du python.

    Bilingue sur stackoverflow, je code des tout petits jeux sous pygame”.

    Sinon, quel est le CV minimal recrutable pour un pythoniste ?

    Je cherche pas un poste mais c’est juste pour savoir, vu qu’on parle de pénurie de dev sur un blog python…

  • Seb

    Salut à tous,

    Je suis actuellement en complète reconversion. J’étais infographiste, puis j’ai travaillé dans le jeu vidéo par la suite.

    J’ai une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de l’image avec un profil semi-technique.

    J’ai quitté mon job il y a quelques mois pour changer de voie car j’en avais un peu marre de la routine, et j’adore apprendre de nouvelles choses, c’est d’ailleurs ce qui me stimule le plus.

    Du coup, j’apprends par moi-même depuis environ 3 / 4 mois le développement, à raison de 10h / 12h par jour environ.

    J’ai commencé simple avec HTML5 et CSS3, puis doucement j’ai basculé sur le JS.

    Je me suis ensuite tourné vers Ruby et Rails pour pouvoir faire des sites complets (C’est ce qui me semblait “à la mode” quand je vois les formations actuelles en France), et c’est là où j’en suis dans mon apprentissage.

    Je ne connais pas encore la suite exacte de mon apprentissage, il y a tellement à voir qu’il est difficile de faire des choix, surtout que concrètement je suis peu entouré de devs web qui ne jurent pas que par PHP.

    Tout ce que vous dites ici me fait flipper (Surtout la partie concernant les “nouveaux devs”)

    Je me suis en effet donné du temps pour être “employable”, c’est à dire que je compte apprendre jusqu’à une date butoir (1 an) avant de faire du Freelance pour me créer un semblant de portfolio, et une seconde (2 ans) avant de postuler à des annonces.

    J’avais la sensation qu’au bout de ces 2 ans, je ne serai probablement pas expert dans mon domaine, mais que mes compétences seraient suffisantes pour être mises à disposition en entreprise. (Je suis peut-être optimiste, je ne sais pas)

    Mon but n’est pas d’être médiocre ou d’être un “naze” du code, comme écrit plus haut.

    Mon but, c’est d’apprendre, encore et toujours, d’être efficace et productif dans ce domaine et de prendre mon pied à coder.

    Du coup, quelle est la recette ? Y a t-il un guide magique indiquant toutes les étapes d’apprentissage pour devenir un développeur qui correspond à la définition de ce que vous pensez être un bon développeur, mais surtout, avec qui vous aimeriez travailler ?

    Car si c’est le cas, je suis ultra-preneur, et ça serait une belle conclusion à cette article qui quand même, est un peu déprimant de mon point de vue.

  • Etienne Z

    Paul,

    Je pense qu’on ne parle pas des mêmes développeurs. 95% des développeurs se font chier, font de la merde (ce qu’on leur demande), sont mal traités et (du coup) n’en ont rien à cirer de la culture du développement, et de fait ne progressent pas. Ce n’est pas de ceux-là dont on parle, et dans ceux-là il y a du chômage, oui. Car VisualBasic et Windev sont morts et qu’ils ne trouvent pas de postes dans ce qu’ils connaissent, ils ne sortent pas de leur zone de confort, entre autre.

    Les chiffres que tu as trouvé sont certes corrects mais, comme les chiffres du chômage en général en France, ne reflètent pas la réalité. Je ne lancerai pas un débat ici et maintenant sur le confort des allocations chômage dans notre cher pays…

    L’auto-formation n’a aucune valeur ??? Pas du tout d’accord. Je peux engager demain un dév à 36K€ sans qu’il ai le bac ou de certification ! Et je ne suis pas une exception. Ce qui compte c’est l’expérience et la motivation.

    Je reste persuadé, pour le voir de mes yeux et à travers des expériences qu’on peut décrier mais qui restent positives (école42, ou plus encore http://simplon.co/) qu’une personne motivée avec un cerveau fonctionnel peut “rapidement et facilement” devenir un profil très recherché par des milliers d’entreprises rien qu’en France.

    Comme dans plusieurs autres branches d’ailleurs, la spécialisation et l’expertise sont les meilleurs moyens de faire un travail qu’on aime et qui soit bien payé. Quand je vois des bons gars qui s’arrachent à faire des wordpress à 590 €, je leur dit : “fais un blog et publie tes astuces, va à des conférences, creuse pendant ton temps libre sur des problèmes pointus”. Car oui y a des clients qui ont besoin d’experts WordPress et qui sont prêt à payer au moins 100 € / H pour ça !

  • Paul

    [Je pense qu’on ne parle pas des mêmes développeurs. 95% des développeurs se font chier, font de la merde (ce qu’on leur demande), sont mal traités et (du coup) n’en ont rien à cirer de la culture du développement, et de fait ne progressent pas. Ce n’est pas de ceux-là dont on parle, et dans ceux-là il y a du chômage, oui. Car VisualBasic et Windev sont morts et qu’ils ne trouvent pas de postes dans ce qu’ils connaissent, ils ne sortent pas de leur zone de confort, entre autre.]

    => Je ne suis que très partiellement d’accord avec toi…

    Tu tiens un discours classique d’employeur qui rejette toute la responsabilité du pbm d’employabilité des dévs au chômage sur leurs compétences, mais tu te trompes pour 2 raisons :

    1. Comme je disais précédemment, l’inadéquation des compétences est loin d’être le seul obstable au recrutement des dévs au chômage (des dévs java/jee, php, python… etc de bon niveau et qui sont au chômage j’en connais pas mal, leur seul tort étant d’avoir de +40 ans ou bien ne pas être bac+5…)

    Par ailleurs, ailleurs Windev est loin d’être mort contrairement à ce que tu dis, et ne parlons pas de VB.NET…

    2. Si tu crois que c’est facile pour un chômeur en info de trouver des formations de qualité dans le développement qui sont financées par pole emploi ou les régions, tu te trompes là aussi lourdement !

    Il faut arrêter avec “la zone de confort”… tous les informaticiens au chômage que je connais n’attendent qu’une seule chose : pouvoir bénéficier d’une bonne formation certifiante au goût du jour pour pouvoir se (ré)insérer sur le marché du travail, mais encore une fois ces formations là sont très rares…

    [L’auto-formation n’a aucune valeur ??? Pas du tout d’accord. Je peux engager demain un dév à 36K€ sans qu’il ai le bac ou de certification ! Et je ne suis pas une exception. Ce qui compte c’est l’expérience et la motivation.]

    => Seuls les petits employeurs (tpe/pme) peuvent tenir ce discours (qui est tout à ton honneur), mais à l’opposé 90% des employeurs vont exiger un diplôme ou une formation certifiante (c’est à dire une formation de quelques mois minimum) y compris dans l’informatique, et peut-être 100% côté DSI et grandes/moyennes SSII.

    L’autoformation n’a aucune valeur pour l’immense majorité des recruteurs, de même que la plupart des certifications éditeurs (pas toutes certes), dès lors que tu ne peux pas démontrer ton niveau de compétences.

    [Je reste persuadé, pour le voir de mes yeux et à travers des expériences qu’on peut décrier mais qui restent positives (école42, ou plus encore http://simplon.co/) qu’une personne motivée avec un cerveau fonctionnel peut “rapidement et facilement” devenir un profil très recherché par des milliers d’entreprises rien qu’en France.]

    => Je dis pas le contraire, encore que former un vrai développeur en quelques mois est une gageure s’il n’a pas à côté un minimum de culture IT plus générale (systèmes/réseaux, data, sécurité…). Quant à 42, on en reparlera à la sortie des premiers diplômés… l’emballement autour de cette pseudo-école à la pseudo-pédagogie discutable est totalement irrationnel AMHA.

  • Etienne Z

    Paul,

    Je respecte ton avis.

    Mais tout autant que tu ne crois pas à l’auto-formation, je ne crois pas aux formations tout court. D’une part parce que les formations de qualité sont rares, et d’autre part car c’est les cas pratiques avec de réelles contraintes qui forment le développeur. De plus je trouve aberrant d’avoir besoin “d’attendre” une formation quand on sait se servir d’internet, c’est pas les ressources qui manquent !!! Et un développeur web est condamné à apprendre toute sa vie, si le gars a besoin d’emblée d’une formation pour se motiver ça donne pas envie !

    http://www.lmgtfy.com/?q=mooc+developpeur+web

    Alors certes pour des grosses boites ça ne rentre pas dans le moule. Mais ces grosses boites ont tout autant de mal à recruter et vont devoir changer leur façon de recruter, de gré ou de force. Enfin, rappelons que la majorité des emplois sont créés par les TPE/PME en général, phénomène certes sensiblement différent avec les SSII mais pas tant que ça.

    Aujourd’hui, un développeur qui tabasse en ReactJS n’a aucun soucis à se faire, quel que soit son âge. Tu peux le dire à tes connaissances au chômage. Chaque développeur, même inexpérimenté, mais avec les capacités intellectuelles qui vont bien, a entre ses mains toutes les clés pour devenir une star (d’UX^^), tu ne m’ôteras pas cette conviction.

    Pour aller plus loin : https://vimeo.com/49830551

  • Homer

    @Sam & Pierre

    Merci pour vos réponses, si j’ai bien compris, vous conseilleriez d’apprendre par l’usage…

    Bon ben je m:’y remet …

    Meilleurs voeux…

  • Sam Post author

    @Seb : il faut pratiquer, et se tenir à jour. Il n’y a pas de recette magique, c’est du taff. On forge pour devenir forgeron et on se renseigne sur ce que les autres forgerons font, et on s’adapte. Puis on recommence. Jusqu’à la retraite.

    Au début il vaut mieux se spécialiser sur une techno et apprendre à bien la maitriser. Ensuite, quand on est à l’aise, il est important de s’essayer à d’autres technos car :

    • cela permet d’apprendre différents paradigmes, c’est à dire des points de vues et des styles de résolution de problème;
    • cela permet de voir les problématiques des autres, comment ils les résolvent, et comment on peut travailler avec eux;
    • cela permet d’avoir plus de cordes à son arc et d’utiliser le bon outil pour le bon usage;
    • c’est plus fun.

    Avoir un projet perso aide beaucoup en la matière. Même inutile, débile, déjà existant en mieux.

    On ne dit pas à un apprenti peintre qu’il ne sert à rien de faire une nature morte car c’est déjà un problème résolu.

    Après il y a des d’autres qualités qui sont plus humaines que techniques qui sont à developper également:

    • l’interaction avec un client (qui peut être son patron ou son collègue, c’est pareil) : savoir communiquer sur l’avancement, faire des demandes, comprendre le besoin, vérifier la satisfaction du besoin, etc.
    • l’interraction avec ses collègues : travailler en équipe, être productif, partager les infos, surmonter les tensions, etc.
    • l’interraction avec soi-même : se motiver pour bosser, rester pragmatique (YAGNI, DRY, mais pas trop), tolérer ses propres erreurs, etc.

    Et là ça demande aussi de la pratique, et de consulter des sources d’information pour s’améliorer sur le sujet. On ne nait pas bon dev.

    Prendre une formation professionnelle sur un de ces points aide à démarrer plus vite et avoir un mentor ou un collègue qui apprend avec soi maintient la motivation car c’est dur de tout faire tout seul, par soi-même.

    Comment faire tout ça peut être une série d’articles d’ailleurs…

  • elgringo

    Un article peu structuré, des commentaires d’enfants de 20 ans. Si vous êtes bon en Python et en pédagogie, vous n’êtes pas terribles sur ces sujets, désolé. C.est du commentaire de commentaire de commentaire.

  • derrick

    Merci pour cette article même si je suis pas d’accord avec pas mal de constatations.

    Dans ma boite on a fait passer des tests techniques à des potentiels stagiaires(des algos un peu plus compliqué que le fizzbuzzz) et la plupart ont réussi. Donc pour ma part, leurs connaissances en algorithmique était suffisantes. Après oui ils n’étaient pas spécialisé dans une stack, et encore heureux. On leur demande de pouvoir s’adapter rapidement (et c’est ce qu’ils apprennent a l’école en se tapant un planqué de technos +/- utilisées). Il y a 12 ans je faisais du python à la fac, comme quoi on apprend pas que des trucs qui ne servent à rien :-)

    Je penses que le problème de l’informatique actuel est que tout se complexifie, pour faire une simple appli web la stack est monstrueuse ( des problématiques d’archi technique jusqu’a des compétence de graphiste) et que souvent on te demande se tout savoir faire. Il n’y a plus de dba, ni d’archi maintenant sur les projets, tout le monde doit savoir construire ses requêtes (no)/sql, configurer son apache, son proxy, faire de l’angular, du pre-processing css, des services REST, et bien entendu les tests de charges/perf qui vont bien. Et là je ne parle même par de la partie OPS.

    Alors oui une solution est de faire de la veille techno, mais là tout le monde ne veut pas/ne peut pas en faire.

    Je ne pense pas que ce soit trop demander que de vouloir passer 1 heure le soir avec ces enfants (de 7h à 8h) puis de passer sa soirée avec sa moitié ou de faire du sport. (parce que le sport le midi ….)

    Aujourd’hui il est de plus en plus compliqué d’expliquer qu’on veut un travail passionnant, mais qui se termine à 19h. (pas de UG, de veille à la maison, de projet perso).

    Si tu n’as pas de lien github sur ton cv, bah il ne vaux rien (j’exagère un peu :-) )

    Alors oui pour certain personne trouver un job peut être compliqué, si on habite la pampa (ton exemple de connection 56k) qu’est ce qu’on fait ? on déménage? on demande à son conjoint de trouver un nouveau job en ville? à ses enfants de changer d’école ?

    Je trouve ton post très élitistes. Oui peut être que les passionnés à 100%, ceux qui donne tout à l’informatique ne sont pas assez reconnu. Mais peut être aussi que les recruteurs recherchent uniquement des profils dévoués corps et âmes à leur boulot.

    L’informatique a énormément changé en 10 ans, et les profils de d’informaticiens vont de la recherche d’un emploie alimentaire pour certain, à la raison de vivre pour d’autre. Peut être y a t’il moyen de combler tout le monde ?

  • Sam Post author

    Si tu vis au fin fond de la campagne, tu auras plus de mal à trouver du boulot. Rien de mal à ça, c’est juste la situation, et donc un choix de vie. On choisit son lieu de vie, en payant le prix d’un marché du travail moins accessible. Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas trouver un bon poste à la campagne, juste que c’est plus dur.

    Si tu vis en Angleterre, tu auras plus de pluie, si tu vis aux Emirates, le plein d’essence sera moins cher, etc.

  • KerTakanov

    Salut, étudiant en fac info (licence 2), je me demande vraiment si faire un master me sera réellement utile (vu le peu que j’ai appris jusque là, par rapport à ce que je connais), je compte plus tard faire ma propre boîte d’info (avec déjà une bonne idée), le parcours est-il difficile? Je suis un peu perdu sur où je dois me diriger/faire en ce moment.

  • boblinux

    @KerTakanov

    Fais un master, ça te coùte rien, en temps difficiles t’auras toujours ça a présenter sur ton CV pour avoir un +30% salaire par rapport au bac +3, ce qui est non-négligeable.

    Si tes profs puent pas trop, t’apprendras même des petites choses sympas pdt ton master, ça peut être cool si ton master pue pas trop.

  • Sam Post author

    Une chose importante à retenir : si tu fais comme tout le monde, tu obtiendras la même chose que tout le monde. Donc si tu veux autre chose que ce que tout le monde a, il faut faire differement. Ou avoir un max de chance.

  • pytohs

    j’ai du mal a comprendre le sens de ce que tu veux dire par ton dernier post Sam, une explication plus détaillée aiderait ceux qui sont dans le même cas que KerTakanov

    merci

  • walt

    Ouah, j’ai fini de lire 100% des commentaires, le sujet a inspiré beaucoup de monde, et vos propos sont pour la plupart très intéressants.

    Sorti d’Epita en 2011, juste un truc sur lequel beaucoup de monde se plante selon moi, et que certains ont déjà repris dans leur commentaire, mais sur lequel je me permettrait d’insister une nouvelle fois :

    Une école d’ingénieur ne devrait JAMAIS être pensée uniquement pour “l’employabilité immédiate”.

    Quand certains d’entre vous parlent, on dirait qu’ils espèrent qu’un étudiant en école aujourd’hui n’apprenne que les technos à la mode sur le marché du travail (genre ReactJS dont on parle beaucoup ici).

    C’est très con pour deux raisons :

    1) un ingénieur doit être formé pour résoudre des problèmes, avec des méthodologies. Les technos qu’il apprend à l’école sont juste des exemples d’outils utilisables pour mettre en oeuvre la théorie apprise (algorithmique, méthodologies, etc.). Qu’il apprenne le langage TOTO ou TATA à l’école n’a aucune importance, tant que ces derniers l’aident à être capable d’apprendre TITI plus facilement plus tard, car il y retrouvera des problématiques similaires. Le cerveau humain fonctionne de cette manière : quand il rencontre un problème qu’il a déjà rencontré, il trouvera la solution, même si le problème n’est pas exactement le même. Les technos à la mode ne sont pas forcément celles qui permettent d’appréhender les problématiques les plus utiles à l’ingénieur.

    2) et dans tous les cas, ces technos à la mode seront sûrement mortes dans 3 ans pour la plupart, et l’ingénieur qui sera devenu salarié devra réapprendre de nouvelles technos quoi qu’il arrive. Alors autant qu’il soit “formé à se former” plutôt qu’à en connaitre une par coeur et être dépendant de l’évolution de cette dernière sur le marché.

    Deux types de formations existent, et souvent on distingue les “ingénieurs” (Epita) des “experts” (ex : Epitech) par rapport à ça. En caricaturant fortement ça donnerait :

    Ingénieur = personne capable de résoudre un problème, peu importe le langage, elle saura l’appréhender de par sa forte méthodologie, sa capacité de réflexion, et son adaptabilité. Capacité de mener une équipe contenant des experts pour mener à bien des projets.

    Avantages : flexibilité, employabilité à terme. Inconvénients : nécessite plus de temps pour être opérationnel car moins spécialisés.
    Expert = personne qui sait et sait faire absolument tout sur un ou plusieurs domaines précis, immédiatement, mais qui n’a pas vocation à résoudre un problème si celui-ci sort de son champ d’expertise.

    Avantage : employabilité immédiate. Inconvénient : domaine d’application limité, très lié à l’évolution de la techno.

    Ce sont des caricatures et dans les faits, peu importe les études qu’on a fait (ou pas fait), personne n’est 100% d’un type ou de l’autre.

    Je veux juste insister sur le fait qu’on peut blâmer les écoles d’ingénieurs pour beaucoup de choses, et je citerai notamment :

    – le système des examens retire toute passion aux étudiants de par la pression qu’il met, et nous force à réviser pour les exams, plutôt qu’être bon à être ingénieur.

    – elles (la mienne en tout cas) sortent des diplomés avec des disparités flagrantes (du génie surdoué à la larve incapable)

    Mais on ne peut pas les blâmer pour ne pas nous apprendre les dernières technos à la mode, ce n’est pas du tout leur rôle !!!!!

    Surtout que comme dit dans un autre commentaire, ça n’est de toute manière techniquement pas faisable, de par le cycle de vie de la mode des technos web d’aujourd’hui ! Un cours peut prendre plusieurs années avant d’être vraiment rodé.

    Mon chef de spé disait aussi “Vous avez toute une vie devant vous pour la pratique, alors profitez de l’école pour apprendre la théorie”.

    Les écoles marketeuses qui disent “Ici on fait 80% de travaux pratiques, et les entreprises nous aiment pour ça” réussissent à attirer pas mal de monde, c’est dommage.

    Et pourtant à l’époque, j’étais le premier connard en cours à gueuler “Mais putain je m’en servirai jamais de ce truc dans mon taff, allez hop je dors sur ma table”. Comme quoi, murir un peu ne fait pas de mal.

  • walt

    L’autre problème qui en découle est que les écoles d’ingénieur sont des entreprises, leur but est de gagner de l’argent.

    Donc elle ont un discours marketing pour attirer les étudiants qui n’est pas forcément ce qu’elle vont faire derrière, ou en tout cas ce qu’il faudrait faire derrière pour former de bons ingénieurs.

    (On a le même problème en politique : les hommes politiques font des campagnes démago sur les thèmes qui parlent aux gens, et prennent des décisions pour contenter le peuple, mais derrière ce n’est pas forcément le mieux pour le bonheur des populations.)

    Conséquence, les écoles véhiculent parfois des messages que les étudiants se mettent à croire, du genre :

    “plus je fais de stage, ou de travail en entreprise, meilleur je serai” -> non ducon, sinon tu n’irais pas à l’école, et tu pourrais commencer à bosser à 13 ans.

    Alors oui un mec qui a fait de l’alternance pourra être plus à l’aise en arrivant dans le monde de l’entreprise, mais soyons honnête, c’est juste quelqu’un qui a fait une école 2x moins longue, et qui commence plus tôt dans le monde du travail. Je ne vois pas en quoi ça peut être un avantage, à part gagner de l’argent plus tôt.

    Bref je m’égare.

  • Fred

    Je trouve que cet article manque de recul. Je suis ingé de formation, 15 ans d’exp, et j’enseigne en DUT MMI en parallèle de mon activité professionnelle. J’essaie autant que faire se peut d’apporter à mes étudiants “du concret”, de l’efficace, en vue d’appliquer en entreprise.

    Sauf qu’il y a deux problèmes à ca : 1) il faut les bases pour pouvoir aborder des problèmes complexes. Vous allez pas les attaquer avec des archi réseau de ouf sans passer par les briques TCP/IP simple. 2) Les objectifs de la formation sont ultra large : il faut pourvoir être opérationnel en entreprise à l’issue du diplôme, être également apte à poursuivre en licence, sur des sujets comme le dev, l’admin réseau, les bases de données, gestion de projets.. etc…

    Franchement c’est dense, alors vous excuserez ces petits jeunes de ne pas maîtriser la quintessence de la programmation dev : parce qu’ils ne font pas que du dev : ils se spécialisent plus tard, une fois qu’ils se confrontent à l’entreprise.

  • Sam Post author

    @pytohs: il n’y a rien de caché dans ce post. C’est d’une grande simplicité : si ton mode de vie ne te plait pas, et que c’est le même que ton voisin, regarde ce que vous avez fait en commun pour en arriver là, et change ça. Il n’y a pas de morale, pas de situation spécifique, c’est applicable partout, et surtout adaptable, car une solution à un problème n’est pas la même d’un contexte à l’autre.

    Si tu plantes des graines et que tu t’aperçois que les plantes qui poussent n’ont pas les propriétés que tu veux, peu important que ton voisin, ta moitié, la société et ton livre de chevet te disent de continuer à faire comme ça, à un moment il est bon de tester d’autres graines, un autre ensoleillement, un autre terrain, ou même d’arrêter de planter et de se mettre au violon.

    C’est juste une variante du vieil adage « essayer la même chose encore et toujours en espérant un résultat différent est la définition même de la folie ».

    La plupart des gens ne le font pas. Par habitude, peur, éducation, inertie ou parce que le prix est trop élevé.

    Mais c’est vrai pour tout : santé, finance, amour… Si ce que tu as maintenant n’est pas à ton gout, ce que tu as fais pour l’obtenir n’est visiblement pas ce qu’il faut, peu importe si 1000 sources t’ont dit le contraire. Ou alors tu n’as vraiment pas de bol.

    Cependant on peut avoir pas de chance dans un domaine, mais pour toute sa vie c’est statistiquement improbable.

    Or, notre vie n’est pas uniquement le fruit de l’influence d’évènements extérieurs. On choisit beaucoup de choses : avec qui on passe du temps, ce qu’on consomme, où on se trouve, ce qu’on fait, etc. Il y a des contraintes, certes, mais ultimement, il y a beaucoup plus de choix que beaucoup de gens le laissent à penser.

    Nous ne sommes pas des victimes de l’univers chaque seconde de notre vie. Pas des Dieux qui avont le contrôle sur tout non plus, et d’aucuns ont plus de handicaps que d’autres, mais on a une certaine influence dans tous les cas.

    Or, les choix d’aujourd’hui ont une influence sur sa vie dans 10 ans. Ce qu’on mange, où on bosse, tout ce qui est lié aux enfants, l’heure à laquelle on se couche, appeler ou non un ami, accepter ce rdv, etc. Ce ne sont pas des choix sans conséquence, ce sont en fait les choix qui ont le plus de conséquences.

    Il n’y a aucune bonne réponse. Chaque vie, si elle est ne serait-ce qu’un peu choisie, est une vie agréable. Une vie, si elle est majoritairement subie, rend malheureux.

    Ainsi, si on arrive à un stade où on subit plus de choses qu’on pense qu’on ne devrait, il est bon de faire le bilan, et de refaire des choix. Des choix différents. Différent de ses choix précédents, mais aussi des choix des personnes autour de soi qui visiblement subissent aussi une partie de leur vie similaire, ou de la même manière.

    Note qu’il n’y a aucune moralisation de ma part là dedans. Je ne pense pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise personne. Des fainéants qui ne se bougent pas et qui n’ont pas de volonté et les autres.

    Je ne pense pas non plus qu’on a le contrôle de tout dans sa vie et que « si tu y crois tu y arriveras ».

    Je dis juste : le sel dans le café pendant 5 ans n’a pas donné le gout que tu voulais ? Tous tes collègues le font ? Essayer plus ou moins de sel n’est pas la solution. Changer la marque du café n’est pas la solution. Prendre le café dans un autre mug n’est pas la solution. Essaye sans sel. Essaye avec du sucre. Passe au thé. Arrête de boire des boissons chaudes. Peu importe. Essaye quelque chose que la plupart des autres ne font pas.

    En application concrète dans la vie ?

    Oh non ! Ça ne marche pas comme ça !

    Il faut se sortir les doigts de cul soit même. Car il n’y a pas de réponse générique. La seule bonne réponse c’est celle qu’on trouve soi-même pour son cas, car chaque contexte est différent, et toute solution proposée se verra forcément opposer un « oui, mais toi c’est pas pareil ».

    @walt : il y a une différence entre ne pas apprendre les dernières technos à la mode, et apprendre des technos d’il y a 10 ans. Enseigner MERISE à l’université, mais ne pas parler de NoSQL, c’est criminel. Par ailleurs, oui, il faut apprendre avant tout à résoudre des problèmes et que c’est très mal mis en avant dans l’enseignement actuel, mais c’est très difficile, et on ne devient vraiment bon à cela qu’avec la pratique. Pratique qui de toute façon nécessite des outils.

    “plus je fais de stage, ou de travail en entreprise, meilleur je serai” -> non ducon, sinon tu n’irais pas à l’école, et tu pourrais commencer à bosser à 13 ans.

    Sauf que:

    • sauf que pour la plupart des profiles informaticiens, passer 5 ans en entreprise vs 5 ans à l’université ne donne pas du tout le même résultat. Je choisis le second 9 fois sur 10, sauf si j’ai un besoin très précis qui demande une haute qualification tel qu’un algorithme mathématique poussé.
    • on surévalue la valeur des études en France.
    • cette logique à amener à supprimer totalement le travail des enfants, alors que 90 % d’étude et 10% de travail pourrait permettre de se faire de l’argent et de l’expérience et serait très bénéfique à bien des points. Mais on a diaboliser l’activité rémunératrice pour les gosses parce que “esclavagiste”. Désolé, j’ai bossé dans les champs durant mes vacances, dans les bars, à laver des voitures, etc. et je n’ai pas fini en mode Django unchained.
    • 15 ans passé sur les bancs de l’éducation nationale m’ont apris une chose : j’aurais pu faire la même chose en 5. J’ai perdu 10 ans de ma vie dans les écoles entre les notions inutiles, les mals enseignées, celles oubliées et tout ce que j’ai du apprendre plus tard qui était indispensable. C’est grave, retirer une décénie de vie à toute une génération. Sans compter les séquelles liées au mode d’apprentissage qui tue la spontanéité, le dynamisme, la créativité et l’esprit critique des gosses.

    Bref, travailler est une part importante de la vie et de l’apprentissage.

    En France, on le vend comme une corvée, une forme d’exploitation et toujours quelque chose de négatif. Enfant ou pas. Et ça ne fait pas avancer le shmil, le chmul, le schmelb… le truc.

    @Fred: c’est un autre problème de l’enseignement Français aussi, ne pas savoir doser. On veut que la personne touche à tout pour être pluridisciplinaire et adaptable. Le bon côté, c’est que dans le monde, on est parmi les travailleurs les plus souples quand survient un problème inconnu. Pour avoir travaillé beaucoup à l’étranger dans des conditions pourries avec plein de nationalités, je peux te dire que quand un truc part en couille, je suis content d’avoir des français dans le lots : ils ralent, mais ils peuvent avancer. Le mauvais côté, c’est que ça n’a pas évolué avec l’explosion de l’informatique. Aujourd’hui on ne peut pas faire un cursus en 5 ans, toucher à tout, et être utile. Il faut faire des coupes. La culture G, c’est bien, l’ouverture, c’est cool, mais il faut une part de pragmatique dont on manque totalement.

  • antitrouduc

    @oh_meeen

    “Si tu arrive pas à choper un job de nos jours c’est que t’es un feignant sinon c’est que ta pas compris !”

    Tu es trop jeune et tu vas te casser la gueule avec ce raisonnement…

  • boblinux

    Bon pour résumer la ceintaine de commentaires (si j’peux me permettre…) c’est bien que les profs enseignent de bonnes bases algorithmiques / méthodologiques à leurs étudiants, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se focus uniquement dans ça et laisser tomber le reste, toucher aux technos récentes c’est pas plus con.

    Dans mon master, j’ai des cours de complexité algorithmique, optimisation des BDD, conception Uml, maths/crypto, mais ça n’empêche pas de faire aussi des projets en parallèle avec Android Studio en Java 8, dernière api d’Android (donc techno > 2014-2015), de faire même un peu de Agile/Scrum, de toucher à des technos 3D pour certains projets.

    Le tout pour être à la fin employable, tout en sachant résoudre des problèmes complexes, grâce à de bonnes bases théoriques.

    Le plus dur est juste du côté des profs, qui doivent s’auto-former en continu, c’est vraiment galère pour eux, et une partie d’entre eux n’ont pas réussi et donc ils puent, et donc ils se rabattent sur ce qu’ils connaissent déjà parce que “ça marche”.

  • Jean-Philippe Encausse

    @Fred Mes meilleurs années ont été en IUT avec des profs pédagogues qui apprenaient les bases de la programmation. Toppissime !

    J’ai été très déçu par EPITECH ou les profs étaient les éleves de l’années N+1 et effectivement j’apprenais bien mieux en entreprise.

    Récemment j’ai fais passer des entretiens de stage à des gens de Fac – Bac +5.

    – Est ce que tu sais ce que c’est que JavaScript => euh non …

    – Ou est ce que tu te renseigne sur Internet => Le Site du Zero

    Voilà il y a quand même des limites … comme dirais Oussama Ammar il faut Apprendre à Apprendre: https://www.youtube.com/watch?v=DuZepaK97W8

  • bohwaz

    C’est marrant tous ces gens qui te disent oui il faut faire de la veille, il faut pratiquer et bla bla bla. Oui d’accord, super. Sur ton temps libre ? Non parce que moi j’en connais pas des boîtes qui te disent “tiens fait de la veille sur ton temps de travail”. Et si tu pense vraiment que le boulanger il a que ça à foutre de passer son temps à étudier les nouvelles farines de Monsanto et les compositions chimiques des petits pains des concurrents une fois qu’il a finit son taf…

    J’hallucine quand même, le problème il est là : tout le monde est sensé connaître toutes les technos, faire de la veille H24, “réseauter” (ah ah), avoir un super profil GitHub en codant sur son temps libre, etc. pour des boulots qui ne sont pas payés non plus tant que ça, pas super bien considérés, et 90% du temps quand on passe un entretien dans une boîte qui demande des compétences dans 500 technos à la con, avec un putain de test d’embauche (croyez-moi après des dizaines de fizzbuzz on finit juste par envoyer chier le recruteur qui est assez con pour faire ça) on se rend compte que A. personne n’utilise SVN/Git/autre B. personne ne fait de tests C. on code encore comme en 1990 (et encore) D. le boulot est chiant et on n’a qu’une envie c’est de se barrer. 95% des dévs web bossent pas chez Facebook à faire des infrastructures de ouf mais produisent du wordpress ou du joomla à la chaîne dans une agence web.

    Donc non seulement je comprend très bien les mecs qui n’en ont rien à battre et qui font ça pour payer le loyer, mais en plus cet article démontre très clairement qu’ils ont raison !

    Allez voir dans d’autres métiers, on ne vous emmerde pas avec un entretien d’embauche qui dure une demi-journée (!), et on ne vous demande pas (normalement) de bosser sur votre temps libre “pour votre carrière”.

    Quand on me dit “oui mais je veux pas prendre le temps de former le mec” c’est clairement que vous avez pas envie d’étendre votre équipe. Si le mec est sympa et ouvert, prendre le temps de l’intégrer même s’il est un peu short en connaissances ou expériences c’est créer une équipe qui marche car on partage avec lui/elle une relation de confiance. Aujourd’hui c’est ça le problème tout le monde attend qu’on soit 100% prêts à coder là maintenant dans n’importe quelle techno ou framework exotique que tout le monde aura oublié dans 6 mois.

  • Jean-Philippe Encausse

    @bohwaz l’informatique et maintenant l’électronique sont des métiers ou il faut se former tout le temps, réseauter, apprendre à apprendre pour progresser. Tu as raison de dire que cet effort colossal n’est pas valorisé en France que ce soit en terme de salaire ou de temps pour le faire.

    Mais c’est la spécificité du Métier !

    Si tu es Notaire tu as une responsabilité très forte. Si tu es cuisto chez McDo tu ne te prendra pas la tête. Si tu es manager chez un grand compte français faudra apprendre la “politique”. Si tu es profs faudra faire des sports de combat :-) etc …

    Les (bonnes) boites embauchent des cerveaux bien fait (donc autonomes et qui apprend vite) les SSII (de m….) cherchent des mecs “prêts” et “jetables” ensuite…

  • ultra

    Marrant, Oussama Ammar cité ici.

    Faut voir toutes ses vidéos (il y en des dizaines), ça répond à la question de pytohs que je trouve très pertinente.

    Sam a essayé de répondre mais c’est pas facile.

    Si tu fais comme tout le monde, t’as la même vie que tout le monde, dans la moyenne.

    Si tu veux avoir une vie exceptionnelle, faut faire des choix radicaux.

    Un exemple concret.

    T’as rejoint une startup qui a 4 employés, 1 an plus tard, elle en a 50, 2 ans plus tard, elle en a 150.

    Forte croissance, les affaires marchent très bien.

    Un salarié “normal” négocierait une augmentation de salaire de 10%.

    Un salarié “anormal” négocierait l’achat de 2% du capital de la boite. Il faut des économies pour cet achat, alors il prend un crédit, retourne chez ses parents pour le rembourser rapidement.

    5 ans plus tard, la startup est vendue 100 millions. à moins de 30 ans, il a 2 millions sur le compte en banque, il peut quitter ses parents et avoir la belle vie.

    Pendant ce temps, son collègue qui a fait un choix “normal” continue à avoir une vie “normale”.

    Autre exemple.

    T’as créé un robot qui fabrique des hamburgers.

    Le choix “normal”, tu va voir macdo, burger king, etc… et t’essaies de leur vendre ton robot.

    Dans le meilleur des cas, tu le vends 10 millions (chiffre au hasard).

    Tu fais un choix “anormal”, tu crées ta propre enseigne de burger par exemple Mr Robot Burger et t’ouvres des boutiques partout dans le monde, tu concurrences macdo, burger king, etc…

    Tu te retrouves à la tête d’une boite qui vaut plusieurs milliards.

  • Sam Post author

    @bohwaz: oui, d’où l’article insistant sur la formation comme cause de la pénurie de bon dev. Peu de gens ont en effet l’envie d’accorder autant de place à l’autoformation dans leur vie. D’un autre côté, le monde de la techno évolue grace a des pationnés qui sont toujours le nez dedans, et qui avance sans se soucier du reste du monde. En parallèle, il y a un monde de la grosse entreprise qui veut camper sur ses positions et ne pas avancer trop vite. Tout ça fout un gros bordel.

  • Louis

    “Ouai, ouai, pépé, tu faisais de l’assembleur, c’est viril.”

    hé bien, ça fait plaisir de voir que les mentalités évoluent ici.

    Les performances : rien à battre côté dev, c le job d’Intel ^^

    sur les délocalisations, je ne veux pas être alarmiste mais :

    1. Des grosses boites comme IBM embauche à tour des bras des profils psy/socio/commerce pour pondre des specs et des cahiers des charges ultra détaillés qui sont direct envoyé en inde.

    2. La grosse demande actuelle vient surtout de la grosse BULLE spéculative sur le marché.

     

    Quand la bulle va dégonfler, et qu’on aura plus 100.000 petites boites pas rentables qui embauchent à tour de bras, bin ça va faire mal.

  • ultra

    @Louis

    En 2000 quand la bulle a éclaté, c’est ainsi que google a pu embauché les meilleurs à des prix défiants toute concurrence.

    Certes les meilleurs sont partis quelques années plus tard, mais google en a bien profité pour lancer ses services innovants comme gmail, maps, etc…

    Le métier d’informaticien est une “rat race”, ça l’a toujours été.

    Si tu veux te la couler douce, change de métier.

  • betepoilue

    Allez je vais relancer le débat un petit coup concernant la jeune génération et l’employabilité : quand on est pas diplômé d’une école d’ingé/BTS/IUT/ mais d’une de commerce (je sais, je sais, on fout rien en école de commerce, tous fils à papa, arrogants et parvenus) , qu’on kiffe la prog et les nouvelles technos et qu’on aimerait se lancer comme dev parce que c’est vraiment ce qui nous apporte du plaisir au quotidien. Au delà du github fourni de projets, pour avoir une chance dans ce shift de carrière est-ce qu’il vaut mieux :

    1/ Faire du wordpress en freelance, pour gagner sa croûte et se faire la main avant d’espérer avoir suffisamment de choses à montrer à un recruteur ? [Mon cas]

    2/ Essayer de se faire prendre en stage, quitte à s’acheter une “fausse convention” au début (très à la mode chez les jeunes diplômés au chomdu) ?

    3/ Refaire une formation (mais souvent payante) ou suivre des MOOC (sigh siteduzero et bonjour OpenClassRoom recommandé par notre cher président)

    Il y aurait bien aussi l’option ‘abandonner direct’ mais qui n’est pas au programme. L’article dit des choses profondément vraies, et j’irai même plus loin en disant que le monde du dev est également particulier dans l’importance de la perception des pairs : on trouve sans arrêt des articles sur la différence entre le “vrai dev” et l’imposteur (portant le nom babare de “Dunning-Kruger effect” apparemment, il y a eu pas mal de conf sur le sujet, mais la flemme de chercher donc je poste l’article de David Walsh https://davidwalsh.name/impostor-syndrome) qui est vraiment un truc typique du monde du software development (à part le bon et le mauvais chasseur, j’ai rarement entendu un marketer, un restaurateur ou un avocat faire la distinction) Cet aspect rapproche vraiment le dev de l’artiste selon moi, avec tout ce qu’il y a de positif (création, technique, apprentissage et dépassement continu, apporter une satisfaction, du plaisir à des utilisateurs, le partage) et négatif à savoir la passion aveugle des masses pour ce qui se fait de nouveau sans discernement sur l’avenir (Angular…), la critique facile (“Coder en PHP ça ne s’appelle pas programmer”), … Mais je m’égare.

    Donc vous en pensez quoi ? Une des trois options que j’ai listé vous paraît potable, ou alors je suis complètement à côté de la plaque ?

    Et une bonne année !

  • betepoilue

    Popop ! Je viens de réaliser que j’avais manqué pas mal de réponses depuis hier, pardon pour le doublon du coup.

  • Pixocode

    @betepoilue

    Pour avoir fait du freelance juste après mes études (bts), et après 5 ans en salarié… mes 6 premiers mois en freelance juste après mes étude m’ont vraiment pas été utile, contrairement à maintenant où c’est un vrai bonheur.

    Je dirais plus de te trouver un stage pour apprendre et expérimenter les bases, et ensuite te faire embaucher dans une petite tpe/pme

    (si c’est comme il y a quelques années, y’en a pas mal de boite qui recherche des dev php sans prétention….)

    Par contre après d’expérience, le problème de ces boites c’est que tu tournes très vite en rond, donc ensuite pour apprendre plus de chose, faut soit changer de boite, soit avoir des projets perso à coté.

  • betepoilue

    Merci pour le retour, c’est bien ce que je pensais aussi. Comme dit Sam le freelance est intéressant pour la relation avec le client, mais je n’ai pas le sentiment de vraiment progresser au niveau technique. Je vais commencer à postuler pour des stages en parallèle de ma recherche en marketing et on verra bien si ça passe. Merci beaucoup encore !

  • walt

    @Sam :

    “Enseigner MERISE à l’université, mais ne pas parler de NoSQL, c’est criminel”

    Et pourtant, un truc comme Merise t’apprend tellement sur la conception de base de données (MCD vers MPD), que le supprimer serait tout aussi criminel. Il suffit de voir les nombreuses erreurs de conception dans les bases de données relationnelles de nos jours pour se rendre compte que du MERISE, certains auraient du plus en faire !

    La question n’est pas de savoir si MERISE est encore utilisé ou pas en entreprise, mais de savoir si le fait d’avoir appris MERISE te permettra d’être meilleur un jour dans des domaines que tu risques de rencontrer.

    Sans choisir un extrême ou un autre, je pense qu’un enseignement ne pas passer sous silence les technos actuelles, mais il ne peut pas non plus baser 100% de ton programme là dessus sous prétexte qu’à l’instant T c’est ce qui est utilisé en entreprise.

    Encore une fois, le but de ta formation n’est pas d’être un killer dans une techno X en sortant d’école. Le but de ta formation est de te donner les billes pour devenir un killer dans n’importe quelle techno par la suite, et surtout avoir un éventail de connaissances assez larges pour te permettre de choisir où aller ensuite.

    Notre chef de spé réseau nous a appris SNA, un truc de 1974, plus vieux que Token Ring que plus personne n’utilise. Pourtant, il reste persuadé toujours aujourd’hui que c’est le meilleur moyen d’introduire le concept de réseau à des élèves. Chaque année il entendait chuchoter “putain ça sert à rien d’apprendre ça”, mais il persiste. Avec du recul, je pense qu’il a raison.

    Je me répète, mais il faut bien comprendre qu’à l’école, on apprend pas forcément une techno pour pouvoir l’appliquer bêtement ensuite en entreprise. On l’apprend parce que son étude contient des problématiques et des solutions qu’on retrouvera ailleurs. Ca marche pour SNA, ça marche pour MERISE.

    Je choisis le second 9 fois sur 10, sauf si j’ai un besoin très précis qui demande une haute qualification tel qu’un algorithme mathématique poussé.

    A chaque pied sa chaussure ! (je sais même pas si ça existe cette expression..)

    Pour retourner dans les caricatures encore une fois :

    -> Tu veux un gros killer de ouf dans un langage spécifique ? Va sur Github, et ne regarde même pas ses études, elles n’ont aucune importance. S’il a un diplôme type Expert comme Epitech, c’est une garantie en plus. Forcément, s’il vient de travailler dans le même domaine juste avant pendant 3 ans, c’est une garantie forte.

    -> Tu veux un mec avec du CPU dans la tête capable de te résoudre des problèmes mathématiques bien tordus en 17s ? Regarde des mecs sortis de l’X (pour y entrer il faut tellement être fort en Maths que le mec a forcément un côté génie en soi)

    -> Tu veux un mec pas forcément génie, mais pas trop con non plus, qui à partir d’un besoin client saura te pondre une solution technique de A à Z, en mode projet ? Regarde côté école d’ingé.

    Chaque formation a des buts assez précis, et arrive plus ou moins à former les élèves dans ce but. Chaque expérience dans le monde pro par la suite ajoute des compétences. Au final, ça créé tout un tas d’individus très différents. C’est aussi ce qui rend le recrutement humainement intéressant je pense.

    pour la plupart des profiles informaticiens, passer 5 ans en entreprise vs 5 ans à l’université ne donne pas du tout le même résultat.

    Si on passe outre le fait que les universités/écoles soient parfois des lieux de branlette plutôt que d’apprentissage, c’est absolument normal !!!

    En école tu apprends à apprendre, tu apprends la théorie, tu goutes un peu de chacun des gâteaux. En entreprise, tu fais que de la pratique, et tu te spécialises souvent sur 1 ou 2 sujets précis.

    Le but de la théorie, c’est d’avoir une vision globale qui te permette de te diriger vers n’importe quelle pratique après, en montant en compétence dessus.

    Typiquement dans mon cas, après avoir fait une école en 5 ans et quelques années d’entreprise :

    – Je suis un killer absolument nul part, j’ai des connaissances ultra parsemées.

    – Malgré ça, je pense être capable de résoudre n’importe quel besoin client IT standard, avec un peu de temps devant de moi pour gagner en expertise sur les sujets nécessaires.

    Si j’avais bossé 5 ans dans la même entreprise sur 1 ou 2 sujet différents à la place de l’école, peut être que qu’en m’énonçant un besoin client, je l’aurais même pas compris, parce que j’aurais eu une vision de l’informatique trop centrée sur ma pratique, qui correspond pas à l’ensemble des sujets qu’on ingénieur doit avoir vu pour être capable de se démerder par la suite.

    Chacun choisit son degré de spécialisation. Tu peux être ingénieur généraliste, ingénieur informatique, ingénieur informatique web full stack, ingénieur back-end, ingénieur back-end spécialisé dans la compression, etc…

    Je dis pas qu’il faut absolument avoir fait une école pour avoir cette vision globale, mais ça aide aussi qu’on te prenne par la main pour te donner un programme d’apprentissage qui te permette d’avoir cette fameuse vision globale nécessaire.

    Si tu ne crois pas du tout à ça, et que tu penses que seule la pratique te fait être meilleur, alors en effet, aucun interêt de faire des études.

    Sauf que dans les faits, 80% des gens qui ne vont être dans un système éducatif, ne vont pas alors mettre à profit leur temps pour faire des projets personnels 8h/jour. Peu de personnes sont passionnées comme toi.

    Donc certes, les écoles/universités ne produisent pas des killers, mais je pense pas que ce soit leur rôle. Mais si elle n’étaient pas là, ça n’arrangerait pas les choses non plus statistiquement, parce que les “non scolarisés” ne deviendraient pas tous des tueurs pour autant.

    “on surévalue la valeur des études en France.”

    Je suis bien d’accord, mais faut pas aller dans l’excès inverse non plus à retirer toute valeur à nos diplômes.

    Disons que le diplôme est une sorte de garantie minimum pour un recruteur. A priori (même si c’est pas vrai dans les faits), un mec diplômé ingénieur ne peut pas être un gros abruti et doit avoir au minimum une tête bien faite.

    Les mecs ayant tendance à fortement dénigrer les diplômes sont ceux qui n’en ont pas tout en étant plus compétents que les diplômés. Ils ont choisi de ne pas avoir le fameux papier qui prouve leur skill, soit. A eux maintenant d’avoir la lucidité pour comprendre qu’il faut redoubler d’effort pour prouver ce skill auprès des recruteurs.

    “cette logique à amener à supprimer totalement le travail des enfants”

    Y’a les stages qui sont faits pour ça : permettre aux personnes en apprentissage de mettre un pied dans le monde du travail.

    Mettre des stages encore plus tôt, plus souvent, pourquoi pas.

    “15 ans passé sur les bancs de l’éducation nationale m’ont apris une chose : j’aurais pu faire la même chose en 5. J’ai perdu 10 ans de ma vie dans les écoles entre les notions inutiles, les mals enseignées, celles oubliées et tout ce que j’ai du apprendre plus tard qui était indispensable”

    Est-ce que tu considères inutile tout ce qui ne participe pas à te faire gagner d’argent ? J’espère pas.

    Les maths t’aident à structurer ton cerveau, la grammaire à communiquer avec tes semblables, l’histoire à comprendre notre monde, nos erreurs passées pour faire un meilleur futur, etc.

    Aussi, les notions qui te semblent inutiles ne le sont peut être pas pour d’autres qui ont choisi maintenant une voie différente. Mais tu peux pas exister un programme d’éducation sur mesure non plus. Quand bien même, est-ce que tu aurais préféré choisir ta voie professionnelle à 10 ans pour te spécialiser plus tôt ? T’aurais maitrisé C++ à 14 ans, mais tu saurais toujours pas qui est Voltaire.

    Je veux bien que ce soit pas parfait, mais le fait que t’oublies des notions apprises, et que tous les profs ne soient pas les meilleurs pédagogues, il faut l’accepter et vivre avec (comme Javascript !).

    Un des vrais reproches à faire à notre système éducatif, c’est qu’il marche en mode carotte et/ou bâton, et ce, depuis tout petit :

    – Si t’as des bonnes notes, tu gagnes des bons points et des images.

    – Si t’as des mauvaises notes, tu te fais gronder par papa-maman, et tu as la pression sociale du redoublement.

    Du coup, tu te poses rarement la question de savoir si ton apprentissage est utile pour toi. Peut être à partir du lycée, et encore. En tout cas, peu importe la question de l’utilité réelle, ce qui te met la pression c’est l’examen, rien d’autre.

    Or, qu’est ce qui pousse un être humain à se motiver ? Certainement pas la carotte ou le bâton, mais si on en croit l’excellent TED Talk de Dan Pink (cf. Google), il y aurait 3 sources de motivation intrinsèque principales chez nous :

    – L’autonomie (faire les choses par soi même parce qu’on le veut, et non pas parce qu’on nous le demande)

    – La maitrise (devenir chaque fois plus fort dans ce qu’on fait en le pratiquant)

    – Le sens (sentir que ce qu’on fait a un but réel, un impact sur le monde, etc.)

    Je n’ai pas la prétention d’avoir une recette miracle pour changer cet état d’esprit, mais j’ai toujours refusé la fatalité sur ce point, car j’ai moi même été dans des états de flemme totale, tout comme dans des états d’excitation maximale sur des projets. Tout ça relève de psychologie, mais j’ai pas les clés.

    “En France, on le (cf. le travail) vend comme une corvée, une forme d’exploitation et toujours quelque chose de négatif.”

    Sûrement à cause :

    – d’un héritage de nos parents et grands parents qui pour la plupart ont eu des travaux qui en étaient des corvées (travail à l’usine, etc.)

    – parce qu’encore une fois, à partir du moment où on retire notre autonomie, notre liberté de choix et d’action, et qu’on est dirigé par ce qu’on appelle des “managers”, on perd toute motivation, et ce qui aurait pu être un plaisir devient une obligation, et donc une corvée.

    J’ai l’impression que notre génération change un peu sur ce point. En tout cas, pour en avoir parlé avec pas mal de “vieux”, la recherche de “bonheur au travail” est quelque chose de nouveau mais de plus en plus répandu, et qui n’éxistait pas à leur époque.

  • Spoilt

    Les mecs ayant tendance à fortement dénigrer les diplômes sont ceux qui n’en ont pas tout en étant plus compétents que les diplômés. Ils ont choisi de ne pas avoir le fameux papier qui prouve leur skill, soit. A eux maintenant d’avoir la lucidité pour comprendre qu’il faut redoubler d’effort pour prouver ce skill auprès des recruteurs.

    Malheureusement, tout le monde n’a pas choisi de ne pas avoir le papier. Oui, c’est une histoire personnelle (et je pleure un peu dedans moi) :

    Pour la faire courte, j’étais en formation en alternance dans une école type Epitech, mon employeur m’a viré – pour raison abusive mais c’est pas la question, j’ai pas réussi a retrouver de boite – ni de motivation, ça fait pas du bien au moral de se faire virer, donc j’ai dû quitter l’école.

    Aujourd’hui, dans mon CV, je mets que j’étais dans une école qui me préparait pour un bac+5, j’y suis resté jusqu’au bac+4, mais je n’ai qu’un bac+3 validé. Et des fois, sur un malentendu, je décroche un entretien. Les recruteurs ont l’air intéressés, mais “Vous comprenez, sans bac+5, c’est chaud …”

  • Sam Post author

    @walt : technique on est d’accord, tu pars juste de l’autre bout pour arriver au même juste milieu. A part pour MERISE. On sera jamais d’accord là dessus. Un BDD, ça s’apprend à se designer en faisant des analogies avec des données concrètes, puis en en augmentant le niveau d’abstraction, surtout pas avec une logique schématique. L’erreur que font tous les profs, c’est de partir des contraintes de l’implémentation et d’arriver vers les données ensuite, alors que la résolution de problèmes, c’est exactement la démarche inverse. MERISE rend tout stérile, c’est affreux.

  • ultra

    Un point important revient souvent dans les commentaires, c’est la liberté.

    Faut rappeler qu’en tant que salarié vous n’avez aucune liberté.

    Le contrat de travail crée un lien de subordination et oblige l’employé de faire ce qu’il n’a pas forcément envie de faire.

    C’est une illusion de croire qu’un salarié dèv fait ce qu’il veut. Il fait ce qu’il veut tant que tout le monde s’en fout mais quand les problèmes arrivent, par exemple des délais de livraison explosés, le lien de subordination revient rapidement et oblige le dèv de faire quelque chose qu’il trouve personnellement très con.

    La 1ère chose que je demande lors d’un entretien d’embauche d’un dèv c’est si il accepte de faire sans sabotage un travail qu’il trouve idiot. Si le prétendant employé dit non, je lui dis d’arrêter de chercher un emploi et de monter sa propre boite ou il décide ce qu’il veut. Mais si il veut être salarié, il doit accepter d’obéir à des ordres débiles et mettre en sourdine sa liberté 35h / semaine.

    Ce point sur la liberté est très très important.

    C’est pour ça que des dèvs sont malheureux et n’ont plus de motivation, leur employeur leur a ôté leur liberté à un moment ou à un autre. Ou bien ils se font une raison, ou bien ils démissionnent, ou bien ils créent leur propre boite ou ils décident.

  • Hotdog

    Complètement vrai, en particulier sur les nazes qui sortent des écoles.

    C’est hallucinant dans ma boite le test technique que j’ai passé pour y rentrer j’ai d’abord cru à une blague, n’importe quel ado autodidacte le passe haut la main, alors quand on m’a demandé ce que j’en avais pensé en entretien j’ai dis honnêtement qu’il était bien trop simple pour valider des candidats destinés à travailler sur une solution propriétaire vendue à des grands comptes pour leurs sites à fort trafic.

    On m’a demandé des axes d’amélioration, j’ai suggéré plus d’exercices de réflexion type algo et d’architecture logicielle, le patron m’a dit “arrêtez déjà que la plupart ne le réussissent pas!” je n’y croyais toujours pas jusqu’à ce que je tombe par hasard sur le dossier qui contient les résultats des tests des candidats, en effet 95% des candidats qui se présentent en entretien ne savent visiblement ni faire un formulaire HTML, ni 3 requêtes SQL triviales en moins d’une heure.

    Pour des mecs qui se présentent pour un poste de développeur PHP ça craint, ça craint grave.

    Côté recrutement pas mieux, les joies des entretiens d’embauche, entre le recruteur qui nous dit de ne “surtout pas” nous surévaluer, c’est vrai que ce serait dommage de ne pas baisser ses prétentions salariales !

    Le hargneux, qui vous toise et vous parle mal, quand on a 15 opportunités d’embauche en parallèle sans même lever le petit doigt c’est très mal connaitre le domaine dans lequel on prétend faire du recrutement pour s’autoriser un comportement pareil.

    Pas mieux pour celui, sceptique, à qui on doit expliquer par exemple que NON NodeJS ce n’est pas plus difficile que du Javascript puisque C’EST du Javascript avec des API d’accès aux ressources du système, là encore ça la fout mal pour un recruteur “IT” je vois mal comment ce genre de personnes peut espérer repérer les talents?!!!!!

    Pour en revenir à mon entreprise actuelle, sans surprise vu leurs exigences sur la qualité des candidats, le code c’est juste du grand n’importe quoi, des contrôleurs de 25 000 lignes qui font tout et n’importe quoi avec des méthodes qui en font 5 000 (true story), des effets de bords dans tous les sens, évidemment aucun commentaire nulle part ou alors du type:

    “Ce fichier contient la classe ‘NomDeLaClasse'” non sans rire!? Dingue!

    Pas plus tard qu’aujourd’hui je suis encore tombé sur une méthode qui prenait 30 arguments, oui oui 30 rien que ça!

    Pour compléter le tableau bien entendu aucun tests unitaires ou fonctionnels d’aucune sorte c’est vrai que ça aussi ce serait dommage alors on teste un peu, on pousse en prod et on croise les doigts pour que personne ne pète rien à la prochaine mise à jour.

    Bien sur c’est un vrai cauchemar, ça se casse la gueule tous les deux jours, et nos clients perdent une thune folle sur le long terme, mais bon ils ont l’air satisfaits alors tant mieux pour eux !

    Au bout de 10 ans de mauvaises pratiques il se rendent compte que ça ne tient pas la route et qu’il faudrait peut être commencer à faire quelque chose, il y a de la lumière au bout du tunnel !

  • walt

    @Hotdog :

    Côté recrutement pas mieux, les joies des entretiens d’embauche

    Ouai, c’est souvent une blague de ce côté là. Pas plus loin que dans ma famille, mon cousin qui sort d’école de commerce, ne connait absolument rien à l’IT et ne s’y intéresse pas, est en charge du recrutement des dév dans sa SSII, pour des clients.

    Je cite : “Je comprends rien à ce qu’ils me racontent ces geeks, je les laisse parler, et je leur file le QCM papier ensuite”.

  • Kooth

    Je suis tellement d’accord avec tout ce que tu racontes !

    Actuellement, je fais un BTS, mais ça fait maintenant 7 ou 8 ans que j’ai commencé à me former en fonction de besoins de projets persos.

    J’ai donc un niveau bien au delà de ce qu’ils attendent en BTS, j’voulais faire autre chose mais j’ai un dossier scolaire de merde, je sors de Bac Pro et je suis pauvre -> pas mal de portes se ferment.

    Bref, dernièrement, j’ai voulu commencer à bosser sur un projet imposé en seconde année, dans lequel il faut compléter un site et une appli C#.

    Et quand j’ai commencé à lire les contraintes du projet web, j’ai halluciné, ça commence par les normes de développement d’un autre âge (A croire que les mecs de l’académie n’ont jamais entendu parler de PSR), et ça termine par de la folie furieuse: un “MVC” sans models, pas de singleton pour PDO et des dizaines d’appels par page qui le ré-instancient à CHAQUE FOIS, pas d’autoloader (Bah, ouais, on fait des switch dans les contrôleurs pour appeler des classes avec require_once avant, évidement), et j’en passe des meilleures.

    Les gars de mon BTS ont du mal avec ce qui leur est donné, ils apprennent tous ça comme étant ce qu’il FAUT faire, quand j’ai commencé à gueuler pour pouvoir faire autrement, tout le monde m’a regardé de travers. Du coup pour le niveau ingénieur, je sais pas, mais si on se calque sur celui du BTS et qu’on va dans la continuité, quasi personne n’est productif en entreprise en sortant…

  • Olivier Pons

    On peut très bien prendre un Indien pour pisser du code

    J’ai encore le mail de mon ex-patron qui avait la trique : les marocains sont payés 350 € par mois en tant que prestataires de service, les week end sont comptés comme des jours normaux et il n’y a pas d’assurance maladie : quand t’es malade t’es pas payé, merci au revoir. Pour la note on a perdu deux mois avec trois équipes de Marocains différents, et à chaque fois la même histoire : on était sur “openerp”, maintenant “odoo” et comme peu d’entre eux connaissaient le Python, au bout de deux semaines de formation intensive, ils partaient ailleurs. Plus aucune nouvelle, ni par mail, ni par téléphone. Trois fois. J’ai pas assez d’imagination pour inventer cette histoire : tout est vrai.

    Je vais pas être sympa avec les étudiants, mais j’en ai en moyenne 400 par an depuis 5 ans (IUT, école d’ingénieur) et le pourcentage de passionnés, de vrais passionnés genre le week end ils partent pas au ski parce qu’ils veulent terminer la détection de formes rondes en JavaScript sur un canvas – ce qui représentait à peu près 90 % des élèves il y a 20 ans – est tombé à 13% aujourd’hui. Oui oui. 15 élèves sur 115 on eu la moyenne à un test qui demandait uniquement une chose : de bosser. Depuis moi où j’avais eu 21 sur 20 en gestion des sémaphores / tâches critiques par threads en ADA, une dizaine d’élèves a eu la même note en 20 ans… et aucun sur les 8 dernières années. Je ne parle pas des école d’ingénieur dont le titre ne veut plus rien dire… (oui j’ai un diplôme d’ingénieur et reconnu d’état pas reconnu RNCP comme les pauvres gosses de riches qui sortent 6000 euros minimum par an pour un diplôme même pas reconnu d’état…) encore une fois il y a peut être des jeunes qui vont se sentir vexés en lisant ça mais quand je vois les fautes d’orthographe de boblinux (le prends pas mal t’es un des seuls à oser parler ici, rien que ça mérite le respect !). Bref en tant que prof soi-disant “expert” Web, je comprends qu’il y ait pénurie, et ça ne pourra aller qu’en empirant, parce que la proportions de bons diminue au fil des ans.

    Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, je dis que la proportions de bons développeurs diminue au fil des ans.

    Dernier emploi en tant qu’expert Php dans une boîte avec pleins de jeunes et super ambiance. Je vois le directeur, je lui dis “je suis en période d’essai, je veux que vous ne me gardiez pas”. Il me répond “si t’es pas content tu démissionne”. Ce à quoi je réponds “si vous me gardez contre ma volonté ça ne pourra pas bien se passer”. Deux jours après, réunion personnelle le soir : “Olivier, je te propose non pas une augmentation mais carrément un changement de statut : ton augmentation va être si grosse que tu passeras dans une autre grille, mais surtout le dis à personne, et on te versera la totale en prime de fin d’année pour que cela ne se voie pas trop sur les autres fiches de paie” (j’étais “expert Web” mais pas cadre même avec un diplôme d’ingé). Je lui ai répondu calmement “non, je ne veux pas rester”. Et ils se sont retrouvés dans la merde à gérer un site Php moisi construit à la base par une personne compétente, et toute une surcouche de trois ans de développement de “codeurs juniors” qui ont massacré le code Php avec des failles grandes comme la porte d’Aix à Marseille. On m’a même demandé de faire une “formation sur les bonnes pratiques de codage” entre midi et deux ! Pas payé of course ! Bref.

    Tout ça pour dire quelque chose de pas sympathique mais vrai : le fait qu’il y ait de moins en moins de gens à faible coût compétents (= jeunes sortis d’école), ça laisse de plus en plus de place aux gens qui ont plus de 40 ans et motivés.

    Parce qu’il ne faut pas oublier qu’aux yeux d’un patron, embaucher quelqu’un qui a plus de 40 ans c’est :

    – quelqu’un qui coûte cher

    – quelqu’un qui a une vie de famille donc qui ne sera pas à l’entreprise jour et nuit

    – quelqu’un qui a une vie de famille donc qui ne sera pas corvéable à merci

    – et le pire : quelqu’un qui a compris le système et qu’on ne pourra pas entuber (je reste poli) avec les phrases à la “cette année on n’a pas d’argent pour l’augmentation, promis l’année prochaine, oui”.

    – et le pire du pire : “si il a plus de 40 ans et passionné par la technique c’est soit qu’il est tellement bête qu’il ne peut pas être chef de projet, soit, comme il a plus de 40 ans, il est resté dans une techno moisie comme le C (véridique je l’ai entendu) et il incarne donc la préhistoire de l’informatique”

    Bref je suis indépendant, j’ai vendu trois sites à 20k chacun et j’ai un an pour bosser pleinement dessus chez moi, évoluer avec toutes les technos quand je veux, me donner des objectifs, tester des nouveaux produits et apprendre les nouvelles technos à la mode pour voir si elles valent le coup ou pas. Je suis en train de vivre un petit rêve : garage de geek, je gère mes enfants quand je veux, je fais des réunions quand je veux, et jusqu’à présent tous mes clients sont extrêmement contents, parce que j’arrive à faire économiser de l’argent à mes clients (tous les sites qu’ils voulaient voyaient des devis aux alentours de 100k€, normal : je te laisse chercher La revanche du rameur sur amazon, où il faut payer le chef (qui ne sait que vendre et exploiter les employés), le chef de projet, les deux ou trois développeur séniors, et le graphiste). Bref, le rêve pour l’instant !

    J’ai l’air un peu las de faire prof mais les jeunes, même à 24 ans, se croient toujours au lycée et si le prof est pas là c’est jamais une réflexion du genre “merde on a perdue une journée d’apprentissage”, mais toujours oué génial on va passer l’après midi sur youtube. Consommateurs basiques sans aucune envie de construction ou d’apprendre (je parle pour 80% des jeunes en informatique, les 20% qui ne sont pas concernés, je vous laisse repartir sur checkio.org).

    Mais en réalité ne je suis pas las du tout car le fait de former m’oblige systématiquement soit à mettre à jour mes cours (Django en est arrivé à 120 slides qui sont un résumé de ce qu’on peut faire avec) soit une toute nouvelle techno comme NodeJS sur laquelle je ne dirai rien pour éviter de dire des grossièretés.

    En tous les cas : vive 2016, ça laisse encore largement de la place aux vieux passionnés !

  • Olivier Pons

    @Alex Rock Ancelet : tu rêve d’être formateur ? Le ratio de formation est de un pour quatre c’est à dire : une heure de formation, quatre heures de préparation. Je n’y croyais pas il y a huit ans quand j’ai commencé (on veut toujours être plus fort que les autres surtout s’ils sont plus vieux….) mais aujourd’hui, bah c’est pile poil ça. Dit autrement : c’est rentable qu’au bout de deux fois. Et encore, si comme moi, tu les repasse, ça n’est rentable qu’au bout de trois fois. N’oublie pas que les heures de correction ne sont pas payées, que les réunions de classe le soir à 18:00 ne sont pas payées et que t’es mal vu si tu n’y vas pas, bref, pour te résumer : il faut vraiment que ça soit le fait d’aimer transmettre tes connaissances, et uniquement ça qui te motive. Et même peut être qu’un jour lors d’une réunion comme cette année en Licence pro Web, vous serez tous les professeurs à dire “je n’ai jamais vu une classe aussi amorphe, on pose une question personne répond”, oui, tous les professeurs. Mais c’est extrêmement dérangeant, parce que si jamais tu ne fais ton travail que pour transmettre tes connaissances et que t’as 25 personnes qui t’ignorent, ne te répondent pas, eh bien crois moi t’as qu’une seule envie : te barrer en claquant la porte. Et dire qu’il me reste toute la formation eCommerce et survol des CMS du marché avec eux…. :/

    @JackObson A mon avis, ce n’est pas un manque de compétences, c’est un manque de motivation. Grosse nuance qui change tout. A l’IUT d’Aix je te garantis qu’ils ont une formation technique de très haut niveau, et qu’ils sont obligés de bosser sinon ils se font virer (25% d’abandon l’année dernière…). Donc à la fin d’une formation BAC+2, tous les passionnés ont des très bonnes bases et peuvent tout de suite trouver du boulot. Les 80 autres pourcent se plaindront qu’ils ne comprennent pas la question, ni la réponse à la vie, l’univers et le reste. J’ai envie de dire “les pauvres”. D’ailleurs, je pense que les parents en sont les principaux responsables, mais c’est un autre débat qui peut durer des heures….

    Et pour info, à l’IUT les professeurs ont toujours voulu enseigner d’abord les vraies bases : gestion mémoire, assembleur, puis le C, puis de plus en plus haut niveau etc etc Ces deux dernières années ils ont laissé tomber : aucun jeune compétent. Assembleur ? Oulah trop dur ! C ? Oulah trop dur ! Les profs sont venus me demander de ne plus vanter “vim” ni de faire des démos qui donnent la bave aux lèvres pour gagner du temps, pour reprendre leur demande : “parce que c’est déjà bien assez chiant de les faire arriver à la moyenne sur des sujets faciles, parce qu’ils ne bossent pas assez, alors s’ils doivent perdre du temps à essayer de maîtriser des outils un peu plus compliqués, on va jamais y arriver”. Quand je les entendais parler j’avais, tu sais, genre, la larme qui coule façon dessin animé japonais, genre “non on n’en n’est pas arrivé là tout de même”… bah si on dirait bien. Ah j’oubliais : plus d’assembleur, plus de langage machine, plus de C, au début de l’année : que de l’algo et du Php. Bah oui, avec Php on peut faire “coca” + 12.5 * “monzboob” et ça marche, alors hein… et pas de Python non plus, car il faudrait se forcer à faire de l’indentation propre, oulah, c’est chocho ça ! Bref. Heureusement que j’ai les secondes années, y’a déjà 25% en moins de pas motivés !

  • Olivier Pons

    @boblinux Je cite : “En 2015, chercher un taf de dev avec uniquement le bac c’est suicidaire !”

    @boblinux Je recite : “Fais un master, ça te coùte rien, en temps difficiles t’auras toujours ça a présenter sur ton CV pour avoir un +30% salaire par rapport au bac +3, ce qui est non-négligeable.”

    Quels préjugés ! J’essaie de rester poli mais avec mon DUT je faisais très largement plus que les ingénieurs autour de moi. Et c’est avec ce genre de mentalité que j’ai dû bosser comme un chien deux fois plus le soir de 18:00 à 22:00 pour tous mes cours informatiques afin de rattraper le temps et d’avoir mon diplôme d’ingénieur. Franchement ? Si tout était à refaire, je partirais direct dans un pays loin de ce genre de discours.

    Moi ce que j’aimerais entendre et lire, en France, c’est : “peu importe ton diplôme, même si t’as pas le Bac, mais que t’arrive à pondre un vrai Facebook-like, alors tu seras bien payé et bien considéré”. Les mentalités qui considèrent que le salaire, tout autant que les compétences, est en fonction du diplôme sont autant arriérées que méprisables. Vivement qu’on évolue de ce côté mais boblinux semble être jeune, alors je poserai cette question demain à ma classe d’ingénieurs pour voir ce qu’en pensent des BAC+5 !

  • boblinux

    @Olivier Pons

    J’ai fini de lire tes com’s, intéressantes remarques, venant d’un “ancien” c’est toujours bon à prendre un avis basé sur du recule et de l’xp, merci.

    “mais quand je vois les fautes d’orthographe de boblinux”

    => Lol, les fautes d’orthographe sont en partie volontaires, mais quel est le rapport entre tes compétences devs? désolé mais il ne faut pas mélanger le sel et le chocolat, S&M ne sont pas des pros d’orthographe, pourtant ils ont l’air d’avoir un peu de skill (sans vouloir venter qui que ce soit) donc cet argument est un peu moyen mais bon on passe, là n’est pas la question .

    “Quels préjugés ! J’essaie de rester poli mais avec mon DUT

    je faisais très largement plus que les ingénieurs autour de moi.”

    => Je n’ai jamais dis que LES BACS +5 > BAC / BAC +3 en compétences, loin de là, j’ai juste dit que si un mec avec le choix, l’argent et la patience, des études ça peut être une sécurité pour l’emploi, dans 10, 20 ou encore 40 ans on ne sait pas ce que l’avenir réserve.

    Donc si quelqu’un en a la capacité, pourquoi l’en empêcherons-nous, je trouve ça un peu égoïste..

    “Vivement qu’on évolue de ce côté mais boblinux semble être jeune”

    => C’est le cas, désolé si je réponds en tant que “petit jeune”, je donne juste mon avis, qui est, certes basé sur QUEDALLE car 0 xp, mais cet échange m’apporte beaucoup et j’trouve ça cool :p

    => Je dis juste que, les études ça peut être cool pour ceux qui peuvent les assumer, et qu’on devrait pas s’en priver, après ce qui ne peuvent/veulent pas, ce n’est qu’une porte parmi tant d’autres !

  • Brice

    Un point intéressant abordé dans la keynote de Jacob Kaplan-Moss à la Pycon 2015, et qui vient compléter tout ça aussi bien pour le côté employeurs que développeurs, c’est aussi qu’en général, les entreprises recherchent des rockstars alors qu’elles ont besoin de simples développeurs, et que les développeurs ne se présentent pas à des postes en ne se pensant pas au niveau. C’est super intéressant, et c’est là : https://www.youtube.com/watch?v=hIJdFxYlEKE

  • Plastocman

    “le pourcentage de passionnés, de vrais passionnés genre le week end ils partent pas au ski parce qu’ils veulent terminer la détection de formes rondes en JavaScript sur un canvas – ce qui représentait à peu près 90 % des élèves il y a 20 ans – est tombé à 13% aujourd’hui.”

    Merci pour ce bon moment de rigolade Olivier Pons, et bravo pour ta note en gestion des sémaphores / tâches critiques par threads en ADA que personne n’a réussi à égaler en 8 ans. Moi quand j’étais en quatrième j’ai eu un 20 en maths mais depuis les collégiens sont tous stupides et le pays va couler, que faire :/ ?

    Sinon pour ramener un peu le débat vers des choses sensées parce que bon faut pas déconner : https://www.youtube.com/watch?v=hIJdFxYlEKE

  • Sam Post author

    @Brice: absolument. Une grande partie de la pénurie est artificielle, et due à l’incapacité des parties à se rencontrer.

  • Olivier

    Je crois que vous oubliez une chose importante. Si, comme moi, vous avez environ la quarantaine, vous avez vu la naissance de l’informatique personnelle. Nous avons commencé avec le C64, l’Amstrad, l’Amiga, l’Atari ST, nous avons vu l’essor du PC, d’Internet, du Web et de toutes les technologies existantes. Nous avons pu nous accoutumer aux technologies à mesure qu’elles sont apparues. Au début, il n’y avait presque rien. On bidouillait en Basic ou en Assembleur, puis en Pascal et en C. C’est tout. Il n’y avait même pas de HTML, de CSS, de langages de plus ou moins haut niveau comme Python, Ruby, Java, Go, etc. Il n’y avait pas de distros Linux, pas de base de données (en info personnelle), pas de HTML, de serveur web, de frameworks, de CMS, de toolkits comme Qt, pas des milliers de technologies comme maintenant, dont même nous sommes désormais incapables de faire la liste, parce qu’il en sort tous les jours.

    Celui qui démarre aujourd’hui, bonne chance. Certes, il y a des tas de choses bien plus faciles qu’autrefois où on était quasiment à poil et qu’il fallait tout faire soi-même, mais les nouveaux dans l’info aujourd’hui sont noyés directement par la quantité de technologies existantes. Impossible d’avoir touché à tout, et être expert dans un seul domaine prend un temps en général non négligeable. Donc, que faire? Tout survoler? Se contenter d’utiliser les libs des autres? Approfondir un sujet et négliger tout le reste? Choisir son premier framework, c’est déjà pas facile, facile, je trouve.

    Avec la multiplication des spécialités, nous devenons tous peu à peu largués. Ça me rappelle un roman de SF (space opera) où les informaticiens devaient jouer avec des siècles de couches logicielles empilées desquelles il semblait difficile de se dépêtrer.

    @Olivier Pons : Quand j’étais étudiant, il y a 20 ans, les profs râlaient déjà que nous étions en grande majorité nuls, incompétents, fainéants et sans motivation. Et je ne suis pas amnésique, il n’y avait certainement pas 90 % de motivés, mais à vue de nez, environ 10-20 %. En première, je me souviens de pas mal de filles qui pensaient faire de la bureautique en ayant choisi “informatique”. Peu sont restées. Chaque année écrémait sévèrement les effectifs (division par deux, par trois, voire plus, du nombre d’élèves).

    Bref, votre discours ressemble juste à un discours de vieux. Mais bon, c’est sans doute inéluctable. Socrate se plaignait déjà des jeunes générations, notez bien : . Nous sommes les descendants de générations toutes plus nulles que les anciennes, les vieux l’ont dit! La décadence est sans fin. :)

  • Sam Post author

    Je ne crois pas que les jeunes soient nazes, je dis que les formations produisent actuellement beaucoup de nazes.

  • Olivier

    @Sam : En fait, mon dernier paragraphe s’adresse à Olivier Pons. Je suis d’accord avec toi : les formations sont à revoir. Mais c’est à mon avis tout le système éducatif qui est à revoir, pas seulement celui de l’informatique.

  • patrick poiraud

    Pas d’accord !!!!!!!!!!!!!!!!!

    Bon…. Il va falloir arrêter de dire, depuis des années, toujours la même chose, sur les média, aux news, etc. : “que soi disant il y a pénurie de développeurs ou d’informaticiens”. C’est F A U X ! Et je sais de quoi je parle puisque je suis dans le secteur.

    Il n’y a pas de pénurie. Loin de là. Il y a au contraire pléthore de profils libres pour exercer leurs talents. La seule pénurie qui existe est la pénurie de talents “pas chers” et corvéables à merci. Car la qualité ca se paye. Et les SSII refusent de payer. Elles font tout pour descendre les salaires (ça fait au moins 15 ans que c’est comme ça) et du coup pour trouver un profil pas cher, elles se tournent vers les petits jeunes naifs et sortant d’école.

    Alors qu’à côté il y a plein de super profils expérimentés mais beaucoup plus chers, et plus vieux, donc moins malléables et moins “exploitables”. Se dire aussi qu’apprendre un nouveau langage de développement quand on en connait déjà une demi douzaine, ne prend pas plus que quelques jours pour un profil expérimenté.

    Il n’y a pas de pénurie. Il y a juste une pénurie en trompe l’oeil.

    C’est dit !

  • Olivier Pons

    @Olivier Moi j’ai clairement vu une évolution mais pas dans le bon sens. Par contre, j’en tiens pour majoritairement responsables les parents plus que les jeunes. Quand je vois en maternelle, puis cours primaires, comment se comportement les parent (ici aussi, grande majorité) faut pas qu’ils se plaignent si leurs enfants ne comprennent pas ce qui leur arrive le jour où il faut faire des efforts, car pour la plupart, les parents se coupent en 8 pour que leurs enfants n’aient rien à faire. J’ai même vu des parents outrés quand j’ai dit que les enfants mettaient la table pour manger ! …Bref. et quand tu parle de plein de nouvelles technologies, tu te contredis quelque part vu que, justement, tu explique qu’on avait le C64, l’Amiga, l’Amstrad, l’Atari et à chaque fois pour ceux qui, comme moi, voulaient pousser un peu la bête : programmer le Copper en assembleur sur l’Amiga, faire de l’overscan en bidouillant les registres avec l’Atari, savoir programmer l’AGA pour faire du 256 couleurs, compiler les 8 sprites 32 couleurs de l’Amiga, écrire en BASIC sur le C64, tout réapprendre sur ma Casio FX 850P jusqu’à découvrir qu’on pouvait écrire dans des registres cachés en BASIC pour mettre en place des courses de chevaux avec pari qu’on faisait en troisième, apprendre à utiliser Neochrome sur l’Atari, apprendre Deluxe paint sur l’Amiga, apprendre la VSYNC pour faire du raster sur l’Atari afin d’avoir 32 couleurs par ligne, apprendre le C pour savoir créer des programmes sous l’AmigaOS, apprendre à faire du scripting pour utiliser POVRay, BREF : il y avait très certainement autant de technologies différentes, et à chaque fois on a dû tout réapprendre. Il n’y a absolument aucune excuse, nouvelles technos, blabla, et comme l’a dit si bien Jerome Dalbert, je cite : “il faut juste avoir une envie constante de se sortir les doigts du c** pour améliorer les choses”.

    Pour l’information, les élèves ingénieurs que j’ai eu aujourd’hui sont vraiment d’une bonne année : 10 élèves sur 15 ont écouté et pris des notes ! Il y en a même qui ont fermé leur PC afin de ne plus être déconcentrés par les messages Facebook ! Le rêve ! Mais bon c’est une classe d’électroniciens à qui je fait découvrir le monde du Web, ceci explique peut être cela….

    @Plastocman J’ai jamais dit que personne n’a réussi à l’égaler, relis bien et ne déforme pas mes propos, s’il te plaît… Et je ne parle pas de l’enseignement primaire, je parle de choses qui servent dans le monde professionnel. Si je t’ai beaucoup faire rire c’est le plus important !

    @patrick poiraud Merci merci, c’est exactement ce que je pense, et bien mieux exprimé que je ne pourrais jamais le faire !

    Et toutes mes excuses aux personnes qui m’ont trouvé virulent, mais ça me met hors de moi que je vois qu’on essaie de chercher des excuses, alors qu’en grattant à peine, il n’y a simplement aucune excuse, ou la seule que je trouverais éventuellement valable c’est : les parents ont rendu leurs enfants fainéants, ce n’est pas entièrement de leur faute !

    @Mathieu ROBIN : Salut et meilleurs voeux ! On se retrouve toujours aux endroits intéressants, je vois ! J’espère que ton projet de vin va fonctionner, et comme tu fais partie du cercles des “extrêmement bons”, j’ose penser que 2016 sera l’année de ton succès !

  • dutiona

    Salut,

    J’ai lu une bonne partie des commentaires (80%) et c’est vraiment intéressant de voir la différence de ressenti suivant les profils et les expériences.

    Article vraiment intéressant, dommage qu’il ne propose pas plus de solutions.

    Un point où je te rejoins néanmoins formellement et catégoriquement c’est sur la formation : elle est naze et soumise à un facteur random : les profs et si tu vas bien t’entendre avec ou pas.

    Je vais présenter mon bg : je suis ingénieur de formation, 2nd moitiers de la 20aine, j’ai fait tant bien que mal une école d’ingé où je me suis fait majoritairement chier.

    Mon parcours :

    J’ai commencé la prog en 2nd avec php (php4 lawl) donc la notion de “stack de framework” n’existait pas encore. Je faisais des petits programmes à la con : résolveur de grille de sudoku, résolveur d’équation par méthode généraliste (pivot de Gauss) sur ma calculette en cours etc.Je faisais aussi des sites web un peu merdique dans le tas. J’ai appris par moi-même : les regex (xp -> j’ai codé mon propre moteur de template avec un compilateur et un système de cache) et j’ai terminé mon année de terminal avec un projet perso où je me suis fortement inspiré de CodeIgniter pour coder mon framework perso avec routage sur controler, cache, templating, sécurité etc. J’ai ENORMEMENT appris de cette xp là. J’ai aussi appris le js vanilla (à l’époque prototype sortait à peine en beta, yavait pas jQuery) et la prog objet à la sortie de php5. Bon, on va dire que je connaissais la syntaxe de la prog objet… En relisant mon code maintenant… Oh mon dieu qu’est-ce que j’ai fait à l’époque ! :’)

    Arrivé en terminal, je passe mon bac, commence la prog python (python 2.4 venait de sortir yay !), et réussi à intégrer une école d’ingé en 5ans avec prépa intégrée.

    C’est là que commence les emmerdes.

    Mon retour sur mes études :

    Prépa intégrée = programme de prépa MP sauf qu’à la place de la bio on a info. Donc en somme, un programme de maths et de physique quand même poussé et peu d’info par semaine (genre 7h). Ce qui compense c’est que j’avais un bon prof. Ce mec nous a appris l’algo en pseudo code, nous a appris la récursivité en nous faisant bouffer du lisp puis a terminé l’année sur un projet fil rouge en C de traitement d’image basique pour nous sensibiliser sur la gestion mémoire (parallèle avec une intro architecture des PC) et la complexité algorithmique en nous faisant faire des fractales, des filtres de convolution etc.

    Très honnêtement s’il n’y avait pas eu ces cours j’aurai eu du mal à aller jusqu’au bout de la prépa en terme de motivation. Même si j’avais de l’avance, de loin, sur tout le monde, je ne me suis pas emmerdé car le paradigme fonctionnel, le traitement d’image, la gestion mémoire, la complexité, les algos de tri etc. c’était nouveau pour moi.

    Du coup je suis sorti de la prépa avec une motivation énorme, 3ans d’xp en prog effective (je peux pas dire 5ans car j’en était aux balbutiement au lycée) et une soif d’apprendre à toute épreuve.

    Du coup j’arrive en première année d’ingé : déception. Je me fais chier mais à un point que je n’aurai jamais pu imaginer. Les profs me “dispensent” même de venir en cours (putain je paye mon année quand même !) car, par exemple en prog web, j’en sais déjà plus qu’eux… La désillusion est d’autant plus grande que le prof de prog en prépa avait réussi à me canaliser et à m’apprendre des trucs.

    Lorsque l’on tombe sur de mauvais profs en terme de pédagogie ou de compétence technique (voir les deux par moment !) par la suite, la chute est dure.

    Bref, à part les cours de compta, d’algo avancées (sur les graphes) et de maths (analyse numérique) je n’apprend rien cette année là. Cela a représenté 20% du volume horaire.

    Année suivante, on est censé “avoir plus de prog” sauf qu’on continue sur du Java :'( . On voit rapidement c++ (mais le prof est mauvais, par la suite j’aurai à désapprendre ce que j’ai mal appris dans ce domaine là), la programmation parallèle, quelques DP (que je connais déjà depuis des lustres) pcq sur les 80% du volume horaire de l’année d’avant où je me faisais chier, je ne me suis pas arrêté moi, j’ai continué sur des projets perso et je suis devenue d’autant meilleur que je n’ai pas appris avec de mauvais profs. Souvent il vaut mieux apprendre par soit même qu’avec un mauvais prof. Du coup mes camarades de promo pensent que je suis un surdoué, alors que neni ! J’ai juste plus d’xp qu’eux, 5ans de plus à ce moment là. Et ca se sent de manière super hardcore.

    Donc 2nd année, je me fais un peu moins chier qu’en première année. Les thèmes des cours me donnent des pistes à approfondir mais la plus part des profs survolent les sujets en prétextant “vous apprendrez via les projets” aka. démerde toi. Np j’ai l’habitude, mais c’est pas le cas de mes petits camarades…

    Mon stage de 2nd année se passe très bien mais je dois redoubler car j’ai eu des soucis de santé au premier semestre. Du coup j’en profite pour me réorienter (pas question de revoir des trucs déjà vus, déjà que yavait pas grand chose que je ne savais déjà pas)… Au lieu de m’orienter vers génie info, je vais sur du maths app à l’info. Au moins ya des trucs nouveaux.

    Ma 2nd 2nd année se passe bien et j’apprend des trucs viteufs.

    Enfin, dernière année du fameux “cycle ingénieur”. L’année de spé. J’ai pris un truc orienté simulation, traitement du signal/image, réalité augmentée, etc. Du coup le programme est dense et est essentiellement un état de l’art des technos du marché à l’instant T.

    1 an pour voir Unity, OpenCV, réapprendre le c++, Processing (ergonomie), voir la notion de gameplay, voir Occulus rift, kinect, wiimote, programmation 3D, moteurs physiques, programmation Android, et j’en passe et des plus mûres. En plus de ça on a des projets de pole (transverses), le TOIEC à passer, un projet de fin d’étude et on termine en avril (stage de fin d’étude oblige) et la recherche de stage.

    C’est dense, c’est anormalement dense et déséquilibré par rapport aux autres années, tellement déséquilibré que c’est ridicule. On ne fait que survoler les technos et on a pas le temps de les approfondir, c’est assez triste.

    Mais c’est la meilleur année d’étude de ma scolarité car j’ai appris pleins de nouveaux trucs (enfin !).

    Ensuite vient mon stage de fin d’étude : je n’ai pas eu trop de difficulté à le trouver uniquement lorsque j’ai cherché sur Paris en abandonnant la province. en province, c’est la merde. Bref, suite à mon stage (qui s’est bien passé et où j’ai appris correctement le c++ avec un pro) je suis embauché en CDD (ce qui est plus safe qu’un CDI jetable SSII où t’es licencié à la fin de ta période d’essaie de 7mois). Moi au moins j’ai une prime de précarité et je sais quand mon contrat se termine lol.

    En reparlant avec mes anciens camarades de promo aujourd’hui ils me disent tous “en fait t’avais raison quand tu disais à l’époque que la diff c’était juste l’xp car je fais maintenant ce que tu faisais à l’époque facilement devant nous”. He oui je te l’avais dit. En info faut la motivation et l’xp. Le reste suit forcément.

    Tant que la motivation est là et que tu taff dans le domaine et accumule de l’xp, la monté en compétence est linéaire.

    Voilà, c’était mes études. Sur 5-6 ans d’études, 3 années de galères à rien foutre et 1 an surchargé comme une mule de 150 technos différentes. Au final, je ne regrette pas car avec du recul, ce qui est enseigné c’est de la culture générale informatique. On est formé à être cultivé, à toucher beaucoup de trucs différents, à savoir que tel ou tel truc existe mais on n’est expert en rien. On n’a pas/peu d’xp, on est naze du point de vue d’un recruteur et c’est compréhensible.

    La formation par alternance devrait être obligatoire pour les ingés infos. Une formation classique en 5ans n’a pas de sens. L’expérience est tellement importante dans ce métier qu’il est contre-productif de produire des ingés de manière conventionnelle juste avec un ou deux stages et soumis à des profs dépassés à l’égo surdimensionné qui te traitent encore comme un lycéen. Combien de fois je me suis pris une salle note juste à cause du fait que j’ai remis un prof à sa place. Je ne les compte pas. Si tu fais une formation en alternance, au moins, tu es confronté à de vrais problématiques, tu travailles avec des pros (qui ont un discourt différent des profs car eux, ils sont réalistes, et en ont rien à foutre des notes : il veulent juste que le taff soit fait, bien fait et marche) et tu acquiert de la vrai xp (pas juste via des projets à la con dès fois à l’énoncé/faisabilité douteuse).

    Faire ses études en alternance réduit fortement l’entropie liée à la démotivation/absence d’xp et produit de biens meilleurs résultats. Je ne comprend même pas que ce mode de formation ne soit pas obligatoire en école d’ingé info. J’ai toujours regretté d’avoir fait un cursus classique (je n’avais pa le choix, mon école ne proposait pas d’alternance) et je suis convaincu que l’alternance c’est l’avenir de la formation pour ce métier en particulier.

    J’ai volontairement passé sur le bullshit relatif à managment/chef de projet/pisser du code toute sa vie et tous les clichés qui vont avec les discours douteux de certains profs pour vendre leur matière. Etant un dev pur et dur, ni mon avis ni mon recul ni mon xp (néan en chef de projet) ne sont objectifs sur la question.

    A ceux qui souhaitent faire le métier : faites de l’alternance. Si vous ne pouvez pas, n’hésitez pas à faire une année de césure après 1-2 ans d’étude pour faire un CDD dans une boîte de dev/startup. Une année en entreprise vaut bien 2-3ans d’études.

  • Galuel

    Je cite : “Bref, non seulement le marché est déséquilibré, mais une partie du vivier s’assure activement de rester inaccessible à l’embauche.”

    Je traduis : “Nous pouvons pourtant créer autant de monnaie que nous voulons, mais en face ils ne veulent pas cautionner un système asymétrique où nous créons la monnaie pendant que eux produisent.”

    Avant toute chose, préalablement à toute notion de “employeur – employé”, les développeurs devraient prioritairement se poser la question de : mais dans < hrzf=”http://www.creationmonetaire.info/2016/01/video-monnaies-libres-monnaies-non-libres-quelles-differences.html”>quelle monnaie ? Dans quelle unité de mesure accepterai-je de développer une activité économique en tant qu’employeur ou employé ? Le jeu sera-t-il symétrique ou asymétrique ? P2P ou centralisé ? Diaspora/Movim ou bien Facebook/twitter ?

    https://diaspora-fr.org/posts/1745022

    Projet uCoin : http://www.ucoin.io développons d’abord notre propre monnaie, envisageons de mesurer nos échanges économiques qu’une fois que la monnaie sera utilisable.

  • Michael

    Un grand merci de quelqu’un qui est côté métier.

    Quand je tombe sur des prestataires qui ont du “bon sens”, j’ai l’impression de rêver.

    Pour reprendre la métaphore de l’omelette, la plupart du temps, on doit expliquer que ça nécessite un œuf, une poêle, du beurre, que ça sera blanc et jaune, que c’est normal si c’est un peu marron sur les côtés…

  • Paulo

    Mais comment on trouve un bon mentor.

    bon on pourrait le devenir, mais c’est pas la volonté qui manque. C’est le bon apprentissage

  • batisteo

    Je parle anglais, j’ai étudié 5 ans la mécanique et je tape en Bépo. J’ai bon ?

  • Lepythoniste

    Quelqu’un se souvient du nom de cet effet qui veut que les quelques chanceux ayant réussi croient dur comme fer que c’est exclusivement du à leurs qualités propres ?

    Et puisque eux ont réussi, n’importe qui peut bien en faire autant, ce n’est qu’affaire de volonté bien évidemment.

    À mon avis, la demande n’est pas si forte que ca et on commence à se rendre compte que certaines licornes ne valent pas les prix délirants du marché (cf twitter par ex).

    Hormis chez les pure-players, l’informatique n’a qu’un role accessoire dans beaucoup de secteurs et les recruteurs se permettent des critères de sélection quasi arbitraires. Il n’y a qu’a regarder les interviews de cadrempoli pour se rendre compte de l’amplitude qu’a prise la décadence des élites.

    https://www.youtube.com/user/cadremploi

    On a le choix entre 2 types de rôle en premiere embauche : le taff hyper qualifié à faire jour, nuit et weekends pour une startup fébrile qui va pas résister au prochain appel de fond et l’ouvrier informatique dans une grosse boite avec des tâches sans queue ni tête…

  • Teycir

    Le métier de développeur est ingrat, demande un grand nombre d’heures de travail, stressant, peu d’évolution de carrière et surtout mal payé. En fait si on calcule le taux horaire, on n’est pas loin du salaire du technicien supérieur. La plus grande erreur de ma vie a été de choisir ce “métier”.

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