Les causes perdues de la linguistique 26


La langue c’est un truc très marrant. On l’utilise pour se faire comprendre, et on se démerde toujours pour la rendre la moins efficace possible.

On la déforme, on utilise l’argo, le verlan, puis selon l’époque des mots qui changent de sens. C’est “mortel” veut dire létal. Sauf dans les années 70 où ça veut dire “ennuyeux”. Sauf dans les années 90 où ça veut dire “génial”. Sauf dans les années 2000 où ça veut dire “figurant dans Twilight” Et puis on s’exprime mal, et on interprète. Le bordel !

Je ne sais pas si vous connaissez la citation (que j’ai lu pour la première fois dans un bouquin de Werber):

Entre ce que je pense,

Ce que je veux dire,

Ce que je crois dire,

Ce que je dis réellement,

Ce que tu veux entendre,

Ce que tu entends,

Ce que tu crois comprendre,

Ce que tu veux comprendre,

Et ce que tu comprends réellement,

Cela fait 9 bonnes raisons de ne pas se comprendre. Mais essayons quand même.

Mais l’être humain est un animal de contradiction. Quand il essaye, il s’enfonce.

La langue des signes

On pourrait croire que la langue des signes est quelque chose d’international. Pas du tout: elle est issue d’un phénomène d’émergence sociale, avec ses composantes d’influences externes et d’isolation. Du coup, en plus d’avoir une fracture linguistique, on a une fracture gestuelle dans notre communication.

Ca ne devrait pas être une surprise, car contrairement à ce que la série “lie to me” aime faire croire, la gestuelle n’est pas du tout universelle. C’est une acquis culturel et contextuel qui s’est affiné par des générations d’éducation. Le simple signalement oui/non par la tête peut différer d’un pays à l’autre:

  • En Polynésie, le ‘oui’ est matérialisé par un levé de sourcils et le ‘non’ par un hochement diagonal.
  • En Albanie ou en Bulgarie le hochement tête de haut en bas signifie ‘Non’ et de gauche à droite signifie ‘Oui’.
  • En Grèce, c’est un levé de menton qui signifie ‘non’

Les langage artificiels

L’esperanto est un peu le bitcoin de la linguistique. Un mec s’est réveillé un matin avec une très belle idée: créer une langage facile à apprendre pour le monde entier, avec une grammaire régulière et aucune exception. La bonne nouvelle, c’est qu’il a assez bien réussi son coup car c’est la seule langue artificielle qui soit devenue une langue vivante.

Couverture du précis de langue international d'Esperanto

Le vrai nom de l'Esperanto est "langue internationale". Mais bon, le vrai nom de scotch est "ruban adhésif"...

La mauvaise, c’est qu’elle ne tient absolument pas compte du fait qu’un tiers de la population mondiale vit en Asie, où les règles de langue n’ont absolument rien à voir avec les nôtres. Donc quitte à apprendre une langue très difficile pour eux, les quelques 1 milliards de chinois, autant d’indiens et à moitié autant de japs vont préférer l’anglais, déjà utilisé pour le business et par une autre partie significative de la population. En plus, l’esperanto est un cas typique d’introduction d’un énième standard, qui ajoute au problème plus qu’il n’en résout.

Personnellement j’adore l’idée. L’esperanto est d’ailleurs sur ma liste des langues à apprendre. Mais derrière l’espagnol, le chinois, la langue des signes française et l’arabe. Dans cet ordre. Donc je doute sérieusement la parler un jour.

C’est que je deviens prudent avec les langues. Déjà parce que je parle anglais et 20 langages de programmation. Ma tête est bien chargée. Ensuite parce que durant mes sessions en humanitaire j’avais voulu apprendre le bambara, dialecte local. Après quelque cours, j’ai appris qu’à 200 bornes au nord de la ville, on parlait dogon, mais pas bambara. A l’est on parlait peul. A l’ouest wolof. Ca m’a foutu un coup.

Bref, on a déjà plus de 5000 langues et dialectes, pourquoi en inventer une en plus ?

Comme d’habitude, l’art a la réponse. Tolkien a inventé l’elfique pour les besoins de LOTR. Ouais, la langue complète, ouais. Ah, il a pas fait sa chochotte, il s’est dit “j’ai déjà écrit un pavé de 1200 pages, je peux bien me lancer dans un dico”. Et puis il a fait le Simarilion derrière, preuve que l’opération lui avait grillé quelques neurones.

Mais il n’est pas le seul, puisque les mecs de Star Trek ont eux aussi pensé que créer une saga de pas moins de 6 séries télévisées, c’était pas vraiment un challenge, alors on allait faire parler à certains personnages le Klingon. Et dans la foulée codifier toute la grammaire, c’est tellement fun. Ce qui fait peur avec le Klingon, ce n’est pas que certains le parlent dans la vie réelle, c’est que certains l’enseignent.

Concours de baeuté klingon

Contrairement à la langue, il est bien connu que les standards de beauté intergalactiques sont universels

Cela dit, dans la liste des curiosités, la palme revient au langage solresol, qui est un langage qui se chante. Il n’y a pas de mots. Seulement des notes. Une symphonie devient un discours, et on peut meumeuter ses mots de passe. C’est trop chouxe non ?

Et dans l’informatique ?

Notre domaine de prédilection a quelque chose de merveilleux: il possède une concentration de nerds et donc un potentiel de partir en couille fabulissime.

Par exemple, savez-vous d’où vient notre disposition de clavier ? AZERTY pour les francophones, QWERTY pour les anglophones, et des centaines de config différentes à travers le monde pour être sûr que personne n’envoie un message de 140 caractères sans au moins une faute de frappe ?

Et bien à l’époque des machines à écrire, le clavier a été disposé de la manière la plus anti-ergonomique qui soit: deux touches étaient mises proches l’une de l’autre si elles étaient rarement utilisées côte à côte dans un même mot. Ainsi pour nous A est à côté de Z. La raison à cela, c’est que les dactylos tapent très vite, et deux tampons de machine à écrire proches tapés vite s’entremêlent. Donc en éloignant les touches les unes des autres, on évite de bourrer la machine.

Quand les ordinateurs sont arrivés, les premiers opérateurs à se servir du clavier étaient les dactylos. Formés au clavier précédent, on leur a fournit le même clavier, pour ne pas les frustrer, et pour économiser du temps et des sous. Et tant pis si les ordis n’ont plus de tampons.

Donc on a un clavier de merde, qui rend la frappe lente, imprécise, et mauvaise pour les membres.

Que fait l’humanité quand elle a un problème avec un standard ? Elle en invente un autre dans son coin !

Arrive alors le Auguste Dvorak qui fait des études mathématiques et ergonomiques qui nous pond son clavier aujourd’hui éponyme. La disposition française s’appelle le BEPO:

Photo du clavier typematrix 2030

Le typematrix 2030 est généralement la référence pour les claviers ergonomiques

 

Je connais seulement deux personnes qui l’utilisent, mais ils me jurent que ça leur change la vie. D’ailleurs ils en possèdent plusieurs.

Comptez quand même un bon mois de galère pour être productif avec. Cela dit, leur vitesse de frappe est le double de la mienne si ils utilisent ce clavier.

Enfin, je ferais une petite conclusion sur un projet absolument inutile, donc parfaitement indispensable, à savoir le jeu de caractère dotsies. Le but est de rendre le plus compact possible l’alphabet ASCII en utilisant 5 pixels alignés sur une colonne verticale pour représenter les lettres. Leur page d’apprentissage est fabuleuse.

Voici ce que donne notre title en dotsies:

Sam et Max – Python, Django, Git et du cul !

Vous avez juste à copier / coller le texte ailleurs pour le voir dans une autre police.


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26 thoughts on “Les causes perdues de la linguistique

  • kinezana

    Le problème avec l’esperanto, c’est justement que ça a été créé artificiellement. Toutes les autres langues du mondes se sont développées petit à petit, de façon populaire et libérale. Il faut un passé à une langue pour qu’elle puisse se développer et prendre le pas sur les autres. On peut faire simple en disant qu’il n’y a aucun patrimoine littéraire en esperanto.
    Le seul moyen pour que cette langue devienne universel serait d’imposer son enseignement comme l’ont fait les romains pour le latins par exemple. Mais c’est de l’ethnocentrisme pur et dur.
    Car il faut réfléchir aux méfaits qu’apporterait une langue unique, ou plutôt aux bienfaits d’une multitude d’entre elle. Un monde ou tout le monde a sa propre culture, bien distincte est bien “mieux” que le contraire. Dans mon dernier cours de syntaxe on a eu droit à quelques mots sur les langues ergative pratiquement disparue, qui témoignait d’une façon de voir le monde totalement différente (pour faire court, le sujet n’est pas acteur mais cible) par ses locuteurs
    (Vers 14h ya un article plus ou moins dans ce sens sur mon site à moi)

  • desfrenes

    “Cela dit, leur vitesse de frappe est le double de la mienne si ils utilisent ce clavier.”

    Bah suffit d’utiliser un langage qui demande 2fois moins de caractères que celui qu’ils utilisent :-P

  • Sam Post author

    Ouai mais elle ne passe que sur la million dollar web page. Et ça coûte cher en pixel.

  • Kontre

    Y’a pas la ponctuation en ascii ? Le tiret, les virgules et le point d’exclamation sont en police normale.
    J’ai fait un peu de langue des signes française, j’avais vraiment bien aimé. C’est complètement lié au français et à la culture française (pour dire papa on mime plus ou moins une moustache, par exemple, alors qu’il y a peu de moustachus en Asie). Et que bien sûr les signes varient suivant les régions françaises…

  • Sam Post author

    Si mais le but est de tout faire tenir sur une ligne de 5 points, donc ils ont fait sauté la ponctuation ^^

  • Recher

    Si tu as envie de faire monter tes stats du nombre de gens que tu connais et qui tapent sur un clavier Dvorak-bépo, je t’autorise à considérer qu’on se connaît suffisamment pour ça.

    En effet, ce présent commentaire est actuellement écrit sur un clavier configuré avec cette disposition tellement cool. Je me la suis mise chez moi, et maintenant que je suis bien habitué, je l’ai aussi au boulot.

    Je n’ai pas de typematrix, j’ai un clavier azerty classique. J’ai simplement téléchargé et installé la config bépo. Ça marche très bien, et c’est libre + gratuit, of course.

    J’irais pas jusqu’à dire que ça change la vie. Mais ça vaut le coup, ne serait-ce que pour torturer un peu moins la langue française. En effet, les majuscules accentuées sont très facilement accessibles (shift + une touche unique).

    Regardez !
    É À Ê Ï È Ç Ù Ô

    Et il y a aussi ces trucs là, accessible avec AltGr + une touche unique : æ Æ œ Œ

    Et d’autres caractères bizarres, d’une utilité discutable, mais tellement rigolo : µ ¡ ̉¿ ə ij IJ ɇ Ɇ ø ñ ² ¬ ¼ ½ ¾ …

    Je ferais peut-être un article là dessus, à l’occasion.

  • Mut

    kinezana :

    On peut faire simple en disant qu’il n’y a aucun patrimoine littéraire en esperanto.

    Sauf que c’est absolument faux : il y a une littérature en espéranto.

    Car il faut réfléchir aux méfaits qu’apporterait une langue unique, ou plutôt aux bienfaits d’une multitude d’entre elle. Un monde ou tout le monde a sa propre culture, bien distincte est bien “mieux” que le contraire.

    Qui parle de langue unique ? Je parle espéranto, je connais beaucoup d’espérantistes et je n’en ai jamais vu un seul qui voulait que l’espéranto fasse disparaître une langue ou une culture. Au contraire, même : la plupart des espérantistes sont très attachés à la diversité linguistique et culturelle, et la seule personne que je connaisse qui parle une langue régionale française parle aussi espéranto.

  • Sam Post author

    @Mut +1 pour la langue unique.

    Par contre pour le patrimoine littéraire, faux pas déconner, c’est comme dire que Go possède un gros écosystème de libs…

    Double Troll !

  • Bronco

    Notre domaine de prédilection a quelque chose de merveilleux: il possède une concentration de nerds et donc un potentiel de partir en couille fabulissime.

    Hinhinhin, j’adore ton style… ;) Et c’est tellement vrai ^^

  • Batisteo

    Ooh, comme j’aime cet article !
    Étant un fan de Werber, de Python, de bépo et d’espéranto, je suis comblé !

    Je vais pas m’acharner sur le premier commentaire, Mut l’a assez bien fait à ma place. Niveau littérature, y’a de quoi ne pas s’ennuyer. Par contre, plus de la moitié des publications sont des traduction (ce qui n’est pas si mal, si y’a du wolof traduit en Eo et pas en Fr…). Mais effectivement, ça ne tient pas forcément la comparaison avec les autres langues du top 1%. Sinon, apprendre l’Eo avant d’autres langues n’est pas une mauvaise idée : déjà en un petit mois t’as bouclé la grammaire, et ça permet d’apprendre plus facilement d’autres langues (le hongrois pour ma part). Ce type l’explique assez bien : 2 weeks of esperanto.

    Et le bépo, ça vaut vraiment le coup pour moi qui tape en Fr, Eo, Hu et même en Py ! Sinon c’est vrai que c’est confortable. Et y’a le point en accès direct ! ;·Þ

  • JeromeJ

    J’adore comment on écrit cul en dotsie :)

    hs: Mr Trombone (ou peu importe son nom que j’ai oublié) m’a fait mourir de rire :D

  • kyasuka

    La mauvaise, c’est qu’elle ne tient absolument pas compte du fait qu’un tiers de la population mondiale vit en Asie, où les règles de langue n’ont absolument rien à voir avec les notre.

    Et bien justement! En se renseignant un peu, la grammaire de l’esperanto est très très proche de celle du chinois, principalement parce que les 2 sont des langues isolantes et sans aucune exception.
    > http://www.youtube.com/watch?v=amP-Vt-u0Q4 (à 5m15s)
    > Caractéristiques linguistiques de l’espéranto
    L’espéranto est une des langues les plus simples d’accès pour un chinois : apprentissage, compréhension orale, prononciation, …
    Il n’y aurait que le vocabulaire qui leur serait difficile, mais c’est pareil pour n’importe quelle autre langue, il faut l’apprendre.

    Donc quitte à apprendre une langue très difficile pour eux, les quelques 1 milliards de chinois, autant d’indiens et à moitié autant de japs vont préférer l’anglais, déjà utilisé pour le business et par une autre partie significative de la population.

    Sauf que l’anglais est incompréhensible et imprononçable pour un japonais ou un coréen moyen. La plupart des sons de l’anglais n’existent pas dans ces langues, et un mot ne se termine jamais par une consonne et encore moins par un groupe de consonnes. L’anglais est très dur à entendre et encore pire à prononcer pour eux. (cf. début de la vidéo en lien au-dessus)

    En plus, l’esperanto est un cas typique d’introduction d’un énième standard, qui ajoute au problème plus qu’il n’en résout.

    Il faut savoir que l’esperanto est prévu pour être une “langue pont”, non native d’aucune nation ou ethnie. C’est à dire qu’on garde toutes les langues et dialectes existants, l’espéranto servirait uniquement lorsque 2 personnes ont 2 langues d’origine différentes. Cela aurait pour but de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité. Aucun pays ou groupe d’habitants d’un pays ne pourrait se targuer d’avoir la monopole sur le vocabulaire, la prononciation, grammaire ou tout autre principe qui lui permettrait d’avoir un ascendant sur les autres locuteurs.
    Si on élimine de ce fait les langues officielles, il reste donc très peu de langues pouvant prétendre à être un standard et l’espéranto est loin devant les autres de par son extrême facilité (qui a parlé du volapük ? ^^). Parler d’un énième standard alors qu’aucun n’existe, bof bof.

  • Sam Post author

    @kyasuka: la grammaire n’est pas la partie difficile en chinois. L’alphabet, la prononciation et l’idiomatisme sont les vraies barrières, très loin de nos langues et de l’espéranto.

    Quand aux standards: les standards de facto comme l’anglais, l’espagnol et le chinois le sont indépendamment de l’avis de qui que ce soit par simple constat du nombre et d’usage. « Bof bof » n’y change rien.

  • kyasuka

    Exact, les standards de fait… On voit bien où ça nous mène quand on laisse des choses aussi cruciales aller à vau-l’eau, les anglophones natifs qui se plaignent du globish et de l’appauvrissement de leur langue, les autres qui font ce qu’ils peuvent pour baragouiner 4 mots dans une langue particulièrement difficile, quand ils ne sont pas tout bêtement réduits à l’aphasie.
    Il suffit de jeter un oeil sur les instances européennes pour s’en convaincre. Des traducteurs dans tous les sens (parce qu’il ne faut pas se leurrer, très peu de personnes comprennent et parlent réellement anglais), des textes devant être traduits dans toutes les langues de l’UE sans réelle base. Certaines traductions sont des traductions de traductions… -_-“, bref un capharnaüm sans nom, avec tous les contresens que ça peut engendrer.
    A partir de là, c’est à se demander s’il n’est pas nécessaire et urgent de se pencher sérieusement sur la question de ces standards de fait et d’établir un langage commun entre nos pays qui soit facile à assimiler et neutre, donc indépendant de toute nation.
    Ces standards de fait ne résultent que de la paresse intellectuelle de nos oligarques.

    Pardonne-moi d’intervenir ici aussi crûment, mais c’est pénible de toujours lire les mêmes poncifs tous aussi faux, encore et encore.

    Au passage, un peu de lecture pour les esperantophones :)
    http://cindymckee.com/?page_id=11

    @July: je ne connaissais pas le lojban, mais ça m’a l’air d’être une sacrée torture intellectuelle. ^^

  • Sam Post author

    C’est la différence entre les puristes et les pragmatiques.

    Les puristes veulent un langage neutres. Les pragmatiques vont prendre le langage le plus utilisé et dire “tout le monde l’apprend”.

    Les chinois et les indiens apprennent l’anglais, ils sont pragmatiques.

    Les puristes sont des gardes fous nécessaires, ils participent à l’équilibre. Mais ce sont les pragmatiques qui font quelque choses, car les puristes n’arrivent jamais à se mettre tous d’accord.

  • kyasuka

    Sauf que ce que tu appelles faussement pragmatisme n’en est pas, et n’est rien d’autre que la paresse intellectuelle des décideurs politique. Et on voit clairement que ce “pragmatisme” nous mène dans une impasse, on a beau étudier l’anglais pendant des années et des années et ce depuis des décennies, ça passe toujours aussi mal pour une très large partie de la population mondiale.
    Bref je vais m’arrêter là, on est définitivement pas d’accord, et je ne voudrais pas pourrir ton blog plus que je ne l’ai déjà fait.

  • Sam Post author

    kyasuka: tu ne pourris pas le blog en étant pas d’accord :-)

    Je dirais même que pour un puriste tu es plutôt respectueux ce qui est rare. Les opinions fortes, exprimées avec respect, sont toujours les bienvenues sur le blog.

  • thooams

    Je suis en bépo au travail, et j’en suis fan. Le seul soucis est que les raccourcis qui sont assez relous sur linux car moins accessibles d’une seule main. Sur mon mac par contre aucun soucis car il garde les raccourcis standard en mode bépo. Et sur vim j’ai adapté mes raccourcis au model qwerty et bépo en écriture mais ce n’est pas encore idéale.

  • Gezar

    Comme tu considères le langage de programmation comme une langue à part entière, il y a là aussi quelques acharnés qui se sont amusés à inventer des trucs les plus wtf les uns que les autres :

    Par exemple le langage “WhiteSpace” qui n’utilise que 3 caractères : “Enter”, “Espace” et “Tab”…
    http://en.wikipedia.org/wiki/Whitespace_%28programming_language%29

    D’autres sont à découvrir ici :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Esoteric_programming_language

  • Plink

    En langage artificiel, il y a aussi le toki pona qui est très drole :) En gros c’est une langue qui ne possède qu’une centaine de mot, et on les assembles pour faire d’autres mots. Par exemple l’alcool c’est l’eau qui rend fou, un ennemi c’est une personne méchante.
    Et bien sur la novlangue !

  • Etienne

    Sauf que ce que tu appelles faussement pragmatisme n’en est pas, et n’est rien d’autre que la paresse intellectuelle des décideurs politique.

    @kyasuka
    Je trouve assez facile d’accuser la “paresse intellectuelle des décideurs politiques”. C’est comme si il n’était pas pensable qu’il y ait des raisons valables qui expliquent qu’on soit aujourd’hui avec un standard de fait, produit de l’histoire, partial et imparfait, plutôt qu’avec un standard rationnel qui serait pour ainsi dire anhistorique, impartial et parfait.

    Moi j’aime bien ce joyeux bordel. Je suis résolument pour la diversité et le pragmatisme. Pas de grands standards rationnels ou de lois qui s’appliquent à tous partout, mais plutôt des arrangements locaux qui s’articulent les uns aux autres.

    Évidemment j’aime la pureté, les choses claires, aux contours bien définis, sans ambiguités. Comme beaucoup je pense, c’est pratique et c’est rassurant. Mais les coûts que ça engendre pour être maintenus en place sont exorbitants: il faut fermer, empêcher, surveiller, réguler, etc.. Il faut sans cesse maintenir les choses en place pour qu’elles ne se transforment pas sous la pressions de multiples petites circonstances. Il faut donc des pouvoirs forts, des autorités de régulation, des flics, des tribunaux. Et, évidemment, tout ce travail d’universalisation est toujours fait au nom du Bien (avec un “B”) de Tous (avec un “T”)… Et ce Bien est évidemment universel et intemporel… Et il se trouve par le plus grand des hasards que la définition “universelle” de ce “Bien” correspond pour l’essentiel à nos conceptions à nous, français, belges, américains du 21ème siècle…

    Je partage l’idée exprimée par Sam selon laquelle ces choses (langues, agencement des claviers,…) sont le produit d’une histoire. Nous héritons, nous faisons avec, nous transformons, nous jouons. Ce n’est pas être défaillant que d’être le produit d’une histoire et d’arrangements parfois foireux. L’idée même d’universalité est la produit d’une histoire.

    Qu’on ne s’y trompe pas, je ne suis pas contre les standards, au contraire. Je pense simplement qu’il ne faut pas oublier qu’ils sont eux aussi le produit de jeux de pouvoir et qu’ils sont en eux-même une forme d’exercice du pouvoir.

    C’était la rédaction du vendredi.