Les annonces hypes 17


Nous sommes une start up innovante

on a pas de business model

à fort potentiel

c’est ma première boîte et ma mère me dit que j’ai toutes mes chances

travaillant à la pointe de la pointe de la technologie

mon dernier dev a créé un projet NodeJS sans documentation ni commentaire et s’est barré

en utilisant des méthodes agiles.

on a pas de cahier des charges ni de formation à l’embauche

Nous somme à la recherche d’un dev ninja passionné et autonome

on veut un mec qui travaille 80 heures / semaine pas cher à payer

capable de mener le projet de bout en bout.

je ne sais pas parler au client, coder ou même conduire un projet. Je ne sais rien faire. Je ne sert à rien. J’ai juste eu une idée un soir d’apéro. A l’aide.

Vous serez en mesure de travailler avec Linux, HTML5, Postgres, Flask, NodeJS, Coffeescript, MongoDB, Mémécash, AmazonS3, Notepad++, duckduckgo et VLC.

Je n’ai aucune idée de quoi je parle, alors j’ai mis tout ce que je comprends pas sur la même ligne.

Télétravail possible.

Je ne veux pas parler de la rémunération alors je finis là dessus. Ça sera surement une part des bénéfices potentiels assurés mirobolants. Pas une trop grosse part, c’est quand même moi qui a eu l’idée.

Merde c’est quoi le mail de ma boîte déjà ? Tant pis je met l’adresse hotmail.

Ils prennent whatsapp ? Nan vaut mieux pas, faudrait pas que je passe pour un con.

Je vais rajouter mon num… MERDEEEEEEE. J’ai envoyé le formulaire par erreur.

Ah, c’est pas le bon site en fait.

17 thoughts on “Les annonces hypes

  • xav

    Merci pour le rire du samedi matin offert par l’équipe S&M :)
    J’ajoute que pour “passionné”, il fallait comprendre: “un dev n’ayant aucun avis sur le business est un plus…”
    Pour équilibrer, on trouve aussi ça coté dév:
    – Le dev qui te dit que ta boite est super intéressante et daigne rejoindre l’équipe pour 50% des parts (ça fait un an que la boite tourne, vous êtes déjà plusieurs associés, etc…)
    – Le dev qui te dit qu’il comprend bien ce que c’est qu’une startup et qu’il sera à fond, en plus des 8 autres startups dans lesquelles il est associé (y compris un projet pour l’anniv de Mamie)

    Du coup, moi j’ai mis les mains dedans (grace à vous entre autres), je ne peux pas assurer seul, mais je dis moins de conneries :)

  • bilbo

    C’est exactement cela.

    Si vous voulez voir des perles, rendez-vous sur le site remixjob, vous ne serez pas déçu par les offres bidons et hilarantes !

    Le secteur informatique part en couille depuis le début des années 2000 : beaucoup d’usurpateurs sortis de pseudo grandes écoles privées, des technologies de merde qui sortent à un rythme effrené toutes aussi pourries les unes que les autres, les médias qui nous sortent tous les 2 mois le coup de la pénurie d’informaticiens pour tirer l’ensemble des salaires vers le bas, les SSII oligarchiques portées par les politiques à coups de magouilles financières depuis les années 80, défiscalisation à outrance et j’en passe.

    Les informaticiens sont les nouveaux ouvriers spécialisés : aucune reconnaissance, conditions de travail à la limite de l’esclavage, salaires à la baisse.

  • Gring

    Mais attention hein, on n’en embauche qu’un seul que l’on va flanquer de 15 stagiaires magiques (ressource légendaire dont on parle en école de commerce, abondante et gratuite, qui produit toute ta richesse sans même que tu aies besoin de les encadrer).

  • Réchèr

    @bilbo
    Je pige pas trop comment la pénurie d’informaticiens (réelles ou pas) peut faire baisser les salaires.
    J’aurais dit le contraire : quand il y a pénurie d’un truc, le truc coûte plus cher.

    Et sinon, je serais curieux de savoir ce qui se raconte réellement en école de commerce. Est-ce que c’est aussi clichesque que ça ?

  • bob

    @Réchèr Je ne sais pas quel est le discours ou le contenu des cours en école de commerce, mais par contre on peut très bien voir le résultat en entreprise :

    Un chef de projet qui ne sais pas coder, un commercial qui vend des fonctionnalités qui n’existent pas, des managers qui ne managent rien à cause de leur mépris envers la technique : le «MOI l’informatique j’y comprends rien » devenu un symbole de distinction, le top du top, «l’ignorance c’est la force» comme dans 1984.
    L’école de commerce c’est l’usine qui fabrique de l’absurde, du parasite, du vide narcissique cravaté qui relègue le savoir-faire au N+20.

  • Gring

    Et puis bon, les écoles d’ingénieur, en France, c’est de plus en plus des écoles de commerce. Pour trouver quelqu’un qui sait faire quelque chose de ses mains, il faut souvent aller le chercher en IUT…

  • dineptus

    En même temps en quoi un commercial devrait être un codeur ? Son métier c’est de vendre, pas de coder. De même pour un manager, il doit savoir gérer un budget, les troupes, les lois en vigueur (du travail, des contrats …), le cash-flow et faire de la coordination, bien souvent il n’aura pas une minute à donner pour coder.

    Evidemment il faut une connaissance métier, mais elle ne vient pas forcément des études initiales. ça vient de l’expérience dans l’entreprise et de la formation initiale. Bon si la boite décide de recruter un junior et de lui confier dès le début les dossiers de A à Z sans formation, faut pas s’étonner que ça merde …

    Après, que les étudiants d’école de commerce soient parfois déconnectés du métier concret de leur entreprise, c’est un fait, tout comme je dirais que beaucoup d’ingénieurs sont obsédés par la technique et en oublient qu’une entreprise vit avec des produits/services qui répondent à des besoins clients et qu’il faut bien leur montrer et lui donner un prix en accord …

    Du coup on a d’un côté des boites d’ingénieurs qui sont super fortes en technique et font plein de trucs qui au final ne servent à rien ou ne trouvent jamais de marché (grande spécialité française d’ailleurs), et d’un autre des boites de commerciaux avec un joli emballage mais avec beaucoup de vide dedans. A l’inverse dans certains pays (genre USA) ils savent bien coopérer et ça donne Apple : une technique léchée sans être extraordinaire, avec un très joli emballage autour, qui fait plein de sousous dans la popoche.

  • Walt

    dineptus, sans être totalement en désaccord avec ton post, je pense qu’au contraire une entreprise aurait énormément à gagner de la polyvalence des employés.

    Fait travailler ensemble un commercial qui ne sait pas ce qu’est une ligne de code, et un développeur autiste dans sa bulle qui n’a aucune vision business, et tu seras forcé d’embaucher à temps plein un 3e homme pour réussir à faire le lien entre eux, puisqu’ils ne se comprendront pas.

    Aujourd’hui j’ai une connaissance “startuper HEC”, je la vois chercher un dév, et elle galère d’une force pas possible, entre autres parce qu’elle n’est même pas capable de faire une annonce de recherche d’embauche cohérente. Elle ne sait même pas de quelle compétence elle a besoin, juste d’un développeur. Elle va ensuite aligner quelques mots clés comme “Framework” ou “API” mais l’annonce ne voudra rien dire.

    Si seulement les deux (ou plus) mondes se connaissaient mieux et se comprenaient mieux, ça faciliterait énormément les choses je pense.

    Je vous invite à lire la partie “Do it yourself” de l’excellent livre : REWORK à ce sujet.

    Mylife : en tant que startuper avec un background ingé, perso je me chie dessus sur la partie business parce que je sais qu’il me manque des notions importantes, mais je ne sais pas lesquelles… Alors qu’est ce que je fais ? Ba j’apprends, je lis des blogs, je parle aux autres, j’essaie de sortir de mon monde de geek de temps en temps.

    Et surtout ne pas partir dans les travers “de toute manière le commercial sékeduboulchit”, ou encore “je vais embaucher un stagiaire HEC random qui va me ramener 50 clients par mois”.

    Pour rebondir sur ce qui a été dit plus haut, honnêtement, j’ai du mal à comprendre d’où vient le mépris de certains “chefs de projets” et autres “Business startupers” pour les développeurs…peut être le fait de se placer en donneur d’ordre donne une impression de supériorité.

    Pour avoir été chef de projet, les qualités requises relèvent (en tout cas relevaient dans mon cas) plus du bon sens (sens de la communication, de l’organisation, de la gestion) que de la compétence “apprise”.

    Après on lit dans certains commentaires une haine des dév envers les chefs de proj, ça vient sûrement d’une mauvaise expérience mais il ne faut pas généraliser non plus, même si on a tous en tête le chef de projet caricatural qui ne sait rien faire de ses 10 doigts et dont la tâche quotidienne va être de redistribuer les tâches à ses sous-fifres, avec le sourire svp.

  • dineptus

    Ah mais je suis tout à fait d’accord pour la cross-compétence. je suis en école de commerce et j’ai réussi à coder un site tout seul comme un grand avec Django, et je me débrouille pas trop mal avec AngularJS, même si je n’ai évidemment pas le niveau d’un dev pro (enfin disons que j’arrive à des résultats très satisfaisants, mais pas forcément très rapidement …). Je dis juste qu’un commercial ou chef de projet de développement n’a pas besoin de base d’avoir fait des études d’ingénieur. Qu’il connaisse malgré tout précisement comment marchent ses équipes et les produits qu’il vend, c’est une évidence !

    Je pense que ce manque de complémentarité ingénieur / commercial est lié en partie au système de grandes écoles (ingé/commerce) qui fait qu’il y a moins de contact entre les 2 mondes que dans les autres pays ou tout ce beau monde se retrouve ensemble à l’université ensemble.

    ça change doucement avec les doubles diplômes ingé/commerce par exemple, mais c’est lent.

  • bilbo

    @Réchèr

    Si tu fais croire qu’il y a pénurie, tout est favorisé pour que les jeunes aillent vers des études informatiques. Ce qui rajoute des informaticiens à la masse existante. Tu exerces dont une pression sur le marché et donc les salaires tendent à baisser.

  • lol

    @bilbo, ce qui ne tiens pas dans ton raisonnement c’est que si l’on nous “fait croire” qu’il y a pénurie, pourquoi il y a énormément d’annonces de travail dans le domaine de l’informatique ?

    Sinon pour couper court au troll, le problème n’est pas “technique vs bullshit” ou “ingé vs commercial”, le véritable souci est “commercial supérieur hiérarchique de ingé”.

    Quand les 2 sont au même niveau, je vous garanti que c’est un cocktail détonnant, businessment parlant.

  • Teocali

    Rien a voir avec les dernier comments, mais je suis en total desaccord avec l’alt de l’image de ce post : Un con qui marche ira forcement plus loin qu’un intellectuel assis.

    ..
    .
    Par contre, l’intellectuel, quand il se levera, il partira dans la bonne direction

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